LETTRE DE MADAME PERIER A SON FILS LOUIS PERIER
Ce 16 mai iQll.
Ce n'est pas pour vous témoigner la part que je prends à ce qui vous touche que je vous écris aujourd'hui, mon très-cher fils, car je sais que vous en êtes pleinement persuadé; mais pour vous faire connaître la joie que je ressens de ce que le premier engagement qui se fait dans ma famille est pour le service de Dieu et de ce que, s'il est permis de parler ainsi, Dieu y prend sa part avant que le monde y ait encore touché. Je le prie de tout mon cœur qu'il lui plaise de hénir les suites d'un si heureux commencement et qu'il vous fasse la grâce de répondre à la faveur singulière qu'il vous fait, par une fidélité inviolahle et une application sans relâche à tout ce qui peut être agréable au maître auquel vous vous êtes consacré. Je ne prends pas la liberté, mon très-cher fils, de vous rien dire de vos devoirs, sachant les instructions que vous avez là-dessus ; mais je vous exhorte de tout mon cœur d'en profiter, de vous les rendre utiles, autant qu'il vous sera possible, et de vous souvenir sans cesse du compte que Dieu vous en demandera un jour. Nous n'avons pas manqué de vous recommander à Dieu en cette occasion, et je suis bien aise de ce que vous vous y êtes souvenu de nous. Continuez, je vous en supplie, de le faire et de le prier qu'il lui plaise de répandre sur votre famille ses grâces, afin que nous
' Recueils MSS. du P. Guerrier.
ne fassions jamais rien que par ses mouvements. Adieu, adieu, mon cher enfant. Aimez-moi toujours, et soyez persuadé qu'on ne peut pas être avec plus de tendresse que je suis entièrement à vous.
G. Pascal.
Je vous prie d'assurer M. le curé de mon très-humble respect et de ma très-humble reconnaissance de toutes les bontés qu'il a pour vous. J'embrasse votre frère.