‹ Lettres pastorales de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 5 sur 13 · PRE RENÉE · texte numérisé non relu

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lo. Ne lisez aucun livre dont la doctrine et la morale ne soient pas approuvées par l'Eglise. Au besoin, consultez là-dessus vos Pasteurs. Car le choix des bons livres est pour vous tous une chose sérieuse et difficile à faire.

2c. Ne recevez pas ces livres, que l’on colporte comme des marchandises, dans les villes et les campagnes, quand même l’on voudrait vous faire croire que c’est la Ste. Ecriture, à moins que ces livres ne portent l’approbation des Supérieurs Ecclésiastiques.

30. Si vous faites partie de quelque Institut Littéraire, regardez-vous comme strictement obligés de ne pas permettre qu’il s’y introduise des livres contraires à la foi et aux mœurs.

40. Que si déjà de mauvais ouvrages se trouvent dans la bibliothèque de tel Institut, vous devez en conscience faire tous vos efforts pour les faire disparaître, en usant par exemple de tonte votre influence et en vous unissant à tous ceux qui tiendraient comme vous aux bons principes, pour que ces mauvais livres soient jetés au feu.

So. S’il vous était impossible, par ces moyens ou autres, de faire purger de telles bibliothèques de tous les livres impies ou obcènes qui s’y trouveraient, il ne vous resterait plus d’autre parti à prendre que de vous retirer, en protestant énergiquement et publiquement que vous ne faites plus partie d’une pareille Institution, afin que l’on ne puisse plus se servir de vos noms, pour y faire entrer de bons chrétiens, qui sans doute ne verraient pas de mal à se trouver en société avec des personnes d’un caractère si honorable, .

* 60. Ne souscrivez à aucun journal capable, par ses doctrines antireligieuses, ses romans passionnés et ses feuilletons immoraux, de gâter Pesprit et le cœur de vos enfants. Ne recevez pas non plus les journaux qui prennent à tâche d’avilir les ministres de la Religion. Vous n’encourageriez certainement pas une gazette qui tournerait en ridicule vos pères et vos mères, et verserait, en toute occasion, le blâme et le mépris sur vos familles. Faites de même à l’égard de vos Pasteurs, qui sont les pères de vos âmes ; et regardez comme faits à vous-mêmes les outrages dont les accablent les ennemis de la Religion. Considérez souvent comme ces Pasteurs, en exerçant leur saint ministère, se donnent de peine pour vous faire respecter par vos enfants. En retour, ne devez-vous pas employer toute votre autorité paternelle pour les faire honcrer dans vos familles? 11 y va d’ailleurs de vos plus chers intérêts et de votre bonheur. Car il est évident que si vos enfants devenaient assez impies pour mépriser J.-C. dans la personne de ses ministres, vous n’'auriez à attendre d’eux aucune consolation; et ils finiraient certainement par faire déshon-

neur à vos familles. Ainsi regardez un mauvais journal, comme ce serpent qui entra dans le Paradis Terrestre pour séduire, par ses mensonges, nos premiers parents. Ce que vous feriez, si un de ces serpents dangereux, que Dieu a maudits, et que l’homme a en exécration, pénétrait dans vos salons et se glissait jusque dans les lits de vos enfants, faites-le à l'égard de tout journal qui, chaque semaine, viendrait plusieurs fois répandre son venin empoisonné, et aflaiblir de jour en jour vos bons principes. Concluez que si vous faites partie de quelque association, formée pour encourager de semblables journaux, vous devez vous en retirer ; car autrement vous répondriez de tous les maux qui s’en suivraient.

‘o. Fermez l'oreille à tous les discours, que vous tiendraient les hommes à mauvais principes, qui ne sont jamais plus dangereux que lorsqu'ils aflectent un grand respect pour la Religion de leurs pères, afin de se faire mieux Ccouter quand ils attaqueront cette sainte religion, dans ses dogmes, sa morale, et surtout dans sa divine autorité. (Car, Nous devons vous le dire, N. T. C. F., Nous touchons à ces temps de désolation, prédits par Notre-Seigneur, dans lesquels il s'élèvera des faux Christs et des faux Prophètes, dont les discours seront si séduisants, qu'ils induiraient en erreur même les élus, #il était possible. Or, voici la règle de conduite que nous donne à tous ce bon Maître: n'allez pas les entendre : nolite exire : ne les croyez pas : nolile credere (Math. 24, 25, 26.).

Mais à quelles marques pouvez-vous reconnaître ces hommes séducteurs? les voici en deux mots; ce sont ceux qui vous disent de ne pas écouter l’Eglise ; ou ce qui revient au même, de ne pas écouter les Pasteurs, qui vous parlent au nom de l'Eglise. Car, chaque fois qu'il s’agit de l’enseignement religieux, l'Eglise c’est le ministère pastoral. Aussi, Notre-Seigneur J.-C. a-t-il dit en termes exprès, en s'adressant à ses Apôties et à leurs légitimes successeurs : Celui qui vous écoute m’écoute. Qui vos audit, me audit (Luc. 10, 16.).

Ainsi, qu’il s'élève parmi vous qnelqu’un qui cherche à vous imposer des opinions contraires à vos croyances religieuses chacun de vous a un moyen fort simple de ne pas se laisser séduire ; c’est de se dire en lui-même : cet homme me tient un langage tout contraire à celui que m'ont toujours tenu, et que me tiennent encore mes Pasteurs, je ne puis le croire, Car en supposant que mon Pasteur se trompe, l’Evêque est là pour le ramener à son devoir; et si l’'Evêque lui-même venait à tomber, il y a autour de lui lArchevêque et les Evêques de la Province, qui, en supposant qu’ils ne pussent le ramener dans le sentier de la vérité, ne manqueraient pas de le dénoncer à N.S$. P. le Pape, qui très-certainement le condamnerait à des peines très graves et déjà port‘es dans les Sts, Canons, s’il avait le malheur d'enseigner à son peuple une mauvaise doctrine. |

Vous voyez, N.T. C. F., comme cette règle est simple et sûre en même temps, puisqu’en la suivant vous êtes sûrs de toujours écouter Eglise. Vous en avez une preuve frappante dans cette Lettre même,

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