‹ Lettres pastorales de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 6 sur 13 · MES UE · texte numérisé non relu

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.que Nous vous adressons. Car nous ne faisons pas autre chose que ds

vous rapporter fidèlement les paroles que nous avons entendues sortir ‘le la bouche du Vicaire de J.-C. et que près de deux cents Cardinaux, Patriarches, Archevêques et Evêques ont entendues comme Nous. Tous, Nous pouvons vous le certifier, ont écouté ces paroles de vie avec une religieuse vénération. Cet exemple à jamais mémorable doit vous sufüre, pour vous affermir dans ce sentiment de foi, que vous avez sucé avec le lait, savoir qu’en écoutant votre Pasteur, c’est J.-C. que vous écoutez.

Nous vous répétons donc les paroles de Notre-Seigneur : n’allez pas écouter ceux qui vous parlent hors du sein de l'Egiise: Nolite exire. Faites bien attention, en particulier aux Lectures, qui peuvent se faire, dans les instituts littéraires. Si elles ont pour but de vous porter à mépriser l’Eglise, ou si elles sont contraires aux saintes vérités, révélées de Dieu, dans les divines Ecritures, non seulement vous ne devez pas les croire, mais même il ne vous est pas permis d’aller les écouter: Nolite exire nolite credere. Ce scrait encore une raison de plus pour vous de renoncer à un tel Institut, qui serait une chaire de pestilence pour tout un pays.

Pour mieux connaître ces hommes séducteurs, écoutons l’Apôtre St. Jude, qui nous en fait un portrait frappant, en nous assurant que ce sont des hommes, qui ne cherchent qu’à se satisfaire eux-mêmes, tout en se vantant de ne chercher que les intérêts des peuples : semelipsos pascenles ; qu’ils sont des nuages sans eau, que le vent emporte avec rapidité, parce qu’ils n’ont aucuns principes fixes: Nubes sine aqua, que «@ ventis circumferuntur ; que ce sont des arbres d’automne, qui ne portent aucun fruit ; qu’iis sont doublement morts, et qu’ils sont entièrement déracinés : Arbores autumnales, infructuose, bis mortue, eradicatæ ; qu’ils ressemblent aux flots d’une mer en fureur, qui ne viennent se briser sur le rivage que pour y laisser l’écume du désordre et de la confusion: Fluctus Jeri maris, despumantes suas confusiones ; que ce sont des astres errants, qui n’ont à attendre pour toujours qu’une tempête horrible, au milieu des ténèbres les plus épaisses : Sidera errantia, quibus procella tenebraram servata est in æternum (St. Jude. 12, 13.)

Que le Père des miséricordes de qui vient tout don parfait vous préserve du malheur d’être jamais séduits par ces hommes sans principes religieux ! Oh! prenez garde, N. T. C. F., de vous laisser aller à une vaine curiosité, qui porte quelques fois les gens de bien à aller écouter ces nouveautés profanes. Car vous pourriez bien être les victimes de la présomption, qui vous ferait croire que vous n’avez rien à craindre pour votre foi.

Tels sont, N. T. C. F., les nombreux et terribles ennemis contre lesquels N. S. P. le Pape nous recommande de déployer toutes nos forces. Ad eadem (errorum monstra) debellanda vires exeralis vestras. (Allocution du 9 décembre 1854.) Mais espérons-le de la toute puissante bonté de notre Dieu, notre foi sortira victorieuse de tous les com-

bats, qui lui seront livrés dans ce monde, qui, pour nous, n’est qu’un vaste champ de bataille ; et notre chère patrie sera à jamais, par notre inviolable attachement à notre sainte Religion, une terre de foi, qui coulera toujours le lait et le miel de la plus tendre piété. Haæc est victoria,

vincit mundum, fides nostra (1 Joan. 5, 4.).

C’est là le vœu ardent, que tous les jours notre cœur dépose au pied des saints Autels, en demandant, avec les Apôtres, que notre foi, qui est celle que nous avons sucée au sein de notre bonne mère, la Ste. Eglise Romaine, et que nous ont léguée nos pères, qui étaient si religieux, se conserve pure et inviolable ; et que même elle augmente de jour en jour. Dixerunt Apostoli : Domine, adauge nobis fidem (Luc. 17, 4.).

