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SEPTIÈME LETTRE

ADOLPHE A CHARLES

Je te livre ma pensée, cher Charles, et tu n'as pas lieu de m'en être reconnaissant; c'est un accablant fardeau qui pèse sur mes épauleîfe et que je mets sur les tiennes. Rends-moi la foi , je te devrai la vie : exister sans croyance , n'est-ce pas traîner la mort avec soi ?

Rien de plus triste qu'un sceptique au sein de l'univers ! En vain la nature se pare de ses fleurs, il ne sent plus leur haleine enivrante, et leurs riantes couleurs s'effacent devant son morne regard. — L'existence lui offre ses fruits les plus doux; ils perdent leur saveur dès qu'ils touchent ses lèvres. Pour lui, le torrent de la forêt n'a plus de voix, et les feux du couchant sont sans éclat; les cieux , tout brillants d'étoiles, restent éternellement dépeuplés et vides. Tout meurt autour de lui , parce que tout est mort en lui. Il étend sur la création entière le pâle linceul qui recouvre son âme. Partout où il avance il se fait un désert.

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