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it en effet, quel hormone, en son bon sens, nous dit à ce sujet le Pape Grégoire XVI, «ans l'immortelle Lettre que Nous venons de citer, dira
quil faut laisser se répandre librement des poisons, les vendre, el transporter publiquement, les boire même, parce qu'il y « un remède tel que ceux qui en usent, parviennent uclquefois à échapper à la mort.
Iien donc, N. 'T, CO. F, ne doit aujourd’hui vous intéresser autant que la question des mauvais journaux, parce que c’est une question de vie et de mort, pour la société en général comme pour les individus en particulier, Vous ne serez donc pas étonnés si Nous insistons si fortement là-dessus ; et si vos Pasteurs, en vous expliquant cette Lettre. s’attachent tout spécialement à vous les faire connaître si bien, que vous ne puissiez pus être surpris par ceux qui voudraient encore abuser de votre bonne foi, pour vous faire lire quelqu'un des mauvais journaux, qui sont en circulation, soit qu’ils viennent de étranger, soit qu'ils se publient dans ce pays. Or, tels sont, encore une fois, les traits auxquels vous les reconnaitrez.
Le Journal irréligieux combat lexistence de Dicu on ‘de sa divine Religion. {l ne reconnaît tout au plus, dans son adorable fondateur, qu'un grand homme, qu'il a la témérité de comparer à ces homimes trop fameux qui, par leur criminelle ambition, ont fait le malheur du genre humain ; mais il le blasphème, en niant sa divinité. Il rejetie les Saintes Ecritures comme des fables puériles. Il tourne en ridicule les vérités révélées de Dieu, pour éclairer l’homme et le rendre meilleur. Ainsi, il se moquera de ce que Notre Seisneur nous enseigne du petit nombre des élus. I[l traitera de /arces les jeûnes et les prières qui se font pour apaiser la colère du ciel, dans les temps de calamités. Il se déchaînera contre l’enseignement de la religion dans les écoles, comme si c'était un temps perdu. TI} ouvrira ses colonnes aux correspondances les plus impies et tes plus schismatiques. IL ne cessera enfin de souffler, dans le cœur des peuples, la révolte contre V'Eglise et ses Pasteurs.
À ces traits ct autres semblables, vous reconnaitrez aisément, N. TE. C. F,, tout journal qui serait ennemi de la Religion ; et loin de l’encourager en aucune manière, vous en aurez une telle horreur, que vous le bannirez pour toujours de vos maisons.
Le Journal hérétique est celti qui, en toute occasion, attaque la Ste. Eglise Catholique, Apostolique et Romaine , qui lui attribue calomnieusement des erreurs, qu’elle est la première à condamner ; qui se moque à tout propos de ses pratiques les plus saintes ; qui se fait nn plaisir malin de décricr la confession sacramentelle et la Ste. Communion ; qui traite de superstition les honneurs rendus aux Saints, à leurs vénérables reliques, et à leurs saintes images ; qui s’emporte avec une fureur vraiment diabolique, contre la glorieuse Mère de Dieu, dont il attaque, avec impudence. la Conception Immaculée, et la sainte virginité, cherchant, hélas ! à la faire passer pour une femme ordinaire ; qui, enfin, voudrait, dans son aveugle frénésie, renverser l'édifice de l'Eglise Catholique, qui repose sur un rocher inébranlable, savoir, sur le Bienheureux Pierre et sur les Pontifes Romains qui
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lui ont succédé, et dont l’infaillible autorité a toujours préservé et préservera toujours l'Eglise. des détestables erreurs qui inondent le monde.
Maintenant, vous n'aurez nulle peine, N. T. C. F., à reconnaître les journaux entachés de schisme et d’hérésie. Or, cela vous suffira pour cesser dès l'instant de les encourager. Car, aimant la Ste. Eglise comme de bons enfants aiment la meilleure des mères, vous ne pourrez souffrir dans vos maisons, et au sein même de votre famille, les horribles calomnies dont Vaccablent ces détestahles journaux.
Le Journal immoral est celui qui blesse la pudeur et les bonnes mœurs par ses feuilletons impurs, ses histoires d’amours, ses chansons lubriques, ses poésies lascives, ses romans impudiques, ses pièces théâtrales, enfin par tout ce qui enflamme lés passions, Ôôte l’horreur du vice, inspire. du dégoût pour la vertu, fait admirer des hommes qui ont été l’opprobre du genre humain, par leurs crimes monstrueux, qui sont préconisés comme de grandes vertus.
