‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 68 sur 126 · dans] les · texte numérisé non relu

dans] les

80 Pcnùlvania du nom de Pcn ; il y fonda la \'illc de Philadelphie qui est aujourd'hui très-florissante^". Il commença par faire une ligu;; avec les Amériquains ses voisins^^. C'est le seul traité entre ces Peuples & les Chrétiens qui n'ait point été juré, & qui n'ait point été

85 rompu. Le nouveau Souverain fut aussi le Législateur de la Pensilvanie, il donna des loix tres-sages, dont aucune n'a été changée depuis lui, La première est de ne maltraiter personne au sujet de la Religion, & de regarder comme frères tous ceux qui croient un Dieu^?.

90 A peine eùt-il établi son gou|vernement, que plusieurs [37] Marchands de l'Amérique vinrent peupler cette Colonie. Les naturels du pays, au lieu de fuir dans les forêts, s'accoutumèrent insensiblement avec les pacifiques Quakers5J : autant ils détestoient les autres Chrétiens con-

95 quérants & destructeurs de l'Amérique, autant ils aimoient ces nouveaux venus. En peu de tems un grand nombre de ces prétendus Sauvages charmés de la douceur de ces voisins, vinrent en foule demander à Guillaume Pen de les recevoir au nombre de ses \'assaux. 100 C'étoit un spectacle bien nouveau qu'un Souverain que tout le monde tutoïoit & à qui on parloit le chapeau sur la tête, un gouvernement sans Prêtres, un Peuple sans armes3', des Citoïenstous égaux à la Magisltrature prés, [38] & des voisins sans jalousie.

105 Guillaume Pen pouvoit se vanter d'avoir aporté sur la terre l'âge d'or dont on parle tant, & qui n'a vraisemblablement existé qu'en Pensilvanie. Il revint en Angleterre pour les affaires de son nouveau Pais, après la mort

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