IV AVANT-PROPOS
Malheureusement il ne Ta pas transcrite , et il s'est contenté d'en prendre un seul fragment très-court qui ne se trouve pas, dit-il, dans la Vie de M. Pascal imprimée. Nous reproduisons également ce passage, qui a déjà été imprimé, mais moins exactement, dans le recueil publié à Utrecht en 1740 *.
Nous empruntons aux mss. du P. Guerrier le mémoire composé par madame Perier touchant la vie de sa sœur Jacqueline.
Nous avons pour la première fois fait connaître et décrit ailleurs les mss. du P. Guerrier * qui se composent l^de deux volumes in-4% fort considérables, que nous avons trouvés en Auvergne; 2® d'un petit volume in-8® dont l'existence nous avait été révélée par une table générale des trois volumes, qui se trouve en tète du 1" des deux recueils in-4° ; nous avons eu beaucoup de peine à découvrir ce troisième volume à la bibliothèque du roi, parce qu'il n'était pas encore inscrit au répertoire général, et qu'il ne figure pas sous son vrai titre au catalogue du fonds auquel il appartient ^
^ Recueil de plusieurs pièces pour servir à l'histoire de Port^ Royalf un toI. in-12. Ce recueil, qui a été compilé et publié par Barbot, est, pour la partie qui concerne Pascal et sa famille, presque exclusivement emprunté aux MSS. du P. Guerrier.
> Voy. notre édition des Pensées, p. xux de l'introduction. l 8 Supplément français, n° 397. « Examen d'un écrit sur la signature de ceux qui souscrivent aux constitutions, et différents autres écrits de Port-Royal, » Dans ce titre ne figurent, comme on voit, ni le nom du P. Guerrier, ni celui de Pascal ou de ses
AVANT'PBOPOS. V
Mais nous n'avons peut-être pas suffisamment insisté sur l'importance de ces manuscrits, lesquels, à défaut des textes originaux autographes, sont presque toujours les seuls qu'on puisse accepter comme authentiques. Le manuscrit de la BibI, R., Supplément français y n® 1485, intitulé Mé^ moires de Marguerite Perier^ est une copie qui a du prix sans doute; mais écrite comme elle est, par une main inconnue et inhabile, il est évident qu'elle ne saurait inspirer une entière confiance, et qu'elle n'offre pas les garanties d'origine, dé fidélité et de correction qui constituent une vé*ritable authenticité.
Il n'en est pas de même des manuscrits du P. Guerrier : c'est une copie de sa propre main, c'est-à-dire une copie faite par un oratorien, un homme instruit, sachant, comprenant et aimant ce qu'il copiait ; ayant soin de nous indiquer le dépôt où se trouvent les pièces originales transcrites par lui. Enfin, « portant le scrupule, comme il dit lui-même, jusqu'à ne vouloir pas corriger quelques fautes de style qui pouvaient facilement être réformées *. » Avec le P. Guerrier, nous remontons à la source, et nous pou-> vons avoir une confiance absolue.
sœurs. Ce n'est donc qu'en compulsant un grand nombre de MSS. que nous avons pu découvrir celui-ci.
^ Voyez, page 446, la noie qui se trouve à la suite jlu mémoire de Marguerite Perier sur sa famille.
VI AVANT-MOPOS.