Ces détestables productions ressemblent à ces corps pourris et tellement gâtés, que personne n'ose en approcher, tant est insupportable l’odeur infecte qui s’en exhale. Tel est le journal immoral, qu'aucune raison n’autorise à lire, parce qu'il est essentiellement mauvais. Aussi, vous ferez-vous, N.T. C.F,,un devoir stricte et indispensable de ne jamais lui donner entrée dans vos salons.
Le Journal impie est celui qui, tout en affectant de respecter la religion, pour ohtenir de la popularité, la combat cependant et l’insulte, quand elle s'oppose à ses projets, qui sont de faire triompher certaines doctrines que condamne l’Eglise, qui est chargée de la Divine mission de maintenir l'ordre et la paix dans le monde.
Pour arriver à ses fins, il commence par travailler à ruiner l'autorité du Clergé ; et pour cela il fait circuler toutes sortes de préjugés et d’histoires scandaleuses sur le compte des Ministres de Dieu. Par cette tactique insidieuse, il prétend, en frappant les Pasteurs, disperser les brebis, c'est-à-dire, les faire flotter à tout vent de doctrine, en les faisant sortir
des gras pâturages de l'Eglise. Percute pastorem, et dispergentur oves
(Zach. 158. 7).
En effet, si le journal qui veut séduire les peuples, commençait par des blasphêmes horribles coatre Dieu, contre la Religion et contre les choses saintes, tout le monde, dans un pays religieux comme celui-ci, en aurait horreur ; et il est évident que personne ne voudrait le lire. Que fera-t-il donc pour £e frayer la route et arriver à son but? Il travaillera à ruiner linfluence des Pasteurs qui, étant les dépositaires de la loi de Dieu et de son autorité sur les peuples, ne peuvent manquer de lui opposer une invincible résistance.
Que fera-t-il pour cela ? Il tâchera, par des attaques directes ou indirectes, contre leur vie privée ou publique, de les faire tomber dans le mépris. Il recucillera, avec soin, et débitera avec complaisance, toutes les histoires vraies ou fausses, qui pourraient leur faire perdre l'estime des peuples. Enfin, pour tout dire en un mot, il travaillera à faire croire qu'ils sont, par ‘leur vie, indignes du saint ministère qu'ils exercent.
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Nous allons, N. T. C. F., vous mettre en garde contre toutes les insinuations malignes et mensongères, que l’on ne cesse de faire contre le Cler+ gé, dans ces temps mauvais, en établissant seulement les principes. de foi, sur lesquels repose le ministère pastoral. Car, vous comprenez qu'il ne Nous convient pas de Nous arrèter à des personnalités injurieuses, que Nous aimons à souffrir pour l'amour de la Ste. Eglise, mais que Nous rougirions de relever ici.
Prètez, N.T. ©. F., une aitention favorable à tout ce que Nous allons vous dire sur le caractère sacré et inviolable de vos Pasteu:s Car il y va de vos plus chers intérêts ; puisque, sans. aucun doute, vous irez droit au Ciel, si vous écoutez et respectez vos Pasteurs, quand même ils s’oublieraient, dans l’accomplissement de leurs devoirs ; et que, d'un autre côté, vous vous perdriez infailliblement, si vous veniez à les mépriser et à négliger de faire ce qu’ils vous commanderaient, quand même ils seraient les plus saints des hommes. Et en effet, c’est surtout de ceux qui sont assis sur la chaire évangélique, qu'il faut dire ce que Notre Seigneur disait des scribes et autres qui occupaient ia Chaire de Moyse : Faites ce qu'ils vous disent ; et ai leur vie ne s’accorle pas avec leurs paroles, ne les méprisez pas pour cela ; mais seulement ne fai!es pas ce qu'ils font. Quæcumque direrint sara servale et facile, secundum opera vero eorum nolite facere (Matth. 23, 3).
Voici donc, N.T. C. F., le principe invariable, que vous devez toujours invoquer, quand on cherche à vous faire perdre l'estime et le respect que vous devez à vos Pasteure, savoir: Que ce sont des honunes, qui vous re-
présentent Dieu, dans les fonctions de leur divin ministère. Ego dixi :
Di estis et filii excelso omnes. (Ps. 81, 6.) Or, avec ce caractère tout divin, et qui est ineffaçable, ils doivent toujours être l’objet de la vénération des peuples.
