j2-K ajoutent cet alinéa
Il y a quelques années qu'un mission.iire jésuite aj'ant lu cette lettre (>é-À' ce ch.ipitre K errata, t. LXX, p. joo, cet article) et se trouvant dans un canton de l'Amérique où la petite vérole faisait ()6-K exerçait), des ravages affreux, s'avisa de faire inoculer tous les petits sauvages qu'il batisoit ; ils lui durent ainsi la vie présente et la vie éternelle : quels dons pour des sauvagesî** !
Après sauvages, j6-K ajoutiitt ces deux alinéas:
Un Hvéque de Vorcestcri9 a depuis peu prêché à Londres l'inoculation; il a démontré en Citoyen combien cette pratique avait conservé de sujets •i l'État ; il l'a recommandée en Pasteur charitable. On prêcherait à Paris contre cette invention salutaire, comme on a écrit vingt ans contre les expériences de Neuton : tout prouve que les Anglais sont plus Philosophes et plus hardis que nous. Il faut bien du tems pour qu'une certaine raison et un certain courage d'esprit franchissent le pas de Calais.
Il ne faut pourtant pas s'imaginer que depuis Douvres jusqu'aux isles Orcades on ne trouve que des Philosophes ; l'espèce contraire compose toujours le grand nombre. L'inoculation fut d'abord combattue à Londres; et, longtems avant que l'I-^vèque de Vorcester annonçât cet Evangile en chaire, un Curé s'était avisé de prêcher contre ; il dit que Job avait été inoculé par le diabld". Ce Prédicateur était fait pour être Capucin, il n'était guères digne d'être né en Angleterre. Le préjugé monta donc en chaire le premier, et la raison n'y monta qu'ensuite : c'est la marche ordinaire de l'esprit humain.
sans en donner d'extraits, « parce que la matière dont il s'agit est déjà connue dans les Pays étrangers ». Mais, en 1721, voici la nouvelle qui circula dans le monde et à la Cour en France : « Sur la représentation qui a été faite au roi d'Angleterre par les médecins de Londres que, pour éviter les suites fâcheuses d'une petite vérole maligne, il conviendrait de se servir du moyen dont les Turcs se servent pour la communiquer à leurs enfants en bas âge, S. M. a donné des ordres au sollicitor gênerai d'examiner s'il était permis par les lois de faire une semblable expérience ; on sait que lorsque les Turcs ont découvert un malade dont la petite vérole est d'une bonne espèce, ils prennent le pus d'une de ses pustules en faisant une ouverture à la veine du bras d'un de leurs enfants, font entrer ce pus, qui ne manque pas de faire entrer dans le sang la /«rw<'7//a//oH qu'ils cherchent. » (Anonyme, 12 juillet 1721, dans les Correspondants de la M" de Balleroy, t. II, p. 341.) En avril 1722, le Journal des Savants rendit compte d'une Dissertation sur la Peste de Gautier Harris, cui accessit descriptio inoculationis variolarum, et signala la nouvelle manière <( d'enter » ou « greffer «la petite vérole. Le même journal, en janvier 1723, rendit compte de la Lettre de Guill. Wagstaffe au Docteur Frcind, contre l'inoculation, parue l'année précédente à Londres. Elle attira aussi l'attention de Michel de la Roche qui l'analvsa dans ses Mênwires littéraires de la Grande- Bretagne (1723, t. XI, p. 180-225), ainsi que les trois dissertations du 52e vol. des Transactions de la Société Royale et la réplique à Wagstaffe en défense de la relation de Maitland (t. XI, p. 267-294 et 488-505). Puis vint la Lettre sur l'inoculation de la petite vérole comme elle se pratique en Turquie et en Angleterre, adressée à M. Dodart conseiller d'Etat et premier médecin du Roy, avec un appendice qui contient les preuves et répond à plusieurs questions curieuses, par M. de La Coste, D. M., Paris, 1723, in-12 (Approbation du 23 sept, et privilège du 7 oct.). Voltaire ne s'est pas servi de La Coste, et ne l'a sans doute pas connu (Cf. n. 40). Le Mercure (Nov. 1723), h Journal de Trévoux (juin 1724) rendirent compte de la brochure de La Coste, qui fut combattue par le médecin Hecquet et dans une thèse de la Faculté de Médecine de Paris de 1723 (Cf. le Cata-
