XXIV AVANT-PROPOS
son principe , c'est le grand instinct du progrès : la poursuite de l'absolu sous toutes ses formes, de l'idéal
A jde certaines époques de la vie du genre humain, les enfantements accumulés de l'intelligence accélèrent à nos yeux , plus spécialement sur un point du globe et chez un peuple, le travail révolutionnaire, pour le communiquer par degrés aux autres nations, avec une rapidité^qui se proportionne à la capacité de pi*ogrès , c'està-dire à la maturité et à la puissance de mouvement qui réside, à cette heure-là, en chacune d'elles. On voit alors les institutions vieillies incliner par ce pouvoir invincible de l'idée vers une dissolution plus rapide de jour en jour, el, en disparaissant, faire place à celles qui sont destinées à naître du sein de leurs débris.
Chacun peut signaler dans l'histoire ces époques. plus essentiellement réformatrices, où l'allure de la Révolution semble se hâter vers une étape prochaine et accélérer sa marche d'autant qu'elle se rapproche davantage du but qu'elle s'est posé , et qui , à mesure qu'elle l'entrevoit avec plus de clarté , exerce sur elle une plus puissante attraction. Qui peut encore douter que nous vivons à une époque pareille ? Tous
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les signes sont là , tous les symptômes. Pourquoi donc, chez ceux qui disent ne pas croire à cette transformation, tant de terreurs,' de sarcasmes* et de violences dès que son nom est prononcé ? Leur crainte évidemment est un aveu.
La révolution en travail dans les esprits , et dont nul regard ne peut sonder à cette heure les perspectives immenses mais encore confuses, s'accomplit tout à la fois sur le domaine des intérêts spirituels de l'homme et dans la sphère ,de ses intérêts matériels. Elle porte au front , visiblement écrite, sa double devise : liberté de conscience et liberté du travail. Ces deux libertés, ou plutôt ces deux formes essentielles de la Liberté , lorsque nous les aurons conquises sans retour par la pensée et par le fait, deviendront les instruments avec lesquels nous achèverons cet édifice commencé par nos pères , et que nous léguerons, avec le souvenir de cruels labeurs sans doute, à nos enfants. L'Association libre des consciences pleinement manifestée dans la liberté du culte, l'Association libre, et il n'est point de liberté hors la justice, des intérêts matériels sous la forme économique : voilà l'avenir.
C'est là ce que nous appelons la Métamorphose