‹ Lettres pastorales de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 10 sur 13 · IGNACE BOURGET · texte numérisé non relu

IGNACE BOURGET

Par la Grâce de Dieu et du Siége Apostolique, Évêque de Montréal, Etc., Etc., Etc.

Au Clergé Séculier et Rézulier, et à tous les Fidèles de Notre Diocèse Le] © ?

Salut et Bénédiction en N. S. J. C.

Dans notre Lettre du dix Mars dernier, Nous vous rapportions textuellement, N. "El. C. K., cette partie de l’admiraule Allocution de N. S. P. le Pape qui regarde l’ineréluliié de notre siècle; et Nous vous en donnions Pexplication, pour vous faire mieux connaître le danger des mauvais livres et des mauvais journaux, qui sont aujourd’hui, comme le chaire de pestilence, du haut de laquelle limpiété du jour fait entendre cette voix séduisante, qui fait frémir les nations, contre Dieu et son Christ, Mais Nous ne pouvions alors que poser les vrais principes ; et Nous nous réservions d'en tirer plus tard les conséquences pratiques.

C'est ce que Nous commençâmes à faire, Gans notre Pastorale du trente Avril suivant, dans laqueile Nous vous donnämes toutes Îics règles que vous avez à suivre, pour ne pas vous tromper dans le choix de vos livres, en en achetant de dangereux, que la Religion vous forcerait de jeter au feu.

Nous allons continuer aujourd'hui cette pénible tâche, en vous traçant d'autres règles, pour connaitre sûrement quels sont les mauvais journaux, dont la lecture vous serait très-certainement prejudiciable ; et que, pour cette raison, vous devez vous interdire en conscience,

Mais, avant de signaler ainsi à votre plus sérieuse attention les mauvais journaux. Nous devons vous faire observer, N. ©. C. F,, que si aujourd'hui Nous élevons de nouveau la voix, ce est que pour accomplir cet ordre du Seigneur: F'us de l'homme, je vous ai établi sentineile, sur la maison d'Israëi... Si, lorsque je dirai à l'impie : vous mourrez ; vous ne le lui

dites pas....cel impie mourra dans son iniquité ; mais je vous demanderai compte de son sang (Ezch. 3, 18): d'cù il vous est facile de conclure combien serait terrible le compte qu'il Nous faudrait rendre au juste Juge, si Nous gardions un lâche silence, en voyant le mauvais journalisme se répandre d’une manière si alarmante.

Car Nous mériterions, à coup sûr, ce sévère reproche, que fit Notre Seigneur, par la bouche de St. Jean, à cet Evéque de lApocalypse, dont cependant il loue si hautement la foi: Vous soufrez ceux qui tiennent la doctrine du faux Prophèle Balaan, qui euscignait à Balae comment il devait S'y prendie pour séduire et corrompre les enfunts d'Israëi. Faites pênilence, ajoute Notre-Seigreur.-. Autrement, je viendrai bientôt, et je combattrai contre eux, avec le glaive de ma bouche, (Apost. 2, 14, 16).

Or, pour ne jamais l’encourir ce reproche, et aussi pour relever notre courage, dans laccomplissement d’un devoir aussi rigoureux, Nous avons sous les yeux ces énergiques paroles, qu'adreseait à tous les Evèques du monde l’auguste Pontife Grégoire XVI, le 15 Août 1832 :

C’est avec le cœur percé d'une profonde tristesse, leur disait-il avec une vigueur tout apostolique, que Nous venons à vous. que Nous savons fort inquiets des dangers du temps où nous vivons. Nous vous pardons...de ce dont nous gémissons ensemble. C’est le triomphe d'une méchanceté sans retenue, d'une scierce sans pudeur, d'une licence sans bornes. Les choses saintes sont méprisées.__ La saine doctrine se corrompt, et les erreurs de toul genre se propagent audacieusement. {l est de notre devoir d'élever la voix, et de tout tenter, pour que le sanglier, sorti de la forêt, ne ravage pas la vigne, et pour que les loups n’immolent pas le troupeau.

Considérant maintenant, N.'T, C. F., tout mauvais journal, comme un sanglier dans la vizne du Seigneur, ou comme un loup dans la bergerie du Bon Pasteur, Nous faisons ce que fout les bons pères de famille qui, s’apercevant qu'il y a dans les forêts ou les champs du voisinage quelque bête féroce, ne cessent de répéter à leurs tendres enfants qu'ils doivent bien se garder d'en approcher. Pour cela ils la leur dépeisnent si au naturel, que ces enfants la peuvent reconnaître de loin, et échapper par une prompte fuite à ses dents carnassières Ainsi, comme vousle voyez, N. 4, C.F,, Nous avons à vous tracer iei les caractères du mauvais journal.

Le mauvais journal est celui qui est contraire à la Religion, dans sa foi ou dans sa morale. S'il attaque la divinité de ln Religion, c’est un journal irréligieux. S'il combat les vérités révélées de Dieu, et définies par PEglise, c'est un Journal hérétique. S'il publie des choses impures, C’est un journal immoral, S'il se moque des choses saintes. ou des personnes consacrées à Dieu, c'est uu journal impie. il se prétend libre, dans ses opinions religieuses et politiques, c’est un journal libéral.

À ces couleurs aussi hideuses que saillantes, et à ces traits caractéristiques, vous reconnaîtrez facilement, N. T. C. F., le mauvais journal ; le journal à mauvais principes, le journal enfin qui, en professant de damnables doctrines, répand le poison mortel de ses erreurs. Aussi, fait-il plus de mal

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