Car, ne l’oubliez jamais, N. T. C. F., ce n’est pas à des Anges impeccables, mais à des hommes fragiles, que Dieu a confié le soin de vos âmes. Eten cela, comme dans tout le reste, il est souverainement adorable et aimable ; adorable, parce que, par des moyens qui prouvent sa puissance infinie, sa divine Religion se conserve, appuyée sur des bases si fragiles : aimable, parce qu’en donnant des pécheurs pour guides à d’autres pécheurs, il fait éclater son ineffable miséricorde. C’est ce que reconnait l’Apôtre St. Paul par ces paroles mémorables : Je rends grces...... à Jésus-Christ Notre Seigneur, parce qu'il m'a jugé fidèle, en me plaçant dans le ministère, moi qui, auparavant, ai été un blasphémateur el un persécuteur...... C'est une chose qui mérite d’étre crue de lout le monde, savoir, que Jésus-Christ est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le plus grand. Mais j'ai obtenu miséricorde pour que Jésus-Christ montrét d'abord en moi toute sa patience, pour l'instruction de ceux qui devai:nt croire en lui, afin d'arriver à la vie éternelle (1 Tim., 1, 12 et suiv.).
Mais comment Jésus-Christ a-t-il pu rendre vénérables, aux yeux de tous les peuples, ces hommes faibles et pécheurs, qu’il choïsissait pour les conduire dans les voies du salut éternel? Ca été d’en faire ses
Ambassadeurs, en leur donnant des lettres de créances les plus amples, pour qu’ils pussent, dans tous les siècles et dans tous les lieux, se présenter comme les ministres du Roi des Rois. Pro Christo ergo legatione Jfungimur (2 Cor. 5, 20.) Ça été de s’identifier avec eux d’une manière si intime, que celui qui les reçoit, le reçoit lui-même ; et pour cela il leur donne à remplir cette même mission, qu’il a reçue de son Père : Sicut misit me Pater et ego mitto vos (Joan. 20, 21.) Eten eflet, ils ne font si bien avec lui qu’une même personne, qu’à la messe, ils disent, en consacrant l’Eucharistie : Ceci est mon Corps; ceci ess mon Sang. Ça été de donner à leur parole toute l'autorité qu’a la sienne, puisqu'il leur dit: Qui vous écoute m'écoute : Qui vos audit me audit (Luc. 10, 16.). Enfin ça été d'en faire d'autres lui-méme, au point que celui qui les méprise, le méprise lui-même : Qui vos spernil me spernit (Luc 10, 16.).
Comme c’est toujours J.-C. qui opère et agit par ses ministres, 1l s’en suit, N. T. C. F., que quelles que soient les dispositions intérieures ou extérieures de ceux-ci, ils ne manquent jamais d’effacer le péché originel dans le baptème, de consacrer la divine Eucharistie, à la messe,
e pardonner les péchés des personnes bien disposées, dans le sacrement de Pénitence, d'enseigner le chemin du Ciel, dans la chaire de vérité !
Mais venons-en à des faits incontestables qui vont comme vous faire toucher du doigt les principes qui viennent d’être posés.
Jésus-Christ avait appelé Judas à l’Apostolat. Ce Disciple fut infidèle à la grâce de sa vocation, après avoir opéré, comme les autres Apôtres de grands prodiges. Il devint le persécuteur du bon Maître, qui Pavait comblé de tant de bienfaits ; et ne se contentant pas de censurer sa conduite toute divine, il le vendit à ses ennemis, et s’engagea à le leur livrer. Cet acte d’apostasie a mérité à Judas l’horreur de tous les siècles, depuis que, dans son désespoir, il s’est lui-même pendu à un arbre. Mais de son vivant Notre Seigneur, qui voulait donner au monde entier l’exemple du respect qu’il faut toujours porter à ses Ministres, n’a cessé de le traiter avec autant d’honneur que les autres Apôtres. Il lui a lavé les pieds dans le Cénacle; il la ordonné Prêtre ; il l’a communié de sa divine main; il a parlé de lui avec une réserve qui étonne ; enfin il Jui a donné le baiser de paix dans le Jardin des Oliviers, en l'appelant encore son ami. Après un tel exemple, qui pourra encore se croire permis de mépriser les Pasteurs sous prétexte qu’ils oublient leur caractère sacré.
