‹ Lettres parisiennesChapitre 14 sur 49 · octobre t · texte numérisé non relu

octobre t

VraHUfent; c'était nn beau s^wetsde que «cette |dace iknmense reaiplie de monde^ que eette longue éorasse 4eB Tuileries couverte de monde^ que cette longue aAiée deii Cfeampsi^lysées, peuplée de tadoêe aussi $ et toute cette féale nkacieuse et immobile^ deux cent mttle per8omie% 4it-oli> et point de twnùlte et point de bn^4 Hsar «e n'étialt ni «en peuple^ ni une fode, c'étaât nù piidylicv nnpaHerte^e deui eentmiUe persoimes, parfaitement bien composé. Les l'ange des loges> c'étaient les demc terrassés des TutteHes^ les avant-scène, c'était Ttidtel de la markie, et les flMgnifiques btdiels qui lui servent de pendants. lia f amiUe royale occupait le pavillon de rfaétri de la marine^ k kokcm, qui donne sur le jardin des Tuitoies; la k^ du roi était leiMilfe en bleu; la belle fiderie 4e l'kàtdl était occi4[iée par le eorps

LETTRES PARISIENNES i%

diplomatiqae, et {tarde des plus jolies femmes dela^cowrde Juillet. La terrasse qui termine Thôtel était aussi ^wme éeis parents et des amis des femmes de chambre et du portier de la maison^ c'était l'aïqphithéâtre de k -sallew A une fenêtre de la rue Royale, on apercevait la comtesse de Lipano, qui se cachait comme d^mîs une loge grillée; nous n'avons reconnu personne dans le paradis. La représentation a duré quatre heures. Dans les entr'actes» un orchestre militaire se faisait entendre. Puis, dans la fouk immo^Âte^ on apercevait un cercle d'hommes qui tournaient. Le cabestan I le cabestan I disaient touèes les voix» et Tobélisqne recommençait à s'ékver doucement.

Le dernier entr'acte fut le plus long; on entendit des coups de marteau» contmie gb. en entend derrière la toite lorsqu'on place une décoration importante à l'opéra. Ënêa la pièce a réussi. Elle a été vivement applaudie. Sérieuse^ ment tout le monde a battu des mains quand Tobélisque s'est assis sur sa base, et Torchestre a joué le grand duo des Puritains; c'était un bruit charmant à entendre que ces faibles applaudissements de deux cent milk personnes qui se perdaient dans l'immensité de la salle. Malgré ce brillant succès, les jeunes spectateurs à idées -nouvelles parlaient toujours avec amertume des quatre millions de la mise en scène. Ils se demandaient si k vue du monolythe superbe vakit cek. Les autres étaient plus indulgents, grâce à leurs souvenirs ; ils se rappelaientd'avoir vu, sur ce même théâtre^ une représentation qui avait coûté plus cher à la France^ un drame sanglant et terrible dont l'image leur serrait le cœur. 11 leur tardait que cet échafaud fût détruit»' ils avouaient que depuis que cet appareil de machines attristait leurs yeux, ils ne pouvaient traverser la place Louis XV sans hoi^reur^ et ils savaient bon gré à ce monument âgé

de trois mille ans d'avoir quitté les sables de TÉgypte pour venir effacer leurs affreux souvenirs. La nouvelle du jour était que le roi n'avait point élé assassiné^ et l'on disait cela devant la femme de Murât, la veuve du roi fusillé, et tout cela se disait sur la place de la Révolution, où tomba la tête du roi guillotiné; et songeant à cela, nous qui ne sommes d'aucun parti, nous avons fait comme le peuple, nous avons crié vive le roi! car notre cœur est généreux, et nous avons pitié des trônes. La famille royale a été accueillie à scn passage par les plus vives acclamations. Les princesses étaient dans le fond de la voiture, le roi des Français, le roi des Belges étaient sur le devant. M. le duc d'Orléans était entre eux deux ; il était assis de manière à laisser plus de place aux deux rois, mais de manière aussi à cacher presque entièrement son père. 11 y avait beaucoup de grâce dans cette attitude du jeune prince, et en se rappelant la dernière tentative d'Alibaud, on ne pouvait le regarder sans attendrissement.

Quand le spectacle fut terminé, la foule se retira en silence. Alors la salle nous sembla un immense bassin rempli de peuple dont les flots divisés en quatre fleuves allaient se répandre dans toute la ville. Le premier fleuve s'écoula sur le pont Louis XVI; l'autre déborda du côté de la rue de Rivoli. Un troisième, mais plus faible, ce n'était à vrai dire qu'un bras de rivière, se dirigea vers la rue des Champs- Elysées. Enfin, le quatrième, le plus imposant, le plus majestueux, s'épandit comme la Loire dans toute la rue Royale. Une sorte de petite émeute, ou plutôt une espèce de tourbillon se manifesta au milieu du lac, c'était l'auteur que Ton avait reconnu, M. Lebas que Ton reconduisait en triomphe. Enûn, tout s'est bien passé. Le temps était non pas beau, mais bon. Point de soleil, c'est ce qu'il fallait pour

regarder longtemps la même chose. Le parterre était meilleur encore puisqu'il est resté quatre heures sur ses pieds sans cabaler et sans se plaindre. Quand tout a été fini^ deux hommes sont montés au sommet de l'obélisque pour hisser le drapeau ûqb\, sur lequel on remarquait une ancre^ ce ^i veut dire que la marine revendique la gloire de cette entreprise; deux autres hommes sont allés planter sur la pointe de l'aiguille des branches de saule^ c'est le laurier des maçons. Ces trophées valent bien les couronnes qu'on jette à mademoiselle Taglioni et à mademoiselle Essler.

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