Nous avons dit ailleurs que le ms. de la bibliothèque du roi, improprement appelé Mémoires de mademoiselle Perier^ n'était qu'une copie de seconde main^ qui nous semblait avoir été faite sur celle du P. Guerrier. Un nouvel examen de ce MS. ne nous a laissé aucun doute à cet égard. Le P. Guerrier, en transcrivant les documents nombreux que contenait le dépôt dont Marguerite Perier avait confié la conservation à la communauté des oratoriens de Clermont , a coutume d'ajouter des notes explicatives , et quelquefois même, parmi les pièces qu'il copie, il intercale des observations, ou des récits qu'il lient de Marguerite Perîer. Or, le ms. de la bibliothèque du roi reproduit à son tour les notes et les observations du P. Guerrier, en le désignant sous le nom de fremier copiste. Ainsi, par exemple, le P. Guerrier, après avoir transcrit, dans son troisième recueil, l'écrit trouvé dans l'habit de Pascal, ajoute une note explicative qu'il emprunte en partie à la conversation de Marguerite Perier ^ Le manuscrit de la bibliothèque du roi qui répète cette note, non sans quelques altérations suivant sa coutume, l'intitule ainsi : « Remarques du premier copiste des manuscrits de mademoiselle Perier sur un écrit trouvé
sur M. Pascal après sa mort, >> II est donc df^mon^
^ Voy. notre édition des Pensées de Pascal, t. l*r, p. 241.
AVAmr-raoBds. vu
tré que le ipanuscrit suppl. fr. 4485, n'est qu'une copie de seconde main, c'est-à-dire qui n'offre point les caractères d'une parfaite authenticité. Ajoutons; pour en finir sur ce point, que ce ma* nusorit, qui est d'une écriture assez nette mais inexpérimentée , a été copié par une personne évidemment peu intelligente, ou tout au moins étrangère aux choses qu'elle transcrivait.
Un écrivain d'une érudition brillante et facile donne à ce manuscrit l'épithète à* excellent * : nous ne pouvons, comme on voit, être de son avis ; et, pour que nos propres assertions soient sans réplique, même à ses yeux, nous avons indiqué au bas des pages, dans le cours de ce volume, la plupart des altérations que le deuxième copiste a eommises en transcrivant les manuscrits du P. Guerrier, altérations que M. Cousin a reproduites dans sa publication récente des lettres et opuscules de Jacqueline Pascal.
flnfin, pour que Timporlance des recueils de l'oratorien de Glermont soit désormais à l'abri de toute contestation sérieuse, rappelons ici que la copie de la bibliothèque du roi non-seulement n'est pas correcte, pomme on vient de le voir, mais qu'elle n'est pas complète.
C'est ce qui résulte d'abord du catalogue même
^ Voy. Jacqueline Pascal, par M. Y. €ousm ; patsim.
Vm AVANT-PROPOS.
du Supplément français^ à la bibliothèque royale, où ce volume est inscrit sous le n^ 1485, avec cetle indication : (c Mémoires de mademoiselle Perier. PREMIÈRE PARTIE : la DEUXIÈME manque. » Ce ms. était donc composé de deux volumes ; et Tabbé Besongne qui, dans Tavant-propos de son Histoire de P abbaye de Port-Royalj donne la liste de tous les ouvrages, manuscrits ou non, auxquels il a puisé, le mentionne ainsi : Mémoires de mademoiselle Février ^ in-4**, 2 VOLUMES manuscrits.
La comparaison de ce ms. avec ceux du P* Guerrier, confirme cette double indication, car elle montre qu en effet il ne contient que la moitié à peine des pièces recueillies dans les trois volumes de Toratorien de Clermont.
Les Lettres de madame Perier, qui viennent après la Vie de Jacqueline, sont empruntées en partie aux recueils du P. Guerrier, et en partie aux portefeuilles du médecin Yallant à la bibliothèque du roi * ; une seule exceptée, qui provient de la bibliothèque de l'Arsenal, et qui est relative à Tentreprise des carrosses ^
Les écrits et les lettres de Jacqueline, qui for-
" Résidu de St.-Germain» Voy. dans noire édition des Pensées, introduction, page ux, la description de ces MSS. qu^on désigne aassi sous |Ie titre de Portefeuilles de madame de Sablé,
* Nous n*avons pu retrouver à l'Arsenal l'original de cette lettre ; mais nous reproduisons, de Tagrément de M. Monmerqué, le texte qu*il a donné avec son exactitude habituelle dans son intéressant opuscule des Carrosses à cinq sois.