logtie, p. 271 et suiv., du Recueil de pièces cité aux notes 39 et 40). Le Mercure (Dec. 1725; Janv., Mai, Juin, Juillet 1724 ; Janv. 172 5) revint plusieurs fois pendant près de deux ans sur les expériences de l'insertion, sur leurs suites et sur les discussions auxquelles elles donnèrent lieu. La B/W/o/W^h^ /iH^/a/« de 1723 à 1725 (t. 10, p. 582; t. II, p. 504; t. 12, p. 174), dans ses extraits des 3i«, 32= et 53= vol. des Transactions de la Société royale, analysa des mémoires anglais sur l'inoculation; elle annonça en 1723 (t. 11, p. 27) l'enquête ouverte par Jurin ; et en 1725 (t. 12, p. 154), rendant compte de l'édition anglaise des Voyages de La Mottraye, elle signala le passage sur l'inoculation, que ne remarquera pas en 1727 le rédacteur à\i Journal des Savants en parlant de l'édition française (p. 361 et suiv.). Mais le Journal des Savants (Juin 1725, p. 336) rendit compte de la traduction de la Relation de Jurin sur le succès de l'inoculation. Cependantles adversaires ne désarmaient pas. Hecquet dansses Raisons de douter contre l'inoc., etc., à la fin de ses Observations sur la saignée du pied et sur la pur^ation au commencement delà petite vérole, 1724, in-i2 (compte rendu dans le /. des Savants, nov. 1724, p. 691 et suiv.), donnait l'inoculation pour une preuve de la décadence de la médecine (cf. /. des Savants, 694 ; et Ohserv., p. 351). Dans les Observations et réflexions sur la petite vérole et sur un remhie préservatif contre cette maladie par V. Du Bois, maître chirurgien à Paris, et ancien prévôt de Saint-Côme, Paris, 1725, in-12, le lo^ article était intitulé : Réflexions à l'occasion de la petite vérole artificiellement procurée par son insertion, qui était qualifiée d'extravagante et d'impie, (compte rendu dans le Journal des Savants, 1725, p. 461-468). Après 1725 on ne parie plus guère en France de cette pratique. Helvétiusfils, que La Coste donne comme favorable à l'inoculation, ne s'en occupe pas dans ses écrits. Hecquet ne daignait plus la combattre dans son Brigandage de la médecine (1732-1733). En 1734 on ne se souvenait plus qu'il en eût [été question. Cependant Le Gendre, marquis de Saint-Aubin, dans son Traité de l'opinion , 1733 (priv. du 2 août 1732, 1. IV, ch. IV, § 27, t. in, p. 408) dit encore un mot de l'inoculation pour la condamner. — Voltaire a fait cette lettre avec La Mottraye et
les documents anglais. Voir le Catalogue du British Muséum aux mots Brady, Douglas(WilIiam), Howgrave (Francis), J.-C, Jurin (James), Maitland, Massey (Isaac), Massey (Edmund), Perrot, Wagstaffe. Voir aussi les Transactions de la Société royale, nos 33^, 347. 370, 373, 374, 381, 382, etc., et le General Index des t. 1-70 des Transactions aux mots Sniall Pox, Inoculation et Jurin. Voltaire a dû feuilleter surtout les Transactions et les écrits de Jurin. Peut-être a-t-il connu les comptes rendus de la Bibliothèque anglaise. — Comment l'attention de Voltaire futelle attirée sur l'inoculation ? Il avait eu la petite vérole ; il avait vu mourir son ami Genonville : en arrivant en Angleterre, il dut entendre discuter la nouvelle méthode. Les journaux annonçaient encore l'inoculation des personnes notables, et comment elles s'en trouvaient : par ex. The Daily Journal, noi664,Monday May 16, 1726: « The Dutchess of Bridgwater having been inoculated from the Small Pox, the Distemper has begun to appear upon Her Grâce » ; The London Journal, no 372, Saturday September 10, 1726, sur les premiers essais d'inoculation en Ecosse. Miss Rautz Rees m'a fourni une bonne partie des citations anglaises du Commentaire de cette lettre.
