LE SA-NG, LA LYMPHE, LE CHYI.E
Jiiuyt'iiiie de 1,056. Les femmes et les jeunes geiis uni un san^^ plus léger et plus clair que les hommes faits. Mais ces circonstances elles-mêmes varient énormément suivant l'état sanitaire de l'individu ou l'absorption d'éléments solides ou liquides.
Parmi les substances contenues dans le sang, et qu'on ne peut apercevoir qu'au microscope, viennent tout d'abord les globules ou corpuscules rouges. Ce sont de petits disques arrondis et élastiques dont le diamètre atteint en moyenne J /186 millimètres. Ils ont, au microscope, une couleur jaune pâle, et c'est leur accunmlalion en grandes masses qui donne naissance à cette teinte que nous venons de mentionner. Les globules de l'homme ont la forme d'un disque un peu creusé vers le milieu avec renflement sur les bords, ce qui les rend assez sendjlables à des pièces de monnaie.
Leur masse parait homogène, ou du moins les diverses observations qui ont fait Conclure tantôt à l'existence d'un noyau, tantôt à celle d'un vide au centre, ne sont que des illusions d'optique ou des variations dues à des influences extérieures. Il est vrai qu'il y a dans les globules de la grenouille, beaucoup plus gros et de forme ovale, un noyau qui
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Fig. 10. — Éléments sanauins de la grenouille grossis 500 fois, a, globule sanguin ovale vu de face; b, le même vu par la tranche; c, globule blanc ou lymphatique.
Fig. 11. — Éléments sanguins et lymphatiques de l'homme grossis 800 fois, d, globules sanguins vus de face; e, un d'entre eux vu par la tranche; f, rouleau de globules accolés; g, g, globule blanc de la lymphe; //, vésicule graisseuse du chyle donnant à ce liquide son aspect lai-
produit même un renflement central et
dont l'existence ne peut être contestée. Mais, ici encore, nous nous appuierons de l'opinion toute récente d'un observateur scrupuleux, qui soutient que ce noyau est produit par un phénomène de coagulation, dû à l'influence de l'air sur la masse des globules, et que dans les globules non soumis à l'influence de l'air, on n'observe aucun novau de ce aenre. Il a fortement
été question aussi d'une enveloppe plus solide des globules et d'un liquide intérieur, mais il nous paraît plus vraisemblable d'admettre les globules comme généralement composés d'une substance albumineuse, spongieuse et boursouflée, V hémoglobine, dont la couclie extérieure est beaucoup plus dense, et se plie, se contracte, se dilate même jusqu'à éclater, sous diverses influences. Une des meilleures preuves de l'élasticité et du peu de consistance des globules se donne par l'observation de la circulation capillaire dans les parties transparentes des animaux qui, comme les grenouilles, ont des globules assez gros. Si un nouvel embranchement, si une sinuosité du vaisseau viennent arrêter le courant sanguin, en comprimant les globules et en les pressant les uns contre les autres, sous ces influences mécaniques ils changeront de forme.
On voit souvent des globules s'infléchir et devenir ovoïdes ou allongés pour entrer dans un capillaire très-ténu, puis reprendre leur forme en arrivant dans un vaisseau plus large. Les globules nagent séparément dans le sang en circulation et glissent facilement les uns à côté des autres. Ils s'agglomèrent volontiers en s'agglutinant par leurs surfaces lisses quand on les sort de leurs vaisseaux ou que la circulation est arrêtée, et forment ainsi des colonnettes assez semblables à des rouleaux de pièces de monnaie. La substance spongieuse, facilement dilatabU des globules, est d'une très-grande sensibilité à de diverses influences. Les globules se dilatent, par absorption, dans l'eau claire et dans les liquides moins concentrés que celui du sang ; ils deviennent alors sphériques et finissent par éclater en laissant vide une enveloppe très-miuae d'apparence membraneuse. Ils se contractent dans les solutions' saluréeWé sel ou de sucre, parce que ces liquicfës leur soutirent l'eau qu'ils contiennent. D'autres substances ont sur eux diverses influences chimiques. Les globules absorbent les gaz avec avidité, et ces ga^ peuvent même influer sur leur forme, comme il ressort des observations mentionnées plus haut à propos de l'existence d'un nucléus.
Mélangés aux globules rouges se trouvent, en plus ou moins
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grande proportion, des corpuscules sphériques, incolores, de j^randeur double, formés évidemment d'une enveloppe mince et transparente et d'une substance intérieure granuleuse, tantôt massée en un noyau, tantôt éparse à l'intérieur de renveloj)pe. On peut voir nager ces corpuscules entre les globules rouges dans les capillaires de la palmure transparente d'une patte de grenouille. Leur apparence et leur manière d'être, sous diverses iniluences, les rend identiques aux corpuscules de la Ivmplie; il n'est en outre pas douteux que ce soient bien là des globules de la lymphe qui se déversent avec celle-ci dans le sang et s'y mélangent aux globules rouges.
Leurs changements de l'orme otfrent un phénomène curieux. Ces changements sont très-lents. De temps en temps les corpuscules poussent de côté et d'autie des prolongements qui plus tard se retirent. Souvent ils prennent une forme irrégulière.
Mis en contact avec des substances colorantes d'une grande divisibilité, comme le carmin ou l'indigo, ils les absorbent peu à peu. En outre, à l'aide de leurs prolongements, ils rampent len- ^'f; ^-- " "; /-^«/ cl.angeinen,. uc
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tement dans diverses directions. minutes; b, corpuscuic de la lymphe Ils sont donc capables de dé- ^^''^'^•
placements qu'on dirait volontaires. Ils se conq)ortent exactement comme les organismes les plus inférieurs, connus sous le nom d'amibes, et nous représentent, dans leur forme la plus élémentaire, ces êtres microscopiques formés de sarcode ou de protoplasma, dont on s'occupe si assidûment depuis quelque temps. Les corpuscules incolores du sang, sont dans le corps de l'homme et des animaux supérieurs, une manifestation de la première transformation en substance vivante et ayant forme des matières organiques absorbées dans la digestion.
Le plasma ou liquide du sang est clair, transparent, incolore
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et si gluant, qu'on peut l'allonger en tilaments entre les doigts. Il renferme beaucoup de substances dissoutes et varie beaucoup de composition, cela se comprend, suivant les substances qu'il a absorbées. Sa nature gluante provient suvioui de Y aWiimine qui y est dissoute en grande quantité et qui ne diffère en rien quant à sa composition chimique du blanc de l'œuf d'une poule. Un second élément du liquide, plus facile encore à distinguer que l'albumine à cause de ses propriétés particulières, c'est la fibrine. Elle parait complètement dissoute dans le plasma vivant, mais se coagule et s'isole aussitôt que le sang est extrait du corps, ou même lorsque son cours est momentanément suspendu dans une veine. L'albumine, la fibrine, ainsi que la caséine qu'on n'a point encore trouvées dans le sang, mais que l'on trouve ailleurs, appartiennent à un groupe remarquable de substances composées qu'on peut appeler protéiqiies ou albuminoïdes et qui sont les éléments régénérateurs mêmes du sang; ces corps se retrouvent aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal. Il faut ajouter à ces combinaisons albuminoïdes un quatrième élément essentiel, la globuline qui, toutefois, n'existe que dans les globules rouges, mais point dans le plasma. Toutes ces substances ont des propriétés presque concordantes, et chacune d'elles présente, sous différentes influences, une modification soluble et une autre insoluble. Leur composition chimique, sans être identique, offre de grandes analogies et leur décomposition engendre souvent des produits identiques.
On a abandonné depuis longtemps l'hypothèse qui faisait regarder ces corps comme des combinaisons d'une base organique formée de carbone, d'hydrogène, d'azote et d'oxygène, et qu'on nommait la protéine, avec diverses quantités de soufre et de phosphore ; il est cependant indubitable que ces corps albuminoïdes ont de grandes analogies entre eux, et surtout qu'ils peuvent se remplacer mutuellement et se transformer l'un dans l'autre avec une grande facilité. On peut donc les appeler sahstauces protéiques pour les désigner par un nom collectif. H est aisé de distinguer la fibrine de Talbumine et celle-ci de la ca-