Ne cessez de demander la même grâce, N. T. C. F., et demandezla avec ferveur et instance : car vous comprenez que la foi est le don surnaturel le plus précieux et le plus nécessaire, puisque sans elle il est impossible de plaire à Dieu (Heb. 11, 6.) Demuandez-la donc, pour vos paroissiens, Pasteurs des âmes, afin de pouvoir offrir chaque. jour à la divine Majesté, des Paroisses de foi. Demandez-la, ou vos enfants et vos employés, vous bons pères et bonnes mères, afin de pouvoir lui présenter jour et nuit des familles de foi. Demandez-la, pour le monde tout entier, vous âmes saintes, qui avez renoncé au siècle, pour avoir le bonheur de vivre dans des maisons de foi. N'oubliez pas, dans ces retraites paisibles, que vos parents et vos proches, que votre pays et votre patrie sont exposés au grand danger de perdre la foi. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque Notre-Seigneur nous a dit, en termes formels, que quand il reviendra sur la terre pour la juger, à la fin des siècles, il n’y aura presque plus de foi. Filius hominis veniens, putas, inveniet fidem in terra! (Luc. 18, 8.).

Ce qui nous fait néanmoins espérer que notre Canada conservera toujours la foi, c’est que nous accomplissons tous, selon notre état, les désirs de notre Père commun, qui nous exhorte à nous unir intimement, pour travailler à gagner à la Religion Catholique de nouveaux partisans qui, dans la sincérité de la foi, honorent et servent le Dieu de justice et de vérité. Communicamus labores et curas in ei (Religioni Catholicæ) novis adjungendis sectatoribus, qui justitiæ et veritatis Deum, in sinceritate fidei colant et venerentur. (Même allocution.)

Ainsi, N.T. C. F., ces dignes Evêques et ces zélés Missionnaires qui nous ont quittés, pour aller annoncer la bonne nouvelle de l'Evangile aux pauvres sauvages ; ces fervents Religieux et ces bonnes Sœurs qui ont fait un adieu, peut-être éternel, à tout ce qu’ils avaient de plus cher sur la terre, afin de n’avoir plus à s'occuper que de la grande et belie œuvre de la Propagation de la Foi, doivent être comme nos ancres d’espérance. Car Dieu ne peut manquer d’exaucer les vœux ardents, qu’ils forment tous, pour que leur chère Patrie ne devienne jamais une terre d’infidèles et de mécréants.

Oh! Enfants de la foi que nous sommes, n'oublions pas que nous avons tous les plus puissantes raisons d'encourager ces missions lointaines, que la

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Divine Providence a daigné confier au zèle de nos Missionnaires. Aussi, avec quel intérêt, quel plaisir nous devons lire les touchantes relations, qui nous font connaître leurs œuvres Apostoliques, leurs dangers sur terre et sur mer, leurs pénibles travaux, leurs pressants besoins ! comme nous devons être touchés des durs sacrifices que font ces jeunes personnes qui consacrent à la gloire de Dieu et au salut des âmes, leur jeunesse, leur beauté, leurs espérances, lenr vie enfin toute entière! Car, aux sympathies de la foi qui sont déjà si vives, se joignent encore celles de la nature; puisque c’est lo même sang qui coule dans leurs veines et dans les nôtres.

Il est impossible, N. T. C. F., qu'à la vue de pareils sacrifices pour la Propagation de la Foi, nous ne nous sentions pas tout embrâsés de zèle pour la gloire de notre Ste. Religion. En voyant en effet nos proches, nos parents, n08 amis dl’enfance se consacrer à une vie si pénible, pour l’exaltation de la Sainte Eglise, nous ferons, de bon cœur, le sacrifice de certaines promenades inutiles, de certains plaisirs frivoles, de certaines dépenses superflues. Moyennant ces sacrifices, il nous sera facile de former autant de sections qu’il y à de familles dans une paroisse. Car les plus petits enfants peuvent y appartenir, si les parents le veulent, en disant pour eux les prières, et en faisant la petite aumône requise. Après tout, que peut être. pour toute une famille, quatre ou cinq piastres d’épargnes pour contribuer à une si grande œuvre ? O pères et mères, que de bénédictions néanmoins vous attireriez sur vos chers enfants, moyennant ce léger sacrifice !