2. On le disait en Angleterre. James Jurin, dans A letter to the learned D<^ Caleb Cotesiuorth... (Trans. R. Soc, no 374, VI, nov.-déc. 1722, vol. 32, p. 214) discute l'objection selon laquelle « it will be madness to undergo the liazard of inoculation, be it great or small, in order to prévoit a disease which possibly may never befall me » (p. 221).
3 . W. Wagstaffe, A Letter to Z)r Freind skowing the Danger and Uncertainty oj inoculating the Sniall-Pox, London, 1722, écrit : « This is such a way of venturing upon présent Death, for fear of dying thirty or perhaps forty years afterwards by this distemper, that no people who hâve Common resolution... can ever be delighted with the thoughts of it » (p. 50). — Cf. Reasons against the Practice oJ inoculating the Small-Pox, by Legard Sparham, surgeon, 1722, p. 26, ^X A short and plain account of Inoculation, by Isaac Massey, apothecary to Christ's Hospital, 1722, p. 10. — La Bibl. anglaise, 1724 (t. II, p. 506-507), dans le compte rendu des Transactions R. Soc, indique l'obiection
<' que l'on s'expose à un danger cerlain pour éviter un lualqiii ne l'est pas ». — Cf. Journal des Savants, 1725, p. 464, le compte rendu de l'ouvrage de V. Du Bois, où il est dit « qu'on procure par là un mal réel pour en faire éviter un incertain et qui n'arrivera peut-être jamais » ; Mercure, nov. 1723, p. 947, sur l'objection « qu'il n'est pas permis de donner un mal pour qu'un bien arrive; Mémoires de Trévoux, ]\i\n 1724, p. 1081.
4. Maitland (>-^/j Account of Inoculatini^ the Small-Pox, 1722) incrimine « ill placcd affection and tenderness )>, comme pouvant fiiire échec à la nouvelle méthode.
5 . La Coste, à propos de V insertion : " Les Anglais la nomment inoculation, terme de jardinage qui veut dire greffe. » En latin insitio (Le Duc).
6. Some remarhs upon Dr. ÎVagstaffe's Letter and Mr. Masseys Sermon against Inoculât ing the Sniall-Pox..., hv Samuel Bradv M. D., 1722. « ThePractice of it/;ow time innnemoriul âmongst the Circassians... » (p. 15). — La Mottraye ( Toyiio-f-i, II, 98): « Je trouvai les Circassiens plus beaux à mesure que nous avancions vers les montagnes. Comme je ne voyais personnemarqué de la petite vérole, il me vint en pensée de leur demander s'ils avaient quelque secret pour se garantir des ravages que cette ennemie de la beauté faisait entre tant de nations. Ils me dirent qu'oui, et me firent entendre que c'était de l'inoculer, ou de la communiquer à ceux qu'on en voulait préserver, en prenani du pus de quelqu'un qui ï avait et le mêlant avec leur sang par des incisions qu'on leur faisait. » La
Mottraye assiste à l'opération faite par une vieille femme : les incisions ne se font pas au bras, et Voltaire, qui simplifie, n'a rien pris du détail curieux que le narrateur en fait. Il indique la précaution qu'ont les Circassiens « de traiter tous les jeunes enfants qui sont tant soit peu indisposés, avant que de l'avoir eu (la petite vérole'), comme s'ils devaient l'avoir, puisqu'il faut que quelqu'un l'ait naturellement pour la communiquer à d'autres ». — A la fin deson tome II, Appcndix I, La Mottraye donne une lettre ou Dissertation historique du Docteur Timon sur Vlnoc. de la p. v. (p. 474, il nomme ce médecin Timoni, « le rénovateur de cette méthode en Turquie, où elle expirait »). Timoni dit qu'il fait l'inoculation au bras. Cf. Trans. R. Soc, avril, mai, juin 1714, no 339,
t. 29, p. 75 : extrait d'une lettre d'Emmanuel Timonius, communiquée par John Woodward : k The operator isto make several little wounds with a needle in one or two or more places of the skin, till some drops of blood follow, and inimediately drop out some drops ofthe matter in the glass [le pus pris sur un malade] and viix it luell with the Blood issuing out... The punctures are made indifferently in any of the fleshy Parts, but succeed best in the muscles ofthe Anii, or Radius. » Les médecins anglais faisaient l'opération au bras.
