‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 67 sur 126 · i'' [fit] plus · texte numérisé non relu

i'' [fit] plus

SUR LES aUAKERS 47

Elle étoit alors retirée à la Haye'* où elle vit ces atnis; [54l car c'est ainsi qu'on apelloit alors les Quakers en Hollande'? ; elle eut plusieurs conférences avec eux ; ils prêchèrent souvent chez elle-°, & s'ils ne firent pas d'elle

53 une parfaite Quakresse, ils avouèrent au moins qu'elle n'étoit pas loin du roïaume des Cieux-'.

Les amis semèrent aussi en Allemagne, mais ils recueillirent peu". On ne goûta pas la mode de tutoïer dans un pais où il faut toujours avoir à la bouche les

60 ternies d'Altesse & d'Excellence-5. Pen repassa bien-tôt en Angleterre sur la nouvelle de la maladie de son père, il vint recueillir ses derniers soupirs^+. Le Vice-Amiral se réconcilia avec lui & l'embrassa avec tendresse quoiqu'il fut d'une difîé|rente Religion; Guillaume l'exhorta en [35]

65 vain à ne point recevoir le Sacrement, & à mourir Quaker, & le vieux bon homme recommanda inutilement à Guillaume d'avoir des boutons sur ses manches & des gances à son chapeau^>.

Guillaume hérita de grands biens, parmi lesquels il se

70 trouvoit des dettes de la Couronne-<^, pour des avances faites par le Vice-Amiral dans des expéditions maritimes. Rien n'étoit moins assuré alors que l'argent dû par le Roi ; Pen fut obligé d'aller tutoïer Charles II & ses Ministres plus d'une fois pour son paiement. Le Gouver-

75 nement lui donna en léSo au lieu d'argent la propriété & la souveraineté d'une Province d'Amérique au Sud de Marilan : voilà un Quaker | devenu souverain. Il partit [36] pour ses nouveaux Etats avec deux vaisseaux chargés de Quakers qui le suivirent. On appela dès-lors le pais

Sr. ^4'-K les [amis] (ces est nécessaire) — 57. )4'-K y [recueillirent] — )9- 34'-59 omettent avoir à la bouche. S9*-K [il faut] prononcer [toujours]

Page 1