Ï1 s'ouvre maintenant, N. T. C. F., un nouveau champ à votre zèle ; et nous sommes heureux de pouvoir vous l’annoncer en terminant cette lettre. Car nous avons l’intime confiance qu’en faisant la sainte œuvre que Nous vous recommandons, vous mériterez ces grâces spéciales, qui vous sont nécessaires pour bien sentir et goûter les avis que Nous venons de vous donner, et pour les mettre de suite en pratique.

Notre bien aimé Frère, le digne Evêque de Vancouver, est sur le point de retourner dans sa mission lointaine, avec deux prêtres du Diocèse, trois frères de St. Viateur, et quatre sœurs de Ste. Anne, qui se dévouent, pour toute leur vie, au salut des âmes, dans ce vaste pays, qui aujourd’hui n’est guère habité que par des sauvages qui sont encore ensevelis dans les ombres de la mort, mais dont pourtant ceriaines tribus demandent avec instance des missionnaires, qui leur enseignent à prier le grand Maître.

Cet Evêque vraiment missionnaire a bien voulu se charger de prècher la Propagation de la Foi dans nos paroisses; et ça n’a pas été sans un grand succès. Il en devait être ainsi, N. T. C. F., car d’abord Dieu se plait à répandre d’abondantes bénédictions sur toutes les paroles de ces hommes Apostoliques, qui arrosent de leurs sueurs le champ du père de famille ; et ensuite parce que vos cœurs de foi s’embrâsent tout naturellement au récit seul des conquêtes que fait l'Evangile, surtout dans les pays que vous avez peut-être parcourus vous-mêmes autrefois, ou dans lesquels vous savez que vivent quelques-uns de vos parents et beaucoup de vos bien aimés compatriotes.

Déjà vous avez puissamment encouragé les missions de l’Orégon, nonseulement en leur donnant leurs premiers ÆEvêques et Missionnaires, mais

encore en vous mettant généreusement vous-mêmes à contribution, pour aider notre bien aimé frère, l'Evêque de Nesqualy, à faire les frais de voyage et des premiers établissements. Vous avez favorisé de même les missions de la Rivière Rouge, qui vous doit en particulier l'avantage d’un ù établissement des frères des Ecoles Chrétiennes, dont vous avez fait la première dépense. { Maintenant, vous encouragerez les établissements religieux de Vancou- | ver, avec d'autant plus de zèle, que cette mission nous a été à tous spécia- 1

lement recommandée par le St. Siége. Car, nous - pouvons répondre à cet { appel du Vicaire de J.-C, ce aue St. Pierre répondait à Notre-Seigneur, à I

qui lui commandait d'aller au large, pour faire la pêche: Seigneur, quoique nous n'ayons rien pris, pendant toute la nuit que nous avons travaillé en vain, cependant, sur votre parole, je jetterai à l’eau mon filet. In verbo tuo lazabo rete (Luc, 5, 5.) Fuisse notre confiance avoir, comme celle du Prince des Apôtres, l’heureux résultat de prendre beaucoup de poissons, c’est-à-dire, de convertir beaucoup de pauvres pécheurs !

Que la Très Sainte- Vierge Marie. conçue sans péché, vous assiste, dans tous vos besoins ! Qu'elle soit elle-même votre Conseil dans vos doutes, votre soulagement daus vos angoisses, et votre secours dans vos adversilés ! /

Recueillez, N. T. C. F., avec une profonde vénération, ces bons souhaits, qui sont ceux que N. S. P. le Pape adressait aux Evêques qui l'avaient écouté avec tant de respect! Puissent-ils s’accomplir tous, pour notre bonheur, dans ce monde et dans l’autre !

Sera la présente Lettre Pastorale lue, au Prône, dans toutes les Eglises, où se fait l'Office Public, et au chapitre des Communautés Religieuses, selon qu’il sera jugé plus convenable et plus commode.

Donné à Montréal, sous notre seing et sceau et le contre-seing de notre Secrétaire, le dix Mars, mil huit cent cinquante-huit.

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