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LETTRE PREMIÈRE

5 janvier 1837.

Le premier jour de Tan. — Anecdotes. -> Élection de M. Mignet. Le ridicale. •

En France, nous avons un grand secret, un art qui n'appartient qu'à nous, un moyen infaillible de changer en supplice tout ce qui doit nous être plaisir : notre misérable vanité est parvenue peu à q^u à nous faire de toute chose agréable une torturé; d'un don généreux nous faisons un impôt qui accable, d'un soin affectueux nous faisons un devoir qui ennuie; nous n'avons pas une bonne institution qui ne soit faussée par un abus qui la dénature. Ainsi, . est-il un jour plus long, plus affreux, plus redouté que le premier jour de Tan... jour de misère, où la femme la plus aimable vous apparaît sous la forme d'un créancier, où vos domestiques vous poursuivent comme des huissiers ; où chaque souhait se paye, où chaque embrassement vous coûte; jour de corvée, jour dé' tristesse, jour d'angoisses s'il en fut , et cela parce que vous l'avez gâté par de stupides usages; parce que vous avez inventé le luxe des présents; parce que vous avez la folle manie de donner chaque année à cette époque la mesure de votre fortune et de votre tendresse; parce que vous vous êtes fait une obli-

galion de ce qui devait être un caprice; et pourtant^ dans son principe 9 quek jfiuj plus uturoUffinent heureux que celui-là! Quel plus charmant usage que cet échange de souhaits au commencement d'une nouvelle année; que â'aiîection dans cette idée superstitieuse d'un ami qui entre chez vous en disant : « Je veux commencer Tannée avec toi. » Quoi de plus charmant <}ue ces. petits enfants qui mesurent le temps par les-bonhons qu'ils reçoivent à jour fixe; qui savent qu'ils ont un an de plus par les joujoux qu'on leur apporta; qiâ comprennent que la raison leur vient au changement qui s'opère dans ces présents annuels; qui sentent que renfance s'éloigna qu^nd le polichinelle se change en Uvre^ quand le ménage se change en pupitre à écrire^ quand le. pupitre esdïa se méta]nai^hû8e.eaétui de mstbématiq^sc? Al cet âge ,. une «iiBée est chose împwtaBlaf Us temps alors^cfeàt rédiifiatl«a> etUédacaticui^ oîesbU destituée ; il. faul) hiea ftûra comprendre à l'enfoiU/ ce qi^îi m§M de Tanaée (pi Sc'adbàve; il faut le récampensee %^\ Ua biœ employée jt «t s^il l'a peudue^ il faut Vâncoasaferàindens employer calld. qui commence. &kl pour les en&its^ ii- YGQt les éirennes !^. Les étusfines pour exoL,. c'èsÉ-une l0^ ^XQr, c'est unapensik, c'est là premiè»e énmUonide lëiu: jeune Âuie. C'est un. pu4fisa»t moyen d'instcnoti^ii aussi :: V4US leur iQ>preBez en u& jour deux lois haimoridies :j lai plus puifisanJte^loi.de la oatui'e., la plus puissante bi desks société i us •oaaB et is peopriétsL Oui, riez; nuds œikestt vrai : L'enftiniiafiprend le' même jour qu'il a^iëcu uneiaot» née^ une «noëe qui ne reviendra plus; il apprend aaisst que le jouet .qu'oa lui(d(»iBe lui appartient à lui seul^qu^ii; peut, le hniser sans^ fu'oa le gronde^ que nul n'a le droit dSD le lui prttsdre^ qu'il peut le donner enfin^ ce qui est la|lus^ grande preuve de la possession^

