‹ Lettres philosophiques:Chapitre 50 sur 108 · et ^2 Troisième cf. Introd., VI · texte numérisé non relu

et ^2 Troisième cf. Introd., VI

Lett. phil. I 4

50 aUATRlÉME LETTRE

les Quakers commencèrent à jouir par la force des Loix, 135 lie tous les privilèges dont ils sont en possession aujourd'hui 42. Pen, après avoir vu enfin sa Secte établie sans contradiction dans le pais de sa naissance, retourna en Pensilvanie 43. Les siens & les Amériquains le reçurent avec des larmes de joie comme un père qui revenoit voir ses enfans44. Toutes ses Loix avoient été religieusement t

observées pendant son absence, | ce qui n'étoit arrivé à [41] i aucun Législateur avant lui. Il resta quelques années à ■

Philadelphie, il en partit enfin malgré lui pour aller solliciter à Londres des avantages nouveaux en faveur du 145 commerce des Pensilvains4> : il vécut depuis à Londres jusqu'à une extrême vieillesse, considéré comme le chef d'un Peuple & d'une Religion. Il n'est mort qu'en 171846.

On conserva à ses descendans la propriété & le gou- 150 vernement de la Pensilvanie, & ils vendirent au Roi le gouvernement pour douze mille pièces 47. Les affaires du Roi ne lui permirent d'en païer que mille. Un Lecteur Français croira peut-être que le ministère païa le reste enpromesseset s'empara toujours dugouver|nement: [42] 1 5 5 point du tout, la Couronne n'aïant pu satisfaire dans le tems marqué au paiement de la somme entière, le Contrat fut déclaré nul, & la famille de Pen rentra dans ses droits.

Je ne puis deviner quel sera le sort de la Religion des

144. K denouveaux avantages... — J45. j^*-i^ [Pensilvains] : il ne les revit plus ; il mourut à Londres en 1718.

151. ^4*' 1200. — 158. Ce paragraphe maiiqiu dans ^4*-K\ à sa place, j6-K, après les mots en 1718, ajoutent : Ce fut sous le règne de Charles II qu'ils obtinrent le noble privilège de ne jamais jurer, et d'être crus en Justice sur leur parole. Le Chancelier homme d"esprit leur parla ainsi : « Mes amis, Jupiter ordonna un jour que toutes les bêtes de somme vinssent se faire ferrer. Les ânes représentèrent que leur loi ne le permettoit pas. — Eh bien, dit Jupiter, on ne vous ferrera point ; mais au premier faux pas que vous ferez, vous aurez cent coups d'étrivières48. »

160 Quakers en Amérique ; mais je vois qu'elle dépérit tous les jours à Londres; Par tout pais la Religion dominante, quand elle ne persécute point, engloutit â la longue toutes les autres ^9.! Les Quakers ne peuvent être membres du Parlement,^ ni posséder aucun Office,

165 parce qu'il faudroit prêter serment & qu'ils ne veulent point jurer. Ils sont réduits à la nécessité de gagner de l'argent par le Commerce ; leurs enfans enrichis par l'industrie de leurs pères, veulent | jouir, avoir des hon- L43j neurs, des boutons & des manchettes, ils sont honteux

170 d'être apellés Quakers, & se font Protesians pour être à la mode 50, ^^s,^^*^^^,^^^,^^ ^

COMMENTAIRE i

1. Source principale et presque unique : A collection of the Works of W. Penn, London, 1726, 2 v. in-fol., the Atithor's Life, au début du t. L — Sewel et Croese ne peuvent être que des sources très secondaires : leurs récits sont sur certains points en contradiction avec cette Vie très documentée. Ainsi Sewel (539) et Croese (286, suivi par Catrou, 129) convertissent Penn en Irlande à 22 ans, et non à Oxford à 15 ans.

2. Angl. ^^ : « About this time » et en note : 1666. Mais cette date résulte de la supposition que Penn (né en 1644) se convertit à 22 ans.

3. « His father became a peculiar favourite of the then duke of York » {The Author's Life, p. i).

4. « About the ijth year ofhis âge he was entered a student at Christ's Church Collège in Oxford... ; for he, zuith certain other students of that University, withdrawing from the National way ofworship, heldprivate meetings for the exercise of Religion ^ where

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