f-K Mr Locke — 118. }4'-K [pourtant] pas
122. ^6-K et Dieu peut... (^cn rattachant ces mots au discours direct
amené par dire). — 126. jr croycnt j6-7v croyaient mauvaises leçons. —
Ijo. }4'-K Mr Locke. {42' Mr. Locquc.)
SUR M'. LOKE 171
fut battu*-; car il raisonnoit en Docteur, & Loke en Philosophe instruit de la force et de la foiblesse de l'esprit humain, & qui se battoit avec des armes dont il connoissoit la trempe.
13) Si i'osois parler après M^ Loke sur un sujet si délicat, je dirois, les hommes disputent depuis long-tems sur la nature & sur l'immortalité de l'ame. A l'égard de son' immortalité, il est impossible de la démontrer, puisqu'on dispute encore sur sa nature, & qu'assurément il faut
i^o connoître à fonds un être créé, pour décider s'il est immortel ou non. La raison humaine est si peu capable de I démontrer par elle-même l'immortalité de l'ame, que [151 la Religion a été obligée de nous la révéler-tJ. Le bien commun de tous les hommes demande qu'on croie
14) l'ame immortelle, la foi nous l'ordonne, il n'en faut pas davantage'*+, & la chose est décidée ; il n'en est pas de même de sa nature, il importe peu à la Religion de quelle substance soit l'ame pourvu qu'elle soit vertueuse ; c'est une horloge qu'on nous a donnée à gouverner ; mais
150 l'ouvrier ne nous a pas dit de quoi le ressort de cet[te] horloge est composé^^.
155. 4c? (co/T.) [délicat], voici comme je m')- prendrois. Puis viennent dix pages de carions contenant deux vwneaux intitulés Continuation du même sujet et Que les Philosophes ne peuvent jamais nuire, avec cet avis : N. B. Les chapitres Suivants sont nouvaux ; on les a insérez dans quelques exemplaires de cette édition, ji [délicat], voici ce que je dirois. J2 [délicat], voici à peu près comment je m'y prendrais, jr et J2 coupent ici la lettre, et en remplacent la fui par les deux morceaux déjà donnés en cartons dans ^S (eorr.). 5<J-7J'' coupent la lettre après les mots la trempe, suppriment la phrase de liaison de 48 {corr.)-j2 Si j'osais... prendrais (on dirais) et donnent les deux morceaux sous les titres Sur l'ame, f/ De la tolérance, ou que les philosophes... nuire. K coupe aussi V article Locke après les inotslA trempe, et fait des deux morceaux la section IX' de Varticle Ame. On trouvera ces deux morceaux à la suite de cette lettre {Appendice II).
146. }ç*-42'' presque [décidée] Dans 46, le texte primitif est rétabli, on lit pourtant aux fautes à corriger ; « La chose est presque décidée, ôtex presque. » — 149. ^4'', 57'', 46, un [horloge]... — S4''4^ donné — 150. jj, ^9-46 cette [horloge] (^7" cet) J'établis dans mon texte l'uniformité négligée dans ^4.
Je suis corps, & je pense ; je n'en sçai pas davantage. Irai-je attribuer à une cause inconnue, ce que je puis si aisément attribuer à la seule cause seconde que je con-
ij) nois-*^? I Ici tous les Philosophes de rEcole-*T m'arrêtent en [152] argumentant, & disent : « Il n'y a dans le corps que de l'étendue & de la solidité, & il ne peut avoir que du mouvement & de la figure. Or du mouvement & de la figure, de l'étendue & de la solidité ne peuvent faire une pensée,
160 donc l'ame ne peut pas être matière. » Tout ce grand raisonnement tant de fois répété se réduit uniquement à ceci : « Je ne connois point du tout la matière, j'en devine imparfaitement quelques propriétés ; or je ne sçai point du tout si ces propriétés peuvent être jointes à la
163 pensée48; donc parce que je ne sçai rien du tout, j'assure positivement que la matière ne sçauroit penser. » Voilà nettement la manière de raisonner | de l'Ecole. Loke diroit avec simplicité à ces Messieurs: « Confessez du
153. 55H--^6 Si je ne consulte que mes foibles lumières, [irai-je] — 155- S9'^'f^ [comiois] un peu. — 159. ?5? ils [ne pe\i\eui](corrcction d^imprimcur qui fait contresens).
161. }4'-46 répété t.int de fois — 162. ^9^-46 [connois] que très peu de chose de [la...] — 167. /./"-./(? M. Locke — 16S. ;./V9 disoit C'est sans doute la vraie leçon de la copie envoyée à Londres. Angl. }} M. Locke addressed thèse Gentlemen... — 152-167 4S à la place du paragraphe Je suis corps... de l'Ecole donne ceci :
Que suis-je ? un assemblage d'organes. Je respire par les pouinons, je prends avec les mains ; je pense par le cerveau ; & j'admire autant l'artifice par lequel mon caur envoyé du sang dans mes artères, & par lequel l'homme conserve sa vie & la transmet, que le don que j'ai reçu d'avoir quelques foibles idées dans ma tête. Tout cela est également l'ouvrage d'un Dieu. N'a-t-il mis en moi qu'un principe ; en a-t-il mis plusieurs ? Je l'ignore. Je ne sai ni comment je vis, ni comment j'ai la force active, ni comment je pense.
