‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 65 sur 97 · An commcnccmeui i\i\ S ub tuum prœsidiumf etc · texte numérisé non relu

An commcnccmeui i\i\ S ub tuum prœsidiumf etc

qui esl une antienne de la sainte Vierge qu'on chante innnédialement devant la sainte messe, elles se mettent toutes à genoux deux à deux au milieu du cœur, un peu éloignées les unes des autres, les mains jointes dessus leur scapulaire, et sans gants tout le long de la messe. Elles s'y doivent tenir dans un grand respect et application à Dieu : c'est pourquoi on tâche de les hien instruire sur toutes les cérémonies et parties du saint sacrifice. Elles se servent pour cela de la pratique et des Explications de M. de Saint-Gyran sur la sainte messe, et on les instruit à recevoir de Dieu les prières qu'il faut qu'elles fassent, en leur apprenant qu'elles n'en sauraient faire qui soient agréables à Dieu, si le Saint-Esprit ne les forme en elles; parce que c'est lui qui gémit et qui prie en nous.

4. Je ne puis m'empêclicr de dire ici que l'on ne saurait trop recommander aux enfants le respect à l'église, et particulièrement pendant la sainte messe; et qu'il faut punir avec force les fautes qui s'y commettent, et même les priver d'entrer en l'église hors les jours de fête, autant de temps ((ue l'on jugerait cette privation nécessaire pour leur hien, quand ce serait les plus grandes. Car si elles sont plus âgées, elles doivent être plus sages.

De récriture.

\. Au sortir de la sainte messe, elles écrivent toutes dans un même lieu, après avoir fait une courte prière pour obtenir de Dieu la grâce de bien faire cette action,

et on tâche de même de leur imprimer doucement dans l'esprit une sainte habitude de ne faire aucune action un peu notable sans la commencer et la finir par la prière. Elles font ces prières selon leur dévotion, et comme Dieu leur inspire. On dit aux plus petites de dire un Ave Maria, au commencement et à la fin de tout ce qu elles font d'un peu considérable.

2. Elles doivent redoubler leur silence pendant l'écriture, et il ne leur est point permis de se montrer Tune à l'autre leurs papiers, n'y d'écrire selon leur fantaisie. Elles écrivent simplement leur exemple, ou elles transcrivent quelque chose quand elles sont bien savantes, et qu'on le leur a permis.

5. Elles ne s'écrivent point l'une à l'autre ni lettre, ni billets, ni sentences, sans en obtenir permission de leur maîtresse; et quand elles ont écrit ce qu'on leur aurait permis d'écrire, elles le remettent entre les mains de leur maîtresse, pour le donner à celle pour qui elles l'ont écrit. L'écriture dure trois quarts d'heure.

4. Le temps qui reste jusques à sexte, s'emploie à apprendre à chanter en notes, avec silence et grand respect.

De la prière avant h dîner.

1. Quand on sonne sexte, une d'elles, savoir la semainièrc, se met à genonx au milieu de la chambre, pour leur faire renouveler leur altenlion à Dieu, afin

qu'elles assistent en esprit à cette heure d'onicc qui se va dire au chœur.

2. Encore que toute la journée le silence se garde parmi les petites sœurs, hors le temps des conférences, il y a néanmoins deux temps particuliers où il est encore plus exactement gardé. Le premier est celui du soir et du matin, dont j'ai déjà parlé, et le second est celui de pendant l'office et les messes qui se disent dans le monastère, lorsqu'elles n'y assistent pas. Elles doivent avoir mis ordre et pourvu à ce qu'elles ont de hesoin, pour, pendant ces deux temps, n'avoir rien à demander, à leurs maîtresses de ce qui regarde leur ouvrage, ni même aucune permission, si cela se peut, afin de s'entretenir avec Dieu, et aussi pour donner le temps à leurs maîtresses de dire leur office. Aux autres temps, elles peuvent demander ce qu'elles ont hesoin avec plus d'étendue.

3. Si un de leurs exercices, comme le chant ou la répétition de leur catéchisme, arrive pendant une heure d'office, on ne le quitte pas; mais ce que nous leur de, mandons, c'est que cet exercice soit fait avec plus de silence qu'à l'ordinaire, et que la petite prière se dise toujours au commencement de chaque office que l'on dit au chœur, quand il faudrait interrompre l'exercice que l'on commence. Cela fait ressouvenir de se renouveler dans l'attention à Dieu.

4. A onze heures, elles font l'examen toutes ensemble, après avoir dit Confiteor jusqu'à mea culpa,

5. Quelquefois, pendant l'examen du soir et du matin, on les fait ressouvenir d'examiner, et demander

pardon à Dieu, de quelque faute que Ton croit qu'elles n'auraient pas remarquée, et qui aurait été commise devant toutes, pour les accoutumer doucement à se bien examiner.

6. A la fin de l'examen, elles disent toutes ensemble le reste du Confiteor tout haut; et puis la semainière demande pardon à Dieu des fautes commises, et la grâce de mieux employer le reste de la journée.

7. A la fin de l'examen, quelques-unes disent leur sexte en particulier : on le permet aux plus grandes, à qui on reconnaît assez de piété pour se bien acquitter de l'office. On leur permet de dire depuis Laudes jusques à compiles.

Du réfectoire.

i. Le réfectoire sonne pour l'ordinaire ensuite de sexte, et elles y vont toutes avec la même modestie qu'à l'église. Y étant arrivées, elles font leur révérence deux à deux au milieu du réfectoire, et en passant devant quelque sœur. Elles se tiennent modestement à leur place sans se parler, en attendant que l'on dise le Benedicite, qu'elles disent tout liant avec les sœurs bien modestement, les manches abattues sur leurs mains.

2. Après le Benedtcite, elles se mettent à table, non point selon leur rang, mais comme on le juge mieux, entremêlant les plus sages avec de celles qui ne le sont pas tant, pour empêcher qu'elles ne se parlent.

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