Il ne leur est point non plus permis de raconter
les songes qu'elles auraient faits la nuit, quelque beaux ou saints qu'ils puissent être.
12. Elles ne doivent rien dire de ce qu'elles auraient appris au parloir. S'il y a quelque chose qui soit d'édification, et qui puisse être dit à toutes, la maîtresse ne manquera point de le dire, afin de leur ôter le désir qu'elles pourraient avoir que cela fût su.
-15. On leur fait quelquefois part de quelques nouvelles que l'on sait, et qui sont indifférentes, comme est la vêture de quelques sœurs, ou le contenu de quelque billet que l'on saurait mis au chœur pour recommander aux prières quelque personne, ou quelque affaire de piété, ou chose semblable, afin de leur ôter le désir d'en apprendre par des voies illicites.
14. On ne les reprend jamais, si l'on peut, pendant leur récréation ; on ne prend pas aussi ce temps-là pour leur parler de quelques règlements qu'on aurait à faire dans la chambre, de peur que cette heure-là ne leur donnât lieu d'en dire plus librement leur sentiment, et puis on serait obligé de les reprendre; ce qu'il faut toujours éviter autant que l'on peut.
15. Ce n'est pas que si elles faisaient des fautes de conséquence pendant la récréation, on le souffrît; au contraire, on les en reprendrait avec autant et plus de force qu'en une autre heure, de peur de leur donner lieu de ne pas craindre et de suivie leurs passions avec trop de liberté, sous prétexte de se divertir. Je dis seulement qu'on garde les petites fautes pour une autre occasion, et qu'on n'y parle jamais des fautes d'un autre temps.