Je sai seulement qu'il n'y a qu'un être tout puissant qui opère en moi ces merveilles, soit qu'il les opère par un seul ressort, soit qu'il en fasse agir plusieurs ; je vois seulement mon corps et je ne vois pas le reste. Ici toute l'école m'arrête, et me dit : « 11 n'y a dans le corps que de l'étendue et de la solidité (cf. l. Tjj) ; or l'étendue et la solidité ne peuvent faire une pensée. »
Mr. Locke répondroit : « Avouez [du moins...]
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moins que vous êtes aussi ignorans que moi, votre ima-
170 gination ni la mienne ne peuvent concevoir comment un corps a des idées, & comprenez-vous mieux comment une substance, telle qu'elle soit, a des idées-^'?? Vous ne concevez ni la matière ni l'esprit, comment osez-vous assurer quelque chose ? »
175 Le supersticieux vient à son tour & dit, qu'il faut brûler pour le bien de leurs âmes, ceux qui soupçonnent qu'on peut penser avec la seule aide du corps. Mais que diroient-ils si c'étoient eux-mêmes qui fussent coupables d'irréligion ? En effet quel est l'homme qui osera assurer
180 sans une impiété absurde, qu'il est impossible au | Créa- [ï34J teur de donner à la matière la pensée & le sentiment ! Voïez, je vous prie, à quel embaras vous êtes réduit, vous qui bornez ainsi la puissance du Créateur5° ! Les bêtes ont les mêmes organes que nous, les mêmes senti-
185 mens, les mêmes perceptions ; elles ont de la mémoire, elles combinent quelques idées. Si Dieu n'a pas pu animer la matière & lui donner le sentiment, il faut de deux • choses l'une, ou que les bêtes soient de pures machines, ou qu'elles aient une ame spirituelleî'.
190 II me paroit presque démontré que les bêtes ne peuvent
171. 48 reçoit [des idées] — 4^ Eh, [comprenez-vous] — 173. 48 omet comment... chose. — 174. }Ç)A-^8 intercalent ici : Que vous importe que l'Ame {48 votre ame) soit un de ces Etres incompréhensibles qu'on {48 que l'on) appelle matière, ou un de ces Etres incompréhensibles qu'on appelle Esprit)-^ ? Quoi ! Dieu, le créateur de tout, ne peut-il pas éterniser ou anéantir {48 anéantir ou éterniser) votre Ame à son gré, quelle que soit sa substance ? 48 continue pur deux petits alinéas .-Vous nevoyez dans leCorps qu'un Etre étendu, etde l.\ vous assurez qu'il ne peut avoir un pouvoir immatériel, mais la force active qui est dans ce corps n'est-elle pas en effet un Etre métaphisique?
G Mortels, que nous sommes loin de connaître les principes des choses; & qu'il nous appartient peu de décider !
— 178. ^9^-48 [que] diroit-il, si c'etoit lui même qui fut coupable
182. ^9^48 réduits — 184. )9-^-48 omettent les mêmes sentimens. — 190. 34^^-48 paroit démontré
être de simples machines; voici ma preuve : Dieu leur a fait précisément les mêmes organes du sentiment que les nôtres, donc s'ils ne sentent point, Dieu a fait 'l'5)! un ouvrage inutile. Or Dieu de votre aveu même ne
19) fait rien en vain, donc il n'a point fabriqué tant d'organes de sentiment pour qu'il n'y eût point de sentiment, donc les bêtes ne sont point de pures machines??.
Les bêtes, selon vous, ne peuvent pas avoir une ame spirituelle, donc malgré vous il ne reste autre chose à
200 dire, sinon que Dieu, a donné aux organes des bêtes, qui sont matière, la faculté de sentir & d'apercevoir, laquelle vous apcUex instinct dans elles.
Eh qui peut empêcher Dieu de communiquer à nos organes plus déliés cette faculté de sentir, d'apercevoir
205 & de penser, que nous apellons raison humaine>» ? De
quelque côté que vous vous tourniez, vous | êtes obligez [13^] d'avouer votre ignorance & la puissance immense du Créateur : ne vous révoltez donc plus contre la sage & modeste Philosophie de Loke ; loin d'être contraire à la
210 Religion, elle lui serviroit de preuve si la Religion en avoit besoin; car quelle Philosophie plus religieuse que celle, qui n'affirmant que ce qu'elle conçoit clairement et sçachant avouer sa foiblesse, vous dit qu'il faut recourir à Dieu des qu'on examine les premiers principes').
21) D'ailleurs il ne faut jamais craindre qu'aucun sentiment philosophique puisse nuire à la Religion d'un Pais.