‹ Lettres obstétricalesChapitre 7 sur 29 · QUATRIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LETTRE

Sommaire : Mon poste d’assistant dans la Maison d’accouchement à Berlin. — Description de la Clinique d’accouchement. — Examens pour le doctorat, 1826.— Examen d’Etat, 1827. — Ma nomination en qualité de premier assistant à la Maison d’accouchement. — Nomination et installation comme professeur privé. — Ouverture de mes leçons en été 1827.

Gœttingue, le 1®' août 1861.

Mon père, comme je vous l’ai dit, avait fondé luimême en 1817 un hôpital d’accouchement; car, jusqu’à lui, l’L'nlversité de Berlin ne possédait pas d’établissement de ce genre à elle appartenant. Pour les études spéciales de cette nature, il fallait recourir à la division d’accouchement établie à la Charité. J’entrai, à mon retour de Goettingue,chez mon père comme deuxième assistant; relativement comme troisième, mais les deux derniers avaient les mêmes attributions, les mêmes devoirs et les mê i es appointements que le premier. Le bâtiment était situé rue d’Oranienbourg, 29.

(1 ) Les lecteurs consulteront avec fruit le remarquable rappo.!-t de M. Jaccoud sur l’organisation des Facultés de médecine en .Allemagne.

lettre IV.

Mon père avait divisé son service en trois parties. La première formait la clinique ordinaire ; elle était réservée aux femmes enceintes recueillies par l’établissement. Les élèves y trouvaient l’occasion d’étudier la marche normale de l’accouchement et de ses suites. On avait établi ensuite une polyclinique, où les étudiants apprenaient à connaître les difficultés particulières de la clientèle des accoucheurs privés et avaient de nombreuses occasions de voir des couches anormales, et même d’y participer. Cette clinique était le vrai centre d’action des assistants. Les sages-femmes les appelaient en ville, ils s’y rendaient avec l’un ou l’autre des cliniciens. On jugeait des cas difficiles, et au besoin, ou en cas d’urgence, on recourait au directeur. Enfin, on avait attaché à l’établissement une clinique de maladies des femmes. De cette manière, toutes les parties de la gynæcologie étaient représentées.

Les comptes rendus sur ces etablissements insérés de temps en temps par mon père, et plus tard par moi, dans notre Journal de l'art des accouchements, firent connaître l’efficacité de cette organisation. Dans un de mes écrits, publié peu avant mon départ de Berlin, après avoir donné ma démission de directeur provisoire, poste qui m’avait été conféré en 1828, j’ai ilécrit plus amplement la maison sous le titre de . Organisation de la Maison d’accouchement de Berlin; coup d’œil rétrospectif ^r ses services depuis f année iSll; Berlin, 18-9, in-8 (1).

1) Die Einrichtung der Entbindungs-Anstalt an der K. Univerdtœt zu Berlin, nebst einem Ueberblicke der Leistungen dtrselben seit dem Jahre 1817.

48 LETXaES üBSTÉTftlCALES.

Vous voyez, mon cher ami, qu’avec une pareille organisation, qui devait atteindre plusieurs buts à la fois, les assistants étaient très-occupés. Ajoutez que notre directeur était très-sévère, qu’il exigeait de nous une grande ponctualité, et avant tout beaucoup de rapports écrits. Par coijtre, quelle riche mine pour notre instruction ! Nous avions à notre usage un matériel immense, tel qu’une grande ville seule peut en offrir un. Notre clientèle s’étendait jusqu’aux villages les plus éloignés, ce qui occasionnait un service pénible et fatigant. J’ai donc eu raison de vous dire, dans ma précédente lettre, qu’à Berlin j’étais voué d’avance aux accouchements. Malgré toutes les occupations qui m’étaient imposées par mon poste, je fus obligé de suivre les leçons de mon père, et sous sa direction je m’exerçai fréquemment sur le mannequin aux différentes opérations obstétricales. Je fréquentai également les cours de clinique médicale de Berends et de Neumann, les cliniques chirurgicales de Rust et de Græfe, et les leçons de Knape sur la médecine légale.

Mes journées étaient bien occupées, comme vous voyez. Ce qui me restait de temps était consacré à la préparation à mes examens, car il me tardait de prendre le titre de docteur, qui convenait parfaitement à ma position d’assistant.

Le 1" novembre,sous le décanat de Link, je fls mon épreuve écrite. (On me fit grâce de l’examen oral, à cause de mes longues années de scolarité.) Le 3 janvier 1826, je subis le Mgorosum; mes examinateurs furent Link, Berends, Rudolphi et de Græfe. Ma promotion de docteur eut lieu te 29 mars. Le sujet de ma thèse était : « De scirrho

« et carcinamate uteri, adjectis tnbrn totins uteri « extirpationis obsenationibus. » Dans ce travail je comniuniquai trois cas nouveaux d’extirpation totale de l’utérus cancéreux dont Lani^enbeck avait pratiqué deux pendant mon séjour à Goetlingua; mon père avait fait l’autre le 25 juillet 1825. Malheureusement, les trois résultats furent défavorables. Langenbeck avait entrepris l’opération par

la ligne blanche. Ce procédé avait été employé par Gutberlet, de Wurtzbourg, en ISlS.Voy.v.Siebold^.--^^ Journ. T. I, cahier 2, p. 228.

Lajoie que j’avais éprouvée par ma récep|^ , fui troublée quelques jours plus tard par.l^^i^ que nous reçûmes de la perte de mon père Sehæffer, qui avait succombé le 15 avri^ *

dans sa 75*^ année. Son souvenir était ,

parmi nous, et le monde savant ne l’oublierç-^j^ comme auteur d’écrits estimés sur les mala\^,yÿ^/ des enfants et les épidémies. ^^

Le 13 mai 1826, la Faculté de philosophie de

Wurtzbourg me causa une agréable surprise en m’envoyant le diplôme de docteur en philosophie. J’y fus d’autant plus sensible que cette distinction m’arrivait de ma ville natale.

Mon père désirait que, immédiatement après ma promotion de docteur, je subisse Vexamen d’État (1). H.me fut impossible d’obtempérer à ce

(1) Les épreuves pour ct^t examen sont classées sous les cinc} chefs suivants ;

•1. Anatomie, physiologie et histologie ;

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