‹ Lettres parisiennesChapitre 5 sur 49 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

a fait disparaKre , vêtu d'habits impossibles^ les épaules inondées, comme par une crinière de lion, d'une chevelure plus que méroving^ienne, et passant la nuit à écrire sur les arcades de la rue de Rivoli : — Vive Victor Hugo! avec l'idée conso- ^

lante de contrarier les bourgeois matineux.

Quand nousla revîmes, elle était madame Emile de Girardin. I

Ëmilo venait de fonder la Presse, et, mal(];ré notre jeunesse et notre romantisme, — ou plutôt pour ces deux motifs, — il i

nous avait investi du département des beaux-arts. Nous débutâmes par un article sur les peintures murales de la salle du Trône, à la Chambre des députés, d'Eugène Delacroix. Un diner, qui réunissait la rédaction^ an petit hôtel de la rue Saint-Georges, situé presque en face de la maison qu'occupait !

la Presse, nous mit pour la première fois en relation avec madame Emile de Girardiu. L'amitié que Victor Hugo dai- >

gnait témoigner à son plus fanatique séide nous fît accueillir avec indulgence, malgré nos airs de rapin, dans cet élégant salon; et les rapports créés par le journal nous servirent do prétexte pour des visites rares d'abord , plus fréquentes ensuite, eî presque quotidiennes plus tard.

Nos souvenirs sont peu nombreux sur cette période; nous n'avions pas encore nos grandes* et nos petites entrées auprès de cette reine, et nous restions perdu parmi la foule des courtisans : mais à dater de la rue Laftitte, où M. E. de Girardin^ s'élant défait de l'hôtel à cour circulaire de la rue Saint- Georges, alla demeurer, nous eûmes ce bonheur d'être admis dans la familiarité de ce charmant esprit et de ce grand cœur.

Madame de Girardiu était alors dans tout l'éclat de sa beauté; ce que ses traits magnifiques avaient pu avoir de trop arrêté, de trop découpé dans le marbre pour une jeune fille, seyait admirablement à la femme et s'harmoniait avec sa taille élevée et ses proportions de statue. Le col , les épaules, les bras et ce que laissait voir de poitrine la robe de velours noir, sa parure favorite aux soirées de réception, étaient " -ne perfection que le temps ne put altérer; elle a parlé quel- i

lis dans ses poésies de jeunesse « du bonheur d'être bePe )> :

résonne pleine de son sujet; et clic dit de ses spleadides 1

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