LETTRES f ARISFETîTfES S5

A pcoyMT dft ceia, on non» œntait faèev ^Mitoire d^un p^it eofiuil qak ant maa douta bd jour nn gi^snd philo» SDphfi om u» ftffireus aywe. Jute» deM... a fowtee aiw à pekie;. dnaancàe ih cetlaUé «hs» «m grand-pàm' pour UiS soufaRiter }» honneamée. et Ahi< Iq vaîlii^ 9'eslrécsi^M..B... 6aeiDiii«MaBfcswrp6ii^4Bs<; as ftiiv mon pni^ve' esîmty ce maudit' ëvâneineiit dn %1 mfa enpiiolié de^penor à toi; j'ai oublié teffétffOBnes^maiBVQîiÉdoifuoitodédomflBAger; » e( IL B... tint de moi porfeleuille na Inliet de aâ^ ftwBcs^ q^^iidonaaiàFeBlant (tBeiiiarQièBdone:ToCro>gn]id-fNip%»^ lui dft aa gouvemante.. Uenfaai reste imnobik^. il «*ait loi cmr gTo&^ eiLdoslaBBies ooHmençaioiilt à InrilberdaBVflesyeux. Uaaanide IL 8... ên/ùoi da» ce moment^ on. €»•' mena le patit iules chez fia< wme., «: & bîtniJ lides> dit Bttdlune de lL.^.e5-tu Ueit content;; ton grand-ps^f arlHà donné da beUe» éiffennesâ % Jules {denrait aniâremanl. «.Ëatr-OQ:q«*il no Va rien donné?-— Si.^ — • Blaisrqixoi dxmct -«- Uc oa'ai donûé une TieiUe image tonte dédiirée^ » cbyen-^ faot pleurant toujouv» r^nii à sa nàmio; billot da natila! icancs. phUosophie da l'enfanGel

Les Aoglais^ cwdlâni dans fart da amplifier toulas eho«ses. ^iosi^ pesidanl; que noua peréiâBS no&paeoles à dire ài chacim caUa longue phaasa : Box^oinr^ je 'voua aoolttiiai une boimeannée^ un An|^> de^ nos anni^ perfectionnattî merydUemânient eeUe û)muûe..fi sien: allaii». disant à tout 1« monda : B(m jéur de UiJUK Voilà une abréviaiioa. quà laut Mm Bkk pour Rkhasd, et Bill pour Wiiliaiik

€at AnglaisFBauâen rappelie wt autre^. non nioms ÏBgé^' nieux : ^ était à l'Opéra^ cm donnait le Comte Ory^ et paa^ nn bonheur innuî dans les*faalea da son pa78> il= était pai^. venu à netonir l'air d» souper : S^e^ charmant ^ çfe»t di^ vin. Oui> il l'ayait retenu avec ses oieilesi britanmques> et

il le fredonnait assez agréablement entre ses dents britanniques aussi. — Ravi de son intelligence musicale , il se défia pourtant de sa mémoire ; alors^ on le vit prudemment faire un nœud à son mouchoir, a Pourquoi ce nœud? lui dit quelqu'un. — C'est pour cette petite air, dit-U, trèsjoli ^ je voudrai pas Toublier. » Nous croyons pouvoir affirmer que cet homme est bon époux et bon père.

Encore une anecdote^ puisque nous sonuncs en train. D'ailleurs, en commençant l'année, il est d'assez bon goût d'imiter l'esprit de Mathieu Laensberg, et de raconter comme lui historiettes et bons mots. M. F. Soulié a prouvé que des malheurs tragiques pouvaient naître d'une plaisanterie. L'histoire suivante vient encore confirmer cette vérité.

Une jeune Écossaise, — nous ne. sortons pas des trois royaumes, — une jeune Écossaise se vantait de sa bravoure. En effet, dans plus d'une occasion elle avait fait preuve de courage : à cheval elle était intrépide; à la chasse elle ne redoutait ni loup, ni sanglier; elle ne craignait ni la seconde vue, ni la première vue; elle riait des fantômes^ défiait les brigands; elle n'avait même pas peur des honnêtes gens, ce qui arrive quelquefois à ceux qui craignent les voleurs. Suzanna était donc une valeureuse fille ; elle humiliait ses compagnes par son courage. Celles-ci résolurent un jour de se venger et de mettre une fois à l'épreuve celte force d'âme héroïque. C'était dans un vaste château aux environs d'Edimbourg; Suzanna devait se marier quelques jours après; on attendait le lendemain son fiancé, que des affaires retenaient encore à la ville. Les présents de noce étaient arrivés, la parure de la mariée était déjà prête. Le bonheur était imminent, on n'avait pas de temps à perdre, pour le prévenir. Les jeunes compagnes s'assemblèrent en secret, et le projet de vengeance fut arrêté. Le

frère d'une des jeunes filles était étudiant en médecine; il possédait un superbe squelette qu'il promit de prêter pour servir à la mystiûcation, et le squelette^ recouvert d'un simple vêtement de nuit, fut déposé avec toutes sortes de précautions dans le lit de la future mariée. Le soir on se sépara gaiement; Good night, Suzanna, good nigM, my dear, good night, et les moqueuses jeunes filles s'éloignèrent en souriant. Le lendemain ^ grand conciliabule : — Est-elle descendue? — L'a-t-on vue?— Sait-on si elle a eu peur? — A-t-elle appelé au secours? — Qu'y a-t-il de nouveau? — Que fait-elle? — Et personne ne répondait. — Allons jusqu'à sa porte^ nous regarderons par le trou de la serrure. Elle est maligne^ Suzanna; elle ne conviendra pas qu'elle a eu peur^ elle nous jouera quelque tour. On s'avance à pas lents, on marche sur la pointe du pied... on s'approche de la porte^ une des jeunes filles regarde par la serrure. Suzanna est levée; elle n'est pas encore habillée^ paresseuse; ses longs cheveux sont en désordre; mais que iait-elle? avec qui est-elle là? elle parle à quelqu'un^ à qui donc?... Ahl la voilà qui prend son bouquet de mariée^ qu'en veut-elle faire?... Elle tient son voile aussi^ et puis elle sort de leur écrin tous ses bijoux^ coquette... Ah! voyezvous le squelette? Elle l'assied sur une chaise^ elle n*a pas eu peur^ je le disais bien, elle rit; ah! c'est trop de courage... la voilà qui met son voile de dentelle sur la tête du squelette^ elle lui met sa couronne blanche aussi, et puis son bandeau de perles... Quelle horreui*!... Chut... elle lui met ses bracelets, son anneau, elle lui parle; oh! quels regards! Et puis elle lui baise la main; oh! mais elle est folle. Suzanna! Suzanna! elle n'entend plus son nom; Suzanna! Suzanna! Ahl mes sœurs, qu*avons-nous fait!... Suzaima ne reconnaissait plus la voix de ses jeunes amies;

&8 L£ VICOMTE DE LJIUNAY

lelk a?ait été «ûie dlane M fmde ktufmkt ai Toymt le sqaekile 4aiis soa Ut, ^'«Ue tétait devenue iëàe. J^aêmre 4b rire, dkait M. Soulié ; nms dûtt», &00S, qu'en t^cfte chose cien n'eM pkit dangenenx i|u'tiBtt épteuve, nott ^as répreuve ûnple des^véneniâiitSy.iuisuae ëprouvevoolontaire : tel qui Tésûtera^anx^aageiHi oasiluraLa kt plas inattendus «uccombera à ua péril imaginaiKe nnansé çtmr le conDoocbre, parce qu'aux dvënemeats fiorgéi ilmaafne jùeite transition insenâUequi nons psépaitt à netDeiiunv^t igai se tnouveiov^urs dans les évéfieoMQtsiifltturds, même les pks extvaordîaaices; .parce 4ue dans Je aerveillent'de la xéalité tt y a toujouiB ^uekpie ohosB de probable gui lUiiLS guide pour ^croire et peur «rakadie, tandie que, cbBuis l&fsfttasUifue précoé^^ de.l!i&îvention h«iBaiae,:il 7 a toujours au cantxai» quelque choaed^idMurde et de monstnieisc fui déroute toutes nos idées^ qui détruit toutes nosXaoultés^ qui nous Dedi perdcela saison et le oeutage. Les é^reinm du liasard, ies preuves de ia ^deuleiuv les épreuves des r黫lutions et de la fortune y'voiià les bonnes^ déftsx^iMtts des épreuws -combinées «et suuiatuvdttesj elLes sDnt Uiti^tts dangereuses» et puis elles ne prouvcut nen»

Allons^ encore une petite anecdote : « JiS frûKBBediojodkD'éUdt un bomme d'une liauie capadté; stmi^w grand ialenl était une 0(»uialMaii6e «|ipto£Diidie «de la teigoie russe; il possédait en «utie luie mémoise pffodigieu» tt une iaciUté de jrédactioa suitpfenante. (Ub Irait de hà Mon «cenBU en deiuie ia preuve. U reçut un joior de l'iopénh tisiee Gathevinel^eBdce de:séd«fer un pnojet lâSoiaae queies inombseusestaffaiies luifineni^ublier^ k.preinièrefois^11 jretouma ohea l'iBvéïaitDtee, cele^, «pràs aseir eonflSi^ avec lui sur plusieurs poiiits>d'adininisftratiiii^kn^eHuaida .son ukase, ûezberodko ne se déconcerte pM 1

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jtèùoàe; «il'Uee m papier du port€fe«H)le^ et improviseiPtin faHit à l'autre, sans hëâter mue Beeonde^ iontie projet Ae loL Catherine fat teUemest «rtiseàhe ée celte rédaction^ gu'eUe prit de papier peur y jeter le§ ^evx. ^n jti^ -de isa surprise à la vue d-nn papier tout Manc! B»zlK)redko eîllaôt SB ta^kfaére sa excuses; cSle iui imposa silence par ides cempUmeDls, et ie axmtmiÊL ie lendemain smi conscMler fartvé.» Cette anecdote est «emppimt^e au trcaslèine volume ^àeswétaakes de madame Le Bran, 'dont le scccès Ta -toujours evoissa&t.

Le grand scandale de la semaine est lapréMf«nce donnée .jpar rA€adémie à M. Mignet sor ^îotor fi«go; remarquez MùB ceci, le scandale n'esipas la ix^mination de â. !V^et, jsais hien la sprélérenee qu'os loi a •donnée sur IL Hugo. J^ous plaignons M. I^net s'il *en est flatté. M. lif^net «ans doute a du ialeat, auiis Aiiotor Huçoest un àoisme de génie, c'est £6 que i' AcadéBiie £cai^i8e4iuvait<dâ remarc^er; jnais les aeadémioîes» a^^coupent^Mm du mdrile d^n*ean- .didai, ilsfle «'înf oiètaat que des oowenanees, fd «mdidttt estexdtt.àfcause de£a.f«flUM,^doBtr]a couâtute est légère; id autre à cauae de ecn ioatacièfe^peu «venant; celui^i déj^^ celuUà ef&afe. Mais!le:ta)eiitt^ qu'importe... mais les âoccèa?... on ne les eemple:pas; messieuEsde TAcadémie tiennent à des qualités aisuabks; ou nouveau eofifrère est admis en iralson de son dsax -dvre, de sa <gaielé, de son comraeice agréable. L'Académie est u« jeuneifiUe ron^ nesqu^, qui ne xsen^e&d qoeie cboixdu ieseur* En mérite, cda fait pitiéi; ehl messieuK, âtes^uus des {canes gen de dttbs, aveas-vDue le droit de imettre une l»oale nvlm peur repousser qjl voua déplaît? £lefr^ioas de la Moiété <du Caveau nKidanie,in'4Ml8Kttea^'ous que de jof em cowmcs? Êtes- vous une seciété de gens de leltresî? J^rea-^muale éreit

de choisir par bienveillance ou par faveur? Non^ messiem*s, non certes, vous n'êtes pas libres de préférer et de haïr. Une fois dans Fenceiate académique, vous perdez votre in* dividuahté. Vous n'êtes plus ni poètes, ni historiens, ni auteurs tragiques, ni orateurs ; vous ne vous appelez plus M. Dupaty, M. Scribe, M. de Salvandy,ou M. Casimir Delavlgne. Vous êtes membres de l'Académie fiançaise, vous faites partie d*un corps révéré, d'un corps de l'État; vous êtes revêtu d'un pouvoir indépendant, indépendant de l'opi- {

nion, sans doute ; indépendant du gouvernement, sans doute ; |

mais surtout indépendant de vous-mêmes, de vos mesquines '

haines, de vos passions misérables, de vos caprices et de vos faiblesses. On ne vous donne pjint, messieurs, quinze cents francs par an et un jeton tous les jeudis pour vous réunir entre amis et causer de vos affaires avec dès gens qui vous plaisent ; on ne vous a pas donné un habit brodé de feuillages et le droit de porter une épée, pour vous faire jouir du privilège de fonder une coterie inamovible. Vous représentez une idée, messieurs, une idée grande et belle que vous ne devriez pas perdre de vue, si toutefois vous l'avez comprise. Le fauteuil académique est un fauteuil de juge, et l'impartialité est le premier devoir de la justice; l'académicien comme le juge doit oublier sa vie privée, ses rivalités, ses affections les plus chères pour ne songer qu'à la justice littéraire, à la vérité de l'art pour lui-même. Et quelle justice plus belle à rendre : la consécration du succès! Quel droit plus facile à exercer ; admettre ce qui est choisi, appeler ceux qui sont élus ! La France, messieurs, ne vous demande point de vous aimer et de vivre en bonne intelligence; elle vous demande d'honorer ce qu'elle admire et de couronner le talent qui dans l'étranger fait sa gloire. Pour l'honneur du pays, Victor Hugo a pour soutiens, dans

rAcadëmie^ Chateaubriand et Lamartine : la justice vient d'en haut, comme vous voyez. Quelqu'un disait à propos de cela : « Si l'on pesait les voix, Hugo serait nommé; malheureusement on les compte. »

Le génie de Dantan est inépuisable, voici encore un nouveau chef-d'œuvre de sa façon ; cette fois il a eu moins de mérite à attraper unÉ merveilleuse ressemblance, la victime était venue elle-même s'offrir à son ciseau. Rien d^ plus charmant que la caricature de M. le préfet de la Dordogne, faite non par lui-même, mais pour lui-même. M. Romieu, pour qu'une plaisanterie dirigée contre lui soit bonne, s'est chargé de la faire : c'est de l'adresse. Le ridicule est de tous les agresseui-s celui qui a le moins de courage : comme tous les poltrons, il n'attaque que ceux qui le craignent; il ne poursuit que les gens qu'il fait fuir. Abordez-le franchement, et il devient si timide qu'il vous tend la main, et que loin de vous nuire, il peut vous servir au besoin. M. Romieu est représenté en hanneton pour rappeler la célèbre aventure que les petits journaux lui ont attribuée : « Les malheurs d'un sous-préfet complètement dévoré, pendant un voyage en Bretagne, par un essaim de hannetons. » Quelle calomnie ! hanneton ami de l'enfance, tu voles, il est vrai, mais tu es incapable de dévorer le moindre sous-préfet! Ce n'est pas tout, le hanneton est posé sur un lampion, autre méchanceté; le lampion fait allusion à une aventure non moins célèbre qui, n'ayant jamais été fondée sur rien, s'est promptement accréditée, et cela se comprend. Une histoire véritable se raconte de cent manières, parce que le vrai lui-même a des aspects Qjèsvariés ; alors viennent les discussions, les doutes, les récits, les coniradictions ; mais pour une histoire inventée il n'existe qu'une version. Personne n'a le droit, ni la pré- I. 4

tention de la rectifier; elle arrive pure comme efle est partie, elle marche plus vite que la yérité. Aussi riilsl»ire du lampion^ qm est fausse^ est-elle à jamais consacrée. M. Romieu lui-même la nie comme fait, mais il l'aceepCe comme traditiM; et le lampion adoptîf sert de piédestal à ce buste spirituel qui 9eaMe dire à ceux qui le regardent : — lk)que2-vou8 de moi, je vous le ren^.

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