AVANT-PROPOS. XXI
pour le pouvoir formuler, un parti pris de ne pas comprendre. Comment! d'un bout à l'autre du livre, à chaque page, j'affirme que l'Éternel est présent en nous comme en toutes choses , qu'il nous anime, qu'il nous soutient et nous constitue essentiellement , et vous dites que je prêche le néant et que je nie l'immortalité !
Toute la création est ivre de l'Éternel , et sous la multiplicité infinie de ses aspects et de ses métamorphoses ne proclame que lui. La mort, vous dis-je, n'est pas : la mort est impossible ! Mais la métamorphose est partout et toujours, parce que la métamorphose est le mouvement et que le mouvement est la vie. A chaque instant nous nous transformons; la mort n'est qu'une fonction de la vie, ou plutôt elle est son autre aspect : c'est l'un des deux pôles que vient alternativement toucher, dans le rhythme de la création, le balancier infatigable de l'Être.
Comme l'existence même , dont elle est une condition inévitable, la mort est incessante, et si nous n'appelons de son nom que la transformation qui nous attend tous à cette phase prédéterminée de notre développement où nous nous abîmons au sein de la révolution universelle, c'est que les effets ultérieurs qui doivent