‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 66 sur 126 · Cf. n · texte numérisé non relu

Cf. n

29. !.<'... Uti in locis publicis, in média frequentia hominum génère aliquo clamatorio verum iugrato stridore aliquem sermunculum inclioarent... verba quaedam incondita exprimèrent. . . Et hsec ipsi quidem qui hxc patrabant se facere dicebant instinctii splritus Dei, et juxta exempla Prophetarum et Christi et Apostolorum. » (Croese, 125.)

30. Josiah Martin conteste l'origine donnée par Voltaire au nom de Quakers. Sewel(26) la rapporte à l'habitude de Fox de répéter dans ses prédications : « Tremble at the word of the Lord. V, Croese de même (46), mais il ajoute : « Cui cum accederet quod hi homines non unam ob causam inter sua solemnia sacra more tremebundo agerent, alii hoc magis illam nomenclaturam in hosce homines transtulerunt. » Cf. Catrou, 22-23. — Morer,i,Chamberlayne(i698), /i7i?t?//V/o«£/(?5iu'i/c7^r^5(i720,p.4o), La Mottraye (I, 163) expriment la même opinion que Voltaire. « Ils sont appelés treinhleiirs, parce que lorsqu''iIs attendent l'inspiration, ils ont coutume de trembler. » (Chamberlayne, 1698, 1,309.) Barclay lui-même autorisait cette exphcation : « Et sic tremor et corporis motus et aliquando omnibus superveniet, etprout veritatis vis praevalet, a geniitihus et siispiriis in dulcem harmoniam et laudis melodiam transibit, et bine nomen quakeroriiin, a est Treniulorum, nohis ironice inipositum est. » (Barclay, 231.)

3 1 . Croese, 355-356, que Catrou résume ainsi : « Tous les bouffons se faisaient un plaisir de les contrefaire. On ne joua plus de farces dans les Carrefours, et l'on ne mit plus de comédies sur les théâtres, que des Trembleurs n'y fissent personnage, » avec leur jargon et leur enthousiasme. Par exemple, voici dans le Daily Courant du 13 août 1720 une annonce théâtrale : « Not acted

thèse two years — by His Majesty's Company of Comedians — at the Théâtre Royal in Drury Lane — on Tuesday next being the i6«iiof August will be reviv'd a Coraedy called The f air Quaker of Deal, or the Humours of the Navy. With the original Sailor's song perform'd by Mr. Birkhead, and the Drunker Danceby himand others.» Voltaire put voir jouer à Drury Lane, le 5 janvier 1727 « a New grotesque Entertainment call'd the Miser or wagner and abericock, the part of the Miser in the character o( a Quaker by Mr. Cibber juu. » (Daily Post, no 2275) ; il put voir en 1728 « at Lee's and Harper's Theatrical Booth, in Bartholomew Fair », the Quaker' s Opéra, qui fut ensuite imprimé (Daily four naî, August 29,1728).

3 2 . L'anecdote est symbolique, faite de traits épars dans Sewel. — Fox écrit au juge de paix Sawrey : « Thou wast the first beginner of ail the persécution in the North... But God had shortened thy days and limited ^hem. » Et Sewel (75) ajoute : « It is remarkable that this Justice Sawrey who was the first persccutor in those parts, afterwards was drowned, and so died not a natural death. » Barbara Blaugdon, quakeresse, dit au juge Pepes « that the day of his death did draw nigh, wherein he must give an account of his actions, and that therefore he ought ta take heed » (Sewel, 1 30).

35. Lorsque Fox est arrêté à Pattrington et qu'on le mène à 9 milles de là au juge de paix, « now the men that guarded Fox said : » It would be well if the Justice was not druuk when they came to him », because he used to he drunk early ». (Sewel, 56.)

34. Le juge Pepes ayant condamné pour meurtre une pauvre fille innocente, et fait mettre en liberté la quakeresse Barbara Blaugdon, « he beiug corne home, went to hed and died that night. The noise of which sudden death being spread, it made people say « that Barbara had been a true prophetess unto him »

(Sewel, 1 30). Le Mayor Seal fait fouetter Ambr. Rigg, « and not long after the Mayor died of a bloodyflux >■ (Sewel, 157). Cf. dans Croese le propos des quakers sur le châtiment du juge Bennet (47).

35. Cromwell ayant voulu le faire dîner avec ses officiers, « George bid them tell the Protector, <* he would not eat a bit

ofhis bread, nor drink a cup of his drink ». When Cromwell heard this, he said : « Now I see, there's a people risen up and come up, that I cannot win either with gifts, honours, offices or places, but ail other jrt'c/^ and people, I can. » (Sewel, 115). Cf. Croese, 75.

36. « I don't find that in Cromwell's time an}- laws were made to constrain people to fréquent the worship of the publick or national church. But notwithstanding the quakers so called were imprisoned for refusing to swear, or for nor paying tithes to maintahi the priests ; and they were whipped like vagabonds for preaching in niarkets or in other pubHck places ; or they were fined/or iiottakino- offtheir bats before magistrates ; for this was called contempt of the magistracy... And thus always a cloak and cover was found to persécute them. » (Sewel, 96.) — « So the king (Charles II) promised that ive slioiihi not anytuays suffer for our opinion of religion » (Sewel, 295); mais ils sont poursuivis pour refus de serment et de payer les dîmes (299 ; cf. encore 370-372 et 395-394 : dans ce dernier passage, Sewel compte 4.200 quakers en prison en 1662, et 500 à Londres). — Croese, pp. 155-157, 198-199, etc. — Josiah Martin objecte à Voltaire que le refus des dimes, du serment et du chapeau sont des points de religion pour les quakers.

