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I.F, SANG, L.\ LYMPHE, LE CHYLE

séinc. En admettant que la fil rine préexiste dans le sang vivant, ce qu'on n'a point encore parCailenient prouvé, il faut admettre oussi que la fibrine non décomposée ne peut être dissoute que dans le sang circulant dans le corps vivant. Après la mort ou quand le sang s'est écoulé des vaisseaux, la coagulation sépare la fibrine. L'albumine, au contraire, se dissout facilement dans l'eau, mais se coagule dès qu'on cbauffe au-dessus de 75 degrés centigrades. La globuline demande pour se cailler une température plus élevée encore ; elle est cristallisable et se précipite au jnoyen de l'acide carbonique. Enfin, la caséine reste dissoute dans l'eau à toutes les températures, mais elle se coagule sous l'infiuence d'acides ou en présence de la muqueuse d'un estomac de veau. Elle se dépose alors en flocons.

La coagulation du sang commence immédiatement avec son écoulement bors des veines. Elle est due à la fibrine seule, qui se dépose en général, en se séparant du plasma, sons forme de petites mottes et de feuillets microscopiques. Elle attire tout d'abord à elle tous les globules du sang et tout le liquide, d'où résulte cette apparence molle et gélatineuse du sang caillé. Peu après, la fibrine continuant à se contracter, le liquide exsude de tous lesvcôtés de la masse ; cette action cbimique ne cesse que lorsque le sang s'est définitivement séparé en deux parties: un liquide jaunâtre, qui est le liquide sanguiii ou sérum^ et une masse rouge et à (lemi-solidifiée, le cnior ou caillot. Si l'on empêche, par une violente agitation, en frappant le sang avec des baguettes, l'emprisonnement des globules sanguins dans les caillots de la fibrine, il ne se forme pas de cruor; la fibrine se dépose alors en filaments et en flocons irréguliers et blanchâtres sur les baguettes dont on se sert pour agiter la masse sanguine. On peut ainsi séparer assez complètement la fibrine du sang, tandis que tous les globules restent suspendus dans le sérum. Si on laisse reposer quelque temps ce li(piide rouge privé de sa fibrine, les globules descendent et le sérum transparent et jaunâtre surnage ainsi. Par la coagulation dirigée de cette manière, la fibrine seule se sépare du plasma ; le sérum est un plasma sans fibrine,

et le criior résulte de runioii de la fibrine coagulée avec les ^ilobules sanguins.

La cause de la coagulation du sang est encore inconnue. Mais il paraît certain qu'elle est surtout provoquée par le contact avec l'oxygène de l'air et principalement avec cette modification de l'oxvgène appelée ozone. 11 semble, en outre, que ce contact ne soit point la seule cause de cette action chimique qui est encore une énigme pour les savants. Un grand nombre de substances, et et entre toutes les solutions concentrées de sels, empêchent la l'ormation du caillot ; d'autres la retardent. 11 se pourrait même que la fibrine n'existe pas préformée dans le sang qui circule dans les vaisseaux du corps vivant, mais qu'elle se forme au fur et à mesure par l'effet d'une action analogue à la fermentation, exercée par une substance contenue dans le sanjï et provoquant la formation de caillots aux dépens d'une autre substance susceptible de se coaguler.

Les globules rouges ont un poids spécifique plus considérable que le plasma ; ils finissent par former un dépôt dans le liquide. Mais la coagulation du sang est en général si rapide, qu'ils n'ont pas le temps de se déposer, ce qui fait du sang une masse d'un rouge uniforme. Si le sang contient beaucoup de fibrine, les globules ne tardent pas à se masser en colonnettes, et dans cet état s'affaissent bien plus rapidement à cause de la diminution de surface produite par leur réunion et qui donne moins de prise sur eux à la résistance du liquide. Alors la fibