‹ Lettres parisiennesChapitre 15 sur 49 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

noTcmbre 1836.

Récit anticipé d'ane réception i rAcadémie p— Modes. — Un nonyoaa roman de M. de Latouche. ^ Le prince Louis Bonaparte.

Demain jeudis à l'heure où nous écrivons^ aura lieu pour la réception de M. Dupaty^ la séance solennelle dont nous nous empressons de rendre compte; l'assemblée aura été nombreuse^ une foule de femmes célèbres s'y sera fait remarquer. Les femmes auteures auront sorti leurs petits diapeaux à petites plumes qui ne voient le jour que lorsque les quatre Classes se réunissent^ et leurs petites pèlerines soi-disant garnies de dentelles, mantelets de fantaisie^ qui suffisent à la science. M. Dupaty, revêtu de l'habit tout neuf d'académicien^ heureux de son feuillage, aui^a été modeste trois fois. Il aura parlé à l'Académie de son sein et de l'honneur qu'il y a d'être reçu dans ce sein; il aura été spirituel^ nous l'affirmons. Nous connaissons M. Dupaty depuis

22 LE TKÎOMTR DE LAIWfAY

d'esprk m d& paMle> el mn» ne emgsoiis^foibt de nous engager pour kii.

M« Duvat lui; aura répond» avec J^feaTeffiaiiee, pntsatira glissé dons wa ëMc^mtquélKfMBmsi^ces contre tes romantiqiies, et ^pt^ue» p kiases d» roélsmeelK» et de décourar gemeot; car le pateiBi>efae du drama ùm^à» ne pardonne point à noa Duval nodemes liea bêles «cènes qu'ils ont puisées dfflM ses ouvrages; e^est «^ naHYafe père qui ne veut paareceiHuâlrases enftmte. Enfid^ le bosquet acadé-^ mique, seule verdure qui survive à l'automne, se dispersera, et les gens de province s*en retourneront chez eux avec empressement pour écrire la lettre suivante : « Nous avons assisté ce matiit fc uo^. tétoee.de l'Académie française, » etc. Tout est plaisir pour un cœur de Bergerac, de Riberac ou Quincipar^orentin.

L'hiver s'annonce conuoe devatnt être le plus» beau. 4fi3 hivers; oo. pense sérieoseBient à s'amuser. La poiilîqiie est un loisir d'infirmés qu'on laisse aux petits esprits; d'ail- \wpSf les gnndB hommes d'État ont toujours aliié tes alGBôves et les* ptaims. De nos jours, <m recommence à dé"couvm que pédanterie n'est pas science; les ennuyeux^ tottt-puîssaiitB naguère, perdent beaucoup de leur crédit; leur magnétisme^ a moins d^emptre deptiisr que l'on n'a phts la S>i; ou «e leur laisse plus te ti»ips de vous endormir; de là vient que teur influence a pâli. ]tf. dis Mettemich a prouvé qu'en pouvait ètpe ensemble homme aimabte et Dttinistre habile ; le comte de Medcm, le baron dfe Meycnd(»ff, savent un^r la grâce de Fesprit^à te gravité d'une mission importante; bref, Fespiit français nous est rendu par les étrangers; en venant l'étu<Klîr parmi" nous, ils nous for* cent à le retrouver.

Lft Théftiare-Itelieii ft Ve&r d^m congrès. H n'eet pas un de» speeMeun qui ae 8ôi#im peu ambassadeur ou homme dnËtaA y cbaeua d'eux- a été mioisùre quelque temps et queN qoe f»^. C'est «» eoup d'œil' curieux que l'aspect de ce thëMfa : safioedi dernier surtout^ Jour des Puritains, la salte'élail jrespkeBdÎBSftute d'illustrations et de beautés.

tt y a daa» ce moment à Peuris une quantité de jolies feoMnes. effrayante pour le repos de la capitale : jolies Ang]|iise% beMe» Italiennes cbassées vers nous par le choléra^ brimes Espi^ndes que nous envoie la guerre civile. Oh! le» charmants fléaux qui nous valent ce beau coup d'œil ! Dans le nombre, il y a aussi de jolies Françaises; car les Françaises se remettent depuis quelques années à être jolies comme les Français se- remettent à être rieurs et aimable». Sous Fempire, les fenunes étaient toutes belles, puis il y a eu interruption. Sous la restauration, les minois, les traits douteux, ont pris le haut du pavé. Excepté une ou. deux éio^te» hunineuses, les femmes de cette époque étaient pltttdft agréaUes que belles; et par instinct, par esprit (et eUes n'en manquaient pas), elles avançaient leurs jolis pieds quand on regardait trop longtemps leur visage. Alors ce n'était pas la mode d'être belle ; aujourd'hui cette mode est revenue, et l'on peut citer beaucoup de flemmes qui la suivent exactement.

Les manches tombantes, arrêtées en liaut j^ar un bracclelr qu'on a le grand tort d'appeler poignet, sont les plus généralement adoptées; les manches boufTantes en haut et justes à partir du coude sont abandonnées ; on les laisse aux geôliers de mélodrame et au tuteur des Folies amoureuses, dont elles ont fait jusqu'à ce jour le plus bel ornement.

Les nouveaux mouchoirs sont irrésistibles; celte large

2i LE VICOMTE DE LAUNAT

rivière de jours qui les bordait rannée dernière est , celle année^ séparée par un entre-deux de broderie^ et quelle broderie! délicate, imperceptible, fine, légère, gracieuse à en radoter. On fait bien aussi de ricbes bordures en relief semées d'oiseaux, de paons, de perroquets brodés d'un travail merveilleux, mais ce sont des mouchoirs de caprice qui ne peuvent servir tous les jours ; si Ton est triste, par exemj^, le moyen d*avoir recours à un perroquet pour essuyer ses larmes! Les autres mouchoirs à petits entre-deux, garms de valenciennes, nous semblent bien préféi-ables; ils plaisent à toutes les heures de la vie, heures de plaisir ou de chagrin ; bien plus encore, ils sont si jolis, qu'une femme, au moment de pleurer, se console en les r^ardant.

Les marabouts (duvet léger qu'il ne faut confondre, ni avec les prêtres ni avec les cafetières du Levant) sont redevenus à la mode; pourquoi? veut-on le savoir? C'est que voilà dix ans qu'ils n'y étaient plus; car la Mode, comme la Fortune, a une roue qui tourne sans cesse et ramène alternativement les mêmes choses. Avoir été est une raison pour redevenir. Voyez plutôt les marabouts et les ministres.

L'automne littéraire, comme l'automne de la nature, va récolter les fruits que l'été a produits. M. Sue va publier le quatrième volume de V Histoire de la Marine. Nous engageons les personnes qui reprochent à M. Sue le point de vue malveillant qu'il a choisi pour regarder le cœur humain à lire, dans le chapitre X du troisième volume, la peinture de la vie intérieure de Ruyter. Rien de plus suave que ce tableau, digne de Gérard Dow. Le portrait de Ruyter est tracé de main de maître. Et, le croka-t-on? cinquante pages sans malice, sans ironie! Une grande vertu dépeinte sérieusement par l'auteur de la Salamandre î 11 est vrai qu'il se dédommage un peu plus loin de cet elTort en nous

disant les folies de Vivotine, et que là l'esprit d'Alar-Gull reparaît dans toute la candeur de sa perversité.

Les auteurs changent de caractère maintenant : tandis que rincrëdule conteur de la Cucaralcha parle avec bonne foi d'une belle action^ le paresseux historien de Grangeneuve, le rêveur paysan d'Aulnay, l'homme aux fraîches et poétiques émotions^ que le bruit d'un ruisseau^ le parfum d'une Qeur^ font vivre tout un Jour... travaille!... On vante encore son dernier roman ^ France et Marie, et déjà un nouveau livre se prépare. Le découragement patriotique est depuis quelques années la muse de M. de Latouchc. Grangeneuve est victime de son dévouement inutile aux croyances républicaines; Roger est victime de sa fidélité aux croyances monarchiques; le héros du roman futur est^ dit-on^ victime de l'absence de ces deux croyances... Cette misère dépeinrbien le temps où nous vivons. Un de nos amis a eu l'indiscrétion de copier^ sur la table de l'écrivain distrait , les lignes suivantes , qui sont la pensée du livre : « Q appartenait à ce siècle de créer pour la jeunesse une mélancolie plus dévorante que les regrets de Werther, un ennui plus rongeur que le mal de René : c'est le supplice de sentir inhumer dans son âme tpute passion enthousiaste. A Werther^ il manquait l'amour; à René^ la poésie ; c'était une patrie qui manquait à Aymar. »

Cette dernière phrase nous fait penser à ce jeune prince, prisonnier à Strasbdorg, dont nous étions loin de prévoir l'audadeuse entreprise. Louis Bonaparte est plein de loya:uté et de bon sens; l'ennui seul de l'exil a pu lui inspirer la folle idée de venir être empereur en France ! Le pauvre jeune homme! il a mieux aimé risquer d'être captif daps sa patrie que de rester libre chez l'étranger. L'oisiveté est lourde quand on porte un pareil nom, quand on nourrit

dhns ses Ydnes un pao^eil sang. Si oE.lui a^ait'donnden. France droit de citoyen, 11 s'en serait peut-être contonié.. Nous lui av^rnssoiiTent ent^du dire que tonte âsn ambition était d'être ofûcier. français: et de gagner ses' grades dans, notre arnée; quiunjégiment le séduirait plus qu'un trâne. Bfai nunrDieiiv cen^est pas un-rQy«uixne.qu*ilM^ait.chcr'cher; c'est une patde;