7. Pour la comparaison avec la fermentation, cf. n. i : il se peut d'ailleurs qu'il n'y ait pas là autre chose qu'une coïncidence. Legard Sparham (p. 16 et 36) emploie le mot levain (leaven). On le trouve aussi dans Hecquet, Observations, etc., p . 409 et passim. — « Whatsoever Blood is sent to tliat Part will be cljanged into the nature of the Leaven in the Sore (( (Legard Sparham, 16). — «... It must be propragated thro' the mass of the blood to ail Parts of the Body » (Jurin, An account ofa remarkable instance of the insertion of the S. P., Irans. R. Soc, Sept-Oct. 1722, no 373, t. 32, p. 193).
8. Les documents disent le contraire : cf. La Mottraye, plus haut, n, 6 ; et Woodward (Extrait de la lettre de Timonius, Trans. R. Soc, t. 29, p. 75) : « Observe they scarce ever make use ofthe matter of the Incisions for a new Incision. »
9. C'est en effet au soin de la beauté des enfants que La Mottraye rapportait cet usage. « Les parents (en Circassie) ont si fort à cœur la beauté de leurs enfants, qu'ils les portent souvent jusqu'à une journée et plus de chez eux dans les villages où ils apprennent que quelqu'un est attaqué. »
10. « Remarquez que c'est une chose fort commune en Circassie aux pères, mères, oncles, tantes, etc., de troquer ou de vendre leurs enfants, neveux, nièces, etc. Leur éducation leur a appris qu'outre le profit qu'ils en retirent eux-mêmes, ces enfants, surtout les filles, en rencontrent déplus grands, puisqu'elles passent par ce moyen dans les Harems des riches Turcs et même souvent jusque dans celui du Grand Seigneur, deviennent Impératrices, etc., sont habillées comme des Princesses et nourries délicieusement: éducation ou prévention généralement reçue, qui
l'ait que les filles troquées ou vendues par leurs parents, les quittent sans regret et sans pleurer, pendant que ceux-ci leur souhaitent de leur côté une bonne fortune et un bon voyage. » (La Mottraye, II, 82.) Voltaire ne pouvait ignorer La Mottraye, qui est unedes sources de son Charles XII (cf. de plus la note suivante). Mais un détail qui manque à La Mottraye et le tour littéraire du sujet se trouvent dans A dissertation coucerniug Iiioc. of the S. P., imprimé à la fin de A Practical Essay concertiing the S. P. by William Douglass M. D., London, lyjo. Voici le passage (p. 65) : « The Circassians living between the Euxine and Caspian Seas, livie ont of Mitid, hâve 'carried on a considérable Trade with Turkey and Persia, in selling their own children or young Slaves taken by Incursions froin thcir Neighbours ; but more especially their young women, being very Beautiful, are in great Request in the Seraglios and Harems of the Turks and Persians. While they are children, the)' procure them the Small Pox by Inoculation, or Médecine; those who retain their Beauties are Merchantahle, and bear a good Price : so ihat thefrsl Intention of Inoculation was not the Saving of Life, bnt as a more ready Way of procuring the Small Pox than by accidentai Infection ; that they might know what Beauties vvere Prool and would answer the Charge of being carried to Market. ».
