AYANT-PROPOS. XXIII
lible, car il leur apparaît comme le résumé de toutes lés hérésies et le comble des énormités que l'esprit d'un homme puisse concevoir en haine de la société et de la religion. Par ce mot, on se flatte encore de faire le vide autour d'une œuvre ou d'un homme, oubliant que de toutes les fascinations exercées sur l'esprit par une création issue de lui, il n'en est guère qui puisse rivaliser avec celle dont le principe réside dans la peur. C'est qu'il y a au fond de la peur une part immense de curiosité , exaltée encore par l'idée du péril.
Ce reproche de socialisme, pour ma part, je l'accepte et m'en fais honneur. Oui, je suis socialiste et mon livr^vec moi. Mais il faut s'entendre. Le socialisme est du même âge que l'humanité , car il est le grand ferment révolutionnaire qui vit dans l'esprit, et qui sans cesse transforme, par le développement de l'Idée, les faits et les institutions sociales. En un mot, le socialisme est la révolution en permanence, et la révolution est l'humanité se révélant à ellemême dans l'histoire, sous l'action du génie créateur qui l'aiguillonne au progrès , et qui n'est autre que l'inspiration de l'Infini lui-même au cœur de l'homme. Le socialisme enfin, dans