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exception : elle présente une politique raisonnée, un système suivi d'agrandissement qui ne permet pas d'attribuer la fortune de ce peuple à des ressorts obscurs et subalternes. Les causes de la grandeur romaine se trouvent donc dans l'histoire; et c'est au philosophe à les y découvrir. D'ailleurs il n'^en est pas des systèmes dans cette étude comme: dans celle de la physique. Ceux-ci sont presqm toujours pirécipités, parce qu'une observation nouvelle et imprévue peut les ren* verser en un instant; au contraire, quand on recueille avec soin les faits que nous transmet l'histoire ancienne d'un pays, si on ne rassemble pas toujours tous les matériaux qu'on peut désirer^ on ne sauroit du moins espérer d'en avoir un jour davantage. L'étude réfléchie de l'histoire, étude si in^ortante et 6i difficile , consiste à combiner de la manière la plus* parfaite ces matériaux défectueux* : tel seroit le mérite d'un architecte qui, sur des ruines savantes, traceroit de la manière la plus vraisembl'able le plan d'un édifice antique en suppléant par le génie et par d'heureuses conjectures à des restes informes et tronqués. C'est sous ce point de vue qu'il faut envisager l'ouvrage de M. de Montesquieu. Il trouve les causes de la grandeur des Romains dans l'amour de la liberté, du travail et de la patrie , qu'on leur inspiroit dès l'enfance; dans la sévérité de la discipline militaire; dans ces dissension* intestines qui dcfhnoiént du ressort aux esprits, et qui cessoient tout à coup à la vue de l'ennemi ; dans cette constgnce après le malheur, qui nç désespéroit jamais de la répubMque; dans. le prin-
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cipe où ils furent toujours de ne jamais faire la fiais qu'après des victoires; dans l'honneur du triomphe, sujet d'émulation pour .les généraux; dans la protection >qu'ik accordoient aux peuples révoltés contre leurs rois; dans l'excellente politique de laisser aux vaincus leurs dieux et leurs coutumes; dans celle de n'avoir jamais deux puissants ennemis sur les bras, et de tout souffrir de l'un jusqu'à ce qu'ils eussent anéanti l'autre. Il trouve les causes de leur décadence dans l'agrandissement même de l'état, qui changea en guerres civiles les tumultes populaires ; dans les guerres éloi-* gnéesy ^ui, forçant les citoyens à une trop longue absence, leur faisoient perdre insensiblement l'esprit républicain; dans le droit de bourgeoisie accordé à tant de nations, et qui ne fit plus du peuple romaisu qu'une espèce de monstre à plusieurs têtes; dans ia corruption.«'introduite par le luxe de l'A^e; dans les proscriptions de Sylla, qui avilirent l'esprit de la nation et la préparèrent à l'esclavage; dans la nécessité où les Romains se trouvèrent de souf&ir des maîtres lorsque leur liberté leur fut devenue à charge ; dans l'obligation où ils furent de changer de maximes en changeant de gouvernement; dans cette suite de monstres qui régnèrent, presque sans interruption, depuis Tibère jusqu'à Nerva, et depuis Commode jusqu'à G>nstantin ; enfin . dai^ la translation et 1^ partage de l'empire, qui périt d'abord en Occident par la puissance des Barbares, et qui , après avoir langui plusieurs siècles en Orient sous deâ empereurs imbécilies ou. féroces , s'anésupttit insensiblement j