Souvent noos l'avons vu^dre de l'éducation royale: q^'on lui aTBit donnée. U nous contait un jpur avec gaieté que> lors^'ii était enfant, soEr< gi^and plaisir était d'^rrosor» des il0Brsy.et:.que madame de Bi..,.sar gouvernante, dans la crainte quiil: ne: sf enrhumât, faisait remplir d'eau chaude las BTFDsoirsi ce Mes pawrDe» fleurs, disait le prince, lar fralr dieur des eauK. leur était inconnue; j/étftis7hienteufanVet déjà' ce. soin- me paraissait, ridicule..»* Il ne. pouvait parler dela^France sans attendrissement; c^est un: rapport g^'iia avec le duo de Bordeaux. Nous étidtis ensembld^àc Rlffloe lorsfuton nous apprit laimortide Talma^^diacun aloir^de d^lorer cettopevte,«cbactm de se rappeler le rôïe dan&l^ quel il avait vu Xalma poun la demik^ fois. En^éooutattt tous œshregreftSj.le prinoe Eôuis, qui. n'avait pasencese seizeanfr^ fn^pa du piedvaTeeûmpaUenoe; puis ibs'éeria leslonncs^aux^yeas :>« Qouid jf pense que je suis^Sfaoçais et qur je n(';ai jamaisivu Talraai »>

Ofn raconte que; le-'jour de son apparition à Strasbourg, le prince L0ais,.enivrédu succès delà première heun^ envoya um courrier à^ sa mène peur Itiii annon^^ qu'il! était maltne do Sfrasiiourgretquiil mncllBit sur Part»; tnois^t^uns aprèsi il reçut dans: la ponson la» réponse de latdoohesso'de Saint->Leii5 qui^.leionayont^.di^i vainqueur, lui* recommandait de présenver contre la. fureur de^ ses partisane la famfille royale; et de toaitesle^roifarec tousses égards qui lui

'LEXÎRES iPA^iSlEISNES g?

jsunt.dus. CcIatprouTeJus^u'^ù peuvent idllôr les jllusmnstde «eux qui vivent loinule noij^^tet gueles pduces exUés^cait troœpe's comme les autres.

iLûs lK)iiapartistes purs ont tu avec indignation i*expédition du prince Louis. Notre empereur légitime, s'écrièrenl-ils avec enthousiasme, c'est Joseph. Le mot légitime est charmant à prgpos d'uuBonaparte ! Ils ne savent donc pas que Napoléon n'était pas un roi ! c*était un héros. Le fils d'un héros peut hli i^cfiéder, la gloire du père a des reflets qui rejaillissent sur le fîls; mais les rayons de ce soleil ne rBJaiiUsaent point jusque sur les neveux. Le duc de Reichstadt était légitime non par la force d' un droite laais^par la t oute'p uisganced'on prestige. HélasTcTprestige est mort avecTuïTdes pârenïs nie"peuvent le faire revivre. Les successions de gloire ne se chiffrent pas; il n'est pas -deiiiotatreupâur 6m!egistrer>lesilauEias.(Ua aigle aJes ajglon&^tf nia point de coUatecaux.

* Grande ncoiv^e q^e fessonne ne tsoupfome eneorei! gsande «surprise :pour îles ifètes Éa (premier *Joiir. de Pan! Asiisi£St9 :r4«uis6ûï-nrjous; biavas vltévans, r^knez «vos BMU^cbes; £ûnducteu£S(dei Gondoles, deiGoucou»«t d'Accéléiiea^iOichjeFS dé PaiisiennesL, de ^LuIéâiciiBes, tt'ÉelifioniiSy de Syj]lhid£s,ideâ^phiriBes,'deiGiladîaes, d'Atsh iltttûs,>de Yigilaatesjetod'ûbligeantes/préparoz^xos'fouéts, Yas;|J»ra«csiôt ^vx)t«e avoine; :1a Youte eat belk, * vous 'la <Texaztplus dV»ne>feiâ! NûbteSàétjaangei^ qui/newemeztToir ^peffVtfis, x^j€ausse0^vous,.iiûus avons^mainteiiaiitdeux êaft^ates I La ^iUeide:Louifi XIV varatrouver sa-4plend«ur;)le soiLdonufi acKiEraoçilis.dfi magnifiqttesféire&nas'cetle ^araflflfel lia httLuikee{i8ake«d0ntuch&qpae)pfige<6St wieikttatie! viirii^e album dontahaoqu&âfisiiniest iisedenesiviittoifies! G{0St:hien£OBnaiti£,R»i pays gue.de.le prendre ainsi par

son orgueil et de lui faire un tel présent I Aujourd'hui^ vivent les rois pour savoir flatter ! Cette grande nouvelle^ la voici :

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