St. Pierre avait été établi chef des Apôtres, Prince de PEglise, Vicaire de Jésus-Christ, qui avait prié pour que sa foi fût inébranlable, afin qu’il pût confirmer ses frères. Il tombe néanmoins dans une faute énorme, jusqu’à renier son aimable Maître, avec d’horribles imprécations. Mais parce qu'il pleure son péché, il est non seulement rétabli en grâces, mais encore maintenu dans tous ses glorieux priviléges; et c’est sur cet Apôtre, pécheur repeniant, qu'a été bâtie et que repose l'Eglise du Dieu trois fois saint. Toujours, de son vivant, les fidèles le vénérèrent comme un autre Jésus-Christ ; et depuis sa bienheureuse mort, ils cou-
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rent en foule à Rome, pour honorer ses cendres et baiser ses chaînes, Les autres Apôtres, au sortir même du Cénacle, où ils venaient d’être ordonnés Prêtres, ont l’insigne faiblesse de prendre la fuite, et de laisser ainsi leur bon Maître seul, entre les mains de ses ennemis. Mais comme ils réparèront, par une amère douleur, cet acte de faiblesse, qui devait pourtant paraître impardonnable, ils furent jugés dignes par Jésus-Christ, qui les avait appelés à ce sublime ministère, de continuer de faire leurs saintes fonctions d’Apôtres.
D’autres faits mémorables, consignés dans l’histoire ecclésiastique, viennent nous confirmer dans cette conviction intime que Dieu n continué dans tous les siècles, à prouver la divinité de sa religion, en en confiant la garde à des hommes faibles et pécheurs. Ainsi, voyons-nous St. Marcellin, Pape, tomber durant la cruelle persécution de Dioclétien ; et lui qui avait si souvent offert à Dieu l’auguste sacrifice de nos Autels, en vint jusqu’à offrir de l’encens aux idoles, Mais bientôt pénétré de douleur, il fait rassembler beaucoup d’Evêques, dans la ville de Mopsueste. Là, couvert d’un cilice et fondant en larmes, il fait publiquement Paveu de son énorme crime. Quelle conduite tinrent alors les Evêques envers ce premier des Pasteurs, qui venait de donner un si grand scandale à toute l'Eglise ? Ecoutez, N. T. C. F., elle est digne de toute votre attention, parce qu’elle vous prouve que jamais il n’est permis de mépriser les personnes consacrées à Dieu, pour exercer le saint ministère. Tous ceux qui formaient l’assemblée, pénétrés de respect pour la sublime dignité dont était revêtu celui qui s’humiliait ainsi, en leur présence, s'écrièrent d’une voix unanime : Ce n’est pas à nous, mais à vous-méme à vous juger ; car le premier siége ne saurait étre jugé par personne. Ce fut la même faiblesse qui fit tomber Pierre dans le péché ; et ce fut avec de semblables larmes qu’il obtint son pardon. St. Marcelin s’empresse de revenir à Rome : il se présente à l’empereur, il lui reproche sa cruauté qui l’avait fait tomber dans un aussi grand péché ; et sur le champ ce cruel persécuteur fait trancher la tête au St. Pontife, qui, en lavant sa faute dans son sang, mérita la palme du martyre.
Les premiers chrétiens qui avaient sous les yeux tous ces principes et ces exemples du Divin Fondateur de l'Eglise étaient pénétrés d’une religieuse vénération pour leurs Pasteurs, dont toutefois ils n’ignoraient pas les fautes et les erreurs, De ce que Judas avait été traître, et était mort dans son impénitence, ils n’en concluaient pas que tous les autres Apôtres étaient indignes de confiance. Loin de là on les voyait accourir à St. Pierre, de toutes les parties de la Judée, avec leurs malades, afin qu’il les guérit, seulement en les couvrant de son ombre, Ils étaient tous reçus, comme des Anges, par les peu;les qu’ils visitaient, comme latteste de lui-même St. Paul, qui, pourtant, confessait à la face de toute PEglise, qu’il était le plus grand des pécheurs, et indigne d’être au rang des Apôtres.
Ce respect religieux des peuples chrétiens pour les Pasteurs, s’est communiqué aux gra Îs du monde. Aussi, voyons-nous dans le qua-