‹ Lettres Persanes de Montesquieu precedees de Son ElogeChapitre 137 sur 152 · I.BTTRB8 VSASANBS. a · texte numérisé non relu

I.BTTRB8 VSASANBS. a

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gner pas même les mend^res les fILus saios; les hommes les plus veitueux £adre des choses indignes , et violer les principes de la justice , sur ce vain prétexte qu'on la Ipur avoit violée*

Ils appeloient des lois odieuses en garantie des actions les plus lâches ^ et nommoient nécessité

Tinjustice et la perfidie.

J^ai vu la foi des contrats basemie , lés phâssaintes conventions anéanties, toutes les lois de^ fiimîUes renversées: Tai vu des débiteurs avares , fiers d\ine in$plent6 pauvreté, instruments indignes de la fiii^eur des lois et de la rigueur des temps, feindre un paiement au lieu de le faiifcy et.|ïortep lé couteau dans le sfiin de leurs bienfaiteurs.

Ten ai vu d'atitres, plus uidigne^ encore , acheter préisque pour rien , ou plutôt WBwasser de^terre des fisuilles de chêne pour Içs mettre à kt place de k substance des veuves et des orpheKns.

J'ai vu naître soudain dans fous les ooéiws une soif insatiable des richesises. J'ai vu se former en un moment une détestable conjuration de s'enrichir y non par un honnête, travail et cme^néreuse industrie / mais par la ruiiie du pcince f de l'état et des concitoyens.

J'ai vu im honnête citoyen , «kns ces temps malheureux y ne se coucher qu'en, disant : J'ai ruiné une famille aujourd'hui ;r j'en ruinerai ùœ autre demain.

LkiTHES PEH3A.I7ES. 38^

Je vais , disbit un autre j avec un homme noir qui porte une éeritoire à la main et un fer pointu à l'oreille , assassiner tous ceux à qui j'ai de l'obligation.

Un autre disoit : Je vois que j'accommode mes affaires : il est vrai que,- lorsque j'allai il y a trois jours Êdre un certain paiement ^ je laissai toute une fiamiUe qn larmes , que je dissipai la dot de deux honnêtes filles ^ que fÔtai réducatxonà'un petit garçon : le père en mourra de douleur, la mère périt de tristesse } fo^is je n'ai fait que ce qui est permis par là loi.

Qvéel plus grand crime que celui que cotnmet te ministre^ lorsqu'il corrompt les mœurs de toute une nation, dégrade les âmes les plus généreuses , ternit l'éclat des dignités, obscurcit k vertu même, et confond la plus haute nafitsance dans le mépris universel?

' Qu6 dira la poâtérit^ lorsqu'il lui faudra rougir ^e la hoijte de ses pères ? Que dira le peuple naissant lorsqu'il comparera le fer de ses aïeux avec For de ceux à qui il doit immédiatement le jour? Je ne doute pas que les nobles ne retranchent de leurs quartiers un indigne degré de noblesse qui led déshonore , et ne laissent la génération présente daqs l'affreux néant où *elle s'est mise.

Bflt^aïAs, le II de U lune de Rahmaxau , 1730.

388 LETTRES PEBSAICES.

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