‹ Lettres parisiennes (volume 4)Chapitre 8 sur 31 · IIS · texte numérisé non relu

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solitude? ne sera-t-elle pas interprétée de mille laçons, les plus étranges, les plus odieuses? Le faubourg Saint- Germain ressemble à tous les mondes ; il faut seulement s'étonner qu'il leur ressemble ; il aurait le droit de valoir mieux. Des gens qui n'ont rien à faire du matin au soir, qu'à se perfectionner, devraient être plus aimables ; des esprits qui ont depuis des siècles la tradition de l'élégance et du bon goût, devraient être plus distingués sans doute, mais aussi n'est-ce que la partie mondaine que vous peignez, c'est le monde extérieur que vous observez, c'est la société éventée, frelatée que vous connaissez, et ce n'est pas d'après cette coterie d'exceptions, toute d'exception, que vous pourrez juger et dépeindre le faubourg Saint- Germain. D'abord, le point de départ du livre est faux, puisque c'est une généralité que l'on veut démontrer : l'héroïne est une victime des manies paternelles; on la fait sortir du couvent pour la jeter au bras cVun mari qui serait son père. Les habitants de la province vont s'imaginer que cela est toujours ainsi, que nous avons toujours ces mêmes pères tyrans d^avant la révolution ; toujours des jeunes filles sacrifiées à de vieux barbons. Rien n'est moins exact pourtant; aujourd'hui, si les maris ont un défaut, c'est peut-être celui d'être trop jeunes; il n'y a pas dix vieux maris dans tout le faubourg Saint-Germain, et encore ceux-là ont- ils été choisis avec amour, et séduits à force de coquetteries. Nous pourrions citer vingt ménages où les deux époux sont du même âge. Les époux assortis se trouvent en foule dans ce monde-là. Le faubourg Saint- Germain est un immense colombier, c'est toute une po pulation de tourterelles. M. de Vieil -Castel accuse enfin les femmes de ce quartier d'être d'impitoyables coquet-

les, (le cruelles beautés, n'accordant que des espérances, ne rêvant qu'un demi-bonheur, ne donnant qu'un demi-amour. Un jeune imprudent s'est écrié hier, que c'était une calomnie ; et nous l'avons arrêté au moment où il allait justifier plusieurs femmes.

Les amours de ce quartier-là Valent bien, dit-on, ceux du nôtre!

Le caractère de madame de Lucheux n'est pas une création nouvelle, c'est la duchesse de Leongeais, fille de M. de Balzac ; c'est l'héroïne de cette belle histoire qui a pour titre : Ne touchez pas à la hache.

A propos, M. de Balzac nous donnera le 25 de ce mois la Femme supérieure. On dit cette femme-là pleine d'esprit.

L'auteur responsable de la préface de Barnave, M. Janin, est du voyap^e de Fontainebleau. Encore une amnistie !

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