AVANT-PROPOS. XVII
c'est l'ëpitaphe d'Etienne Pascal, son père. Celle page, qui est comparable aux plus belles de Bossuet, eût dû trouver sa place dans l'édition des Pensées, à la suite de la lettre que Pascal écrivit à M. et à madame Perier sur la mort de son père ^ ; mais nous ne l'avons découverte que tout récemment en relisant une seconde fois le ms. de VOratoire, n° 160. Il est dit à la fin de cette épitaphe, qu'elle a été composée de l'abondance du cœur par les enfants d'Élienne Pascal ; or, à la gravité, a la plénitude du langage, on reconnaît aisément que c'est Pascal qui a tenu la plume pour lui et pour ses sœurs. Il y a un souffle de génie et d'éloquence qui n'apparlient qu'à lui.
Mais ce que Jacqueline et madame Perier partagent avec leur frère, c'est la distinction du sentiment moral, l'élévation de l'âme et du caractère. Dans Jacqueline, le cœur fut grand jusqu'à l'héroïsme : cette fille illustre était de la nature qui fait les martyrs. Dans les premiers siècles du christianisme, elle eût été du nombre de ceux qui chantaient, au milieu des supplices, le cantique de la foi nouvelle ; dans les mauvais jours de notre révolution, elle eût pu être Charlotte Gorday; dans le cloître, elle réunit l'ardente sublimité de sainte Thérèse à la pratique des vertus les plus humbles
' Pensées, Lettres et Fragments, etc., t. P"", p. 17.