‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 24 sur 105 · LETTRE DR MADAME PERIER A M. VALLANT · texte numérisé non relu

LETTRE DR MADAME PERIER A M. VALLANT

CeJ«» avriHero.

Je commence^ monsieur, par la plainte que je fais de ce que vous ne m'avez pas donné une adresse sûre pour vous écrire. Je vous supplie de ne plus Toublier» car je prétends d'avoir Thonneur de le faire souvent, puisqiie je n'ai plus que vous à qui je puisse demander des nouvelles de madame la marquise, et vous n'écrivez que quand on vous en prie. J'ai été fort touchée de la mort de mademoiselle de Ghalais. C'était une personne d'uii très-rare mérite, mais sa vie si languissante et depuis si longtemps doit consoler de sa mort. Je m'aperçois présentement que j'ai mal pris mon papier ; je vous eu demande pardon, et je vous prie de trouver bon que je ne recommence pas sur un autre.

Je vois que madame la marquise témoigne de désirer de savoir qui a fait la préface de notre livre. Vous sa^ vez, monsieur, que je ne dois rien avoir de secret pour elle ; c'est pourquoi je vous supplie de lui dire que c'est mon fils qui l'a faite. Mais je la supplie très-humblement de n'en rien témoigner à personne ; je n'en excepte rien et je vous demande la même grâce, et afin que vous en sachiez la raison, je vous dirai toute l'histoire. Vous save? que M^ de Lachaize en avait fait une qui était assurément fort belle ; mais oomme il ne nous en avait rien communiqué, nous fûmes bien surprix lorsque nous la vîmes, de ce qu'elle ne contenait rien

> MSS. de la Bibliot. Royale, PitrUteUilk^ du mUèéin tàti&nt.

LBTTEBS.

de toutes les Chcttes que nous voulious dirs» et qu'elle eb contenait plusieurs que nous ne voulions pas dire^ Gela obligea M. Perier de lui écrire pour le prier de trouver bon qu'on y changeât ou qu'on en fit une au* tre ; et M* Perier se résolut, en effet» d'en faire une } mais comme il n'a jamais un moment de loisir^ après avoir bien attendu» comme il vit que le temps pressait» il manda ses intentions à mon fils et lui ordonna de te faire. Cependant comme mon fils voyait que ce procédé faisait de la peine à M. de R..é S à M. de Lachàize et aui autres » il ne se vanta point de cela et fit comme si cette préface était venue d'ici ^ toute faite. Ainsi» monsieur» vous voyez bien que entre toutes les autres raisons qu'ils prétendent avoir de se plaindre» cette finesse dont mon fils a usé les choquerait assurément...

G. PASdÂL.

tEtïtlS DE MAMiUE PËtUEE A H. VALLANÏ ^

J'ai appris» monsieur, par madame Redon le bon accueil que vous lui avez fait ; je l'avais bien assurée qu'elle ne pouvait s'adresser à personne dont elle pût tirer plus de secours et de consolation que de vous^ parce que je connais voire bonté pour moi et voire charité pour tout le monde. Je vous en ai» monsieur» une très-sensible obligation ; je suis ravie aussi qu'elle se

' Roannez.

' De Clermont.

* Portefeuillei Vallant.

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soit mise entre lesmains de M. Dalencé^ Comme je crois que cette occasion vous obligera de conférer avec lui, je vous supplie, monsieur, de vouloir lui recommander madame Redon, même de ma part, et l'assurer que je me tiendrai extrêmement redevable des soins qu'il prendra d'elle, comme étant une de mes plus anciennes et meilleures amies. Je crois que M. Dalencé n'aura pas oublié mon nom. Il nous a donné tant de marques de sa bonté, que je n'ai pas sujet de le craindre. Je voudrais bien aussi, monsieur, que vous me fissiez la grâce de lui demander s'il a reçu une lettre que M. Laporte prit la peine de lui écrire sur le nouveau mal qui est venu à ma fille, qui est une relaxation des vertèbres. Mon fils envoya cette lettre dans le mois de juillet dernier à M. Dalencé, secrétaire du roi, pour la donner à M. son père ; cependant nous n'en avons aucunes nouvelles. Je vous demande pardon, monsieur, de toutes les peines que je vous donne toujours ; prenez-vous-en à votre bonté qui vous les attire. Je ne vous fais point de recommandations de mes enfants, parce qu'ils sont tous à la campagne ; mais je ne laisse pas de vous assurer de leur très-humble service.

Je suis avec respect, monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante,

G. Pascal.

Je suis très-obéissante servante à madame la marquise.

A Glermont, 29* octobre 1674.

> Célèbre médecin de ce temps-là.

LETTRES. iyt

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