37.- « Et prosperitatem et adversitatetn giistasti ; nosti qnid sit e patria èjici, quid sit opprinii et sub juge esse, non minus quam regnare ; et cum oppressus fueris, ignorare non potes quam odiosus sit oppressor et Deo et hominibus . Si post ovines istas exhortationes et admonitiones, toto corde te ad Deum non convertas, et illius obliviscaris qni vientinit tiii in afflictionibus, sed temet ad luxum et vanitatem sequendam dederis, certe viagna erit condeninalio tua ; contra quod periculum et tentationes eorum qui in malo te fovent, vel ad illud te fovent, praestantissimum et praevalentissimum remedium erit, ut ad lucem illam Christi conscientiae tuae illucentem temet applices, qiuic tibi niillo modo adulabitur... Sic exoptat, sic exorat ille qui fidelis tibi

amicus et subditus est

ROBERTUS BaRCLAIUS. »

Selon Edward Higginson, Voltaire avait d'abord traduit le tu latin par vous, et le jeune quaker s'était amusé de cette méprise. C'est donc lui qui décida Voltaire à corriger sa traduction (Cf. Appendice au commentaire de la let. I).

38. Nié par Josiah Martin. Et Sewel (604, sous la date 1675) : « King Charles, it seems, was not to be the man that should take off this yoke of oppression. » Cependant Sewel a enregistré une promesse de tolérance de Charles II (cf. n. 36).

aUATRIÉME LETTRE [50]

Sur les Quakers ^.

Environ ce tems ^ parut l'illustre Guillaume Pen qui établit la puissance des Quakers en Amérique, & qui les 5 auroit rendus respectables en Europe, si les hommes pouvoient respecter la vertu sous des aparences ridicules : il étoit fils unique du Chevalier Pen, \'ice-Amiral d'Angleterre & favori du Duc d'Yorc ', depuis Jacques II. Guillaume Pen, à l'âge de quinze ans, rencontra un 10 Quaker à Oxford où il faisoit ses études + ; ce Quaker le persua|da, & le jeune homme qui étoit vif, naturellement [31] éloquent, & qui avoit de la noblesse dans sa phisionomie & dans ses manières, gagna bien-tôt quelques-uns de ses camarades. Il établit insensiblement une Société de 15 jeunes Quakers qui s'assembloient chez lui; de sorte qu'il se trouva chef de Secte à l'âge de seize ans.

De retour chez le Vice-Amiral son per-e au sortir du

Collège 5, au lieu de se mettre à genoux devant lui, &

de lui demander sa bénédiction, selon l'usage des

20 Anglais ^, il l'aborda le chapeau sur la tête & lui dit :

« Je suis fort aise, l'ami, de te voir en bonne santé. » Le

Ligne 2. S9*~S^ Histoire des duakers. 70-7^ Suite de l'histoire des Quakers. K lie cette lettre à la précédente sans nouveau titre. — 5. J4^-J9+, )6, 70, 71, 71^ rendu

12. S4'-S9 ['Is Ij'ascendance ^ç-*-K [de I]"ascendant — 15. jr tous [chez lui] — 16. 42-K [chef de] la [secte] (/i seul conserve la leçon primitive. Angl. j j at the head of a sect; la leçon de 42, qui fait contresens, doit être une faute typographique.)

46 aUATRiÉME LETTRE

Vice-Amiral crut que son fils étoit devenu fol, il s'aperçut bien-tôt qu'il étoit Quaker. Il mit en usage tous les moïens 7 que j la prudence humaine peut cmploïer pour [32]

25 l'engager à vivre comme un autre ^ ; le jeune homme ne répondit à son pcrc qu'en l'exhortant à se faire Quaker lui-même.

Enfin le père se relâcha à ne lui demander autre chose, sinon qu'il alla[t] voir le Roi et le Duc d'Yorc le chapeau

30 sous le bras 9, & qu'il ne les tutoïat point. Guillaume répondit'° que sa conscience ne le lui permettoitpas", &:le père indigné & au désespoir, le chassa de sa maison'^. Le jeune Pen remercia Dieu de ce qu'il soufFroit déjà pour sa cause'5, il alla prêcher dans la Cité, il y fit beaucoup de

3) Prosélites.

Les Prêches des Ministres éclaircissoient tous les jours, & comme Pen étoit jeune, beau & bien (bien) fait, les femmes de ] la Cour &de la Ville accouroient dévotement [35] pour rentendre'4. Le Patriarche Georges Fox vint du fond 40 de l'Angleterre le voir à Londres sur sa réputation' > ; tous deux résolurent de faire des missions dans les pais étrangers. Ils s'embarquèrent pour la Hollande'^, après avoir laissé des ouvriers en assez bon nombre pour avoir soin de la vigne de Londres. Leurs travaux eurent

4) un heureux succès à Amsterdam'7 ; mais ce qui leur fit le plus d'honneur, & ce qui mit le plus leur humilité en danger, fut la réception que leur fit la Princesse Palatine Elizabet, tante de Georges premier Roi d'Angleterre, femme illustre par son esprit & par son sçavoir, & à qui

50 Descartes avoit dédié son Roman de Philosophie.

22. }c)^-K fou — 42-K [il] aperçut (sans s") — 50. 42, 42" lui [répondit] JJ Guillaume dit [que]

31. J9'-A' et qu'il valoit mieux obéir à Dieu qu'aux hommes ; [le pcre] — 36. J7, ^6-K s'éclaircissaient — 57. ]4'-K [comme] il [étoit] — 38. SI y accourroient

Page 1