II. «L'éducation, comme jel'ai déjà ditailleurs, enseigne au sexe k caresser les honnnes, et c'est la mode là, comme le contraire chez nous, au moins parmi les honnêtes femmes. » (La Mottraye, I, 337.) « On m'a dit pourtant... qu'il y a quelques Turcs plus ambitieux que riches, qui, ayant de très belles filles leur font apprendre à danser, à chanter, (•;/ un mot à plaire, et les confient à des marchands d'esclaves qui les vendent pour le lit de sa Hautesse. » (La Mottraye, I, 356.)
12. Dr. Nettleton {A letter... to Dr. fiirin, Trans. R. Soc Janv. Fév. Mars, 1722, n° 370, vol. 32, p. 50) : » But we hâve not yet found that evcr any had the distemper twice. »
13. Dr. Nettleton. (A letter... to Dr.furin, Trans. R. Soc, Nov. Dec. 1722, no 37.}, vol. 32, p. 210) : « Thosewho hâve been inoculated are in no more danger of receiving this distemper again
than those who hâve had it in the ordinary way. » (Cf. Dr. Jurin, Trans. R. Soc, vol. 32, p. 193.)
14. Sur l'inoculation en Turquie: La Mottraye, I, 461 et 474; Woodward, Trans. R. Soc, vol. 29, p. 72 ; W. Douglas, A Dissert, concerning Iiioc of the S . P. (1730), p. è6 : c A. 1701, it first began to be usedamongst the better sort in Constantinople » ; S. Brady, Some remarks upon Dr. Wagstaffe's Letter..., p. 15,.. « The Quality formerly averse to it, now for some years past hâve corne into it witliout hésitation. »
15. La plupart des documents ignorent que l'inoculation ait été attribuée aux Arabes, aussi bien les documents que Voltaire a pu voir que ceux que leD'' Tronchin a employés dans l'article Inoculation de V Encyclopédie. On trouve que « les Arabes ont donné les premières règles pour la cure de cette maladie », comme la saignée, etc. (Bihl. Angl., 1719, t. V., 2= P., p. 349), et que « les Arabes sont presque les premiers qui ont fait mention » de la petite vérole inconnue aux Grecs (ihid., 352) ; certains auteurs même soutenaient qu'elle n'avait apparu qu'au xiie siècle en Arabie (/. des Sav., Févr. 17 18, p. 135). Dans la première des trois dissertations latines imprimées à La Haye, 1722, Jacques de Castro écrit (p. 16) : «Arabes primi fuere qui nobis liujus morbi rationem tradidere. » Ni chez lui, ni chez les deux autres auteurs, Harris et Le Duc, il n'est question autrement des Arabes. Voltaire cependant n'a rien inventé et n'a pas fait de bévue. A la fin d'une brochure de John Gaspar Scheuchzer, M.D., F. R.S.,(Aiiaccountofthesuccessofiiioci(Jatiug the SmallPox inGreat Britainfor theyears iy27 and 1728, London, 1729), on trouve (p. 61) « a Paper relating to the inoculation of the small Pox as it is practised in the Kingdoms of Tripoli Tunis and Algiers, written in Arabick by His Excellency Cassem Aga, Ambassiidor from Tripoli and F. R. S. Donc into English, from the French of M. Dodichi, His Majesty's Interpréter for the Eastern Languages ». Après avoir expliqué la pratique de son pays, l'écrivain ajoute (p. 63) : « It is withal so ancient in the Kingdoins of Tripoli, Tunis and Algier, that nobody remembers its first rise ; and it is gencrally practised not only by the inhabitants of the Towns, but also by the wild Arabs. »
i6. « About this timc (17 17) the Ambassador's ingenious Lady, who had been at some pains to satisfy lier curiosity in this mattcr, and had made some uscful observations on the practice, was so thoroughly convinced of the safety of it, that she resolved to subject her only son to it, a very hopeful boy of about six years of Age. » (Mr. Maitland's Account of Itioc. the S. P., London, 1722, p. 7.) — «... Madame l'ambassadrice, personne autant respectable par sa haute naissance que connue et renommée par son esprit supérieur et quelques écrits qui marquent un génie porté au vrai..., prit la résolution et eut le courage de faire l'essai de cette pratique sur Monsieur son fils unique âgé d'environ si.\ ans. » (La Coste, p. 9, presque copié dans les Mémoires de Trévoux, juin 1724, p. 1077 ; mais Voltaire n'a sans doute pas connu ces deux écrits, cf. note 40.)
