INTRODUCTION III
lel 4776, mariée en premières noces à M. Liottier, agent de change^ et en secondes noces à M. Gay, receveur général du département de la Roêr^ — petite-fille de Francesca Porelti, — >* mariée à Paris le \" juin 4851 à M. Emile de Girardin,— dccédée le 29 juin 48^,— repose au cimetière du Nord (cimetière llootmartre).
La première fois que nous vîmes Delphine Gay r c'était à cette orageuse représentation où Hernani faisait sonner son €or comme un clairon d'appel aux jeunes hordes romantiques. Quand elle entra dans sa loge et se peucha pour regarder la salle^ qui n'était pas la moins curieuse partie du spectacle, sa heaiuté,^-' bellezza folgoranle, — suspendit un instant le tumulte et lui valut une triple salve d'applaudissements ; cette manifestation n'était peut-être pas de bien bon goût, mais considérez que le parterre ne se composait que de poètes, de sculpteurs et de peintres, ivres d'enthousiasme, fous de la forme, peu soucieux des lois du monde. — La belle jeune fille portait alors cette écharpe bleue du portrait d'Hcrsent, et, le coude appuyé au rebord de la loge, en reproduisait involonfairement la pose célèbre; ses magnifiques cheveux blonds^ noués sur le sommet de la tête en une large boucle selon la mode du temps, lui formaient une couroime de reine , et vaporeusement crêpés^ estompaient d'un brouillard d'or le contour de ses joues, dont nous ne saurions mieux comparer la teinle qu'à du marbre rose.
C'étaient de vifs transports parmi cette ardente jeunesse lorsqu'elle voyait se rapprocher ces belles mains pourjipplaudir son poète favori. L'admiration était, du resle, un des besoins de cette généreuse nature , qui volontiers se faisait thuriféraire du génie. Avec quelle grâce elle maniait l'encensoir d'or, sachant y mettre toujours le parfum préféré, et ne le cassant jamais sur le nez de l'idole I Quel divin plaisir c'était d'être loué par elle! Lamartine, Victor Hugo, Balzac le savent, et d'autres qui le méritaient moins sans doute.
Pendant quatre ou cinq ans nous ne la rencontrâmes plus ; il est vrai que nous menions alors une vie sauvage et truculente, dans cette impasse du Doyenné que le nouveau Louvre