17. L'enfant était né en Angleterre. Les Montagne n'arrivèrent en Turquie qu'en 1716. Voltaire a confondu ce fils avec la fille dont Madame W. M. accoucha à Constantinople (Maitland, 8).
18. « Indeed where the Doctrines of Salvation are not known, and a regular Dépendance upon Providence is postponed to the absurd belief of a Fatality, there it is no wonder to see nien give
into impious or unreasonable Practices Let the Atheist
then, and the Scoffer, the Heathen and Unbeliever.. . . inoculate and be inoculated, whose hope is only in and for this life. (A sermon against the dangeroiis and sinful Practice of inoc, preached al St Andreu's' Holhorn, on Sunday, fnly the 8^'^, 1722, hy Edmund Massey, M. A., London, 1722, pp. 13 et 29.) Mais Voltaire n'a pas connu le sermon de Massey avant 1756 (cf. n. 40) : il n'a pas dû connaître non plus A let ter to the Révérend Mr. Massey, 1722, où la seconde phrase que je rapporte était citée (p. 15). Mais l'objection pieuse était partout. Cf. The Nezu Practice of Inoc. the S. P. considered and an Humble Application to the approaching Parliavunt for the régulation oj that dangerous experiment, London, 1722, (p. 7 : l'inoculation n'a jamais été pratiquée « among any Christian Nation that believed a Providence » ; p. 8, rappel du précepte « Thou shall not tempt the Lord thy God »; pp. 23, 30, etc.); An impartial Essay on the Inoculation of Small Pox, evincing that the Practice is absolutely un-
Idwful in ilst'If and aho very dam^erous and injurions lo Mankind, by a Divine of the Church of England (annoncé dans The Daily Journal du 12 nov. 1728). Voyez, sur cet état d'esprit du clergé anglais, The Gentleman' s Magasine, 1731 (Extrait de Grubstreet Journal, Dec. 23, no 103 ; au sujet de « sonie treatises against inoc. of the S. P. », composés par des ecclésiastiques); et ^735) P- S14 (Extrait de Grubstreet Journal , oct. 4, no 197, lettre de Democritus à Mr . Bavius : « The doctrines of the Bowstring and of Inoculation in the sniall Pox are both of Mahometan original and can never suit a freeborn English Constitution . » Sur quoi Bavius analyse et cite la lettre de Voltaire. En Français, La Coste, p. 1 18 ; Mémoires de Trévoux, juin 1724 (où l'on se moque des objections des théologiens anglais); Bihl. anglaise, t. X, p. 382 (Extrait des Trans. R. Soc, vol. 31, no 370, où l'on rapporte la réponse du Dr. Nettleton aux chrétiens qui ne croient pas l'inoculation « exempte de crime »). Même un médecin comme Hecquet n'hésitait pas à avancer que l'inoculation était « contraire aux vues du Créateur » (Observ., 1724, p. 415).
19 . « ...so that the young gentleman was quickly in a Condition to go abroad with safety... . And they (/i'5 boutons) ail fell off withoutleavingonemark or impression behiud them. » (Maitland's Account. . ., p. 8.)
20. W. Douglas (Diss., p. 67) rapporte que c'est le succès de l'inoculation pratiquée à Londres sur la fille de Lady Mary Wortley Montague par le Dr. Maitland qui encouragea la famille royale. Mais ni les documents anglais, ni la Mottraye ne parlent d'une communication directe de lady Mary Wortley Montague à la princesse de Galles.
21. Sur les rapports de Voltaire avec la princesse, plus tard reine Caroline, à qui il dédia l'édition de Londres de sa Henriade, cf. Ballantyne, V. 'svisit to England, 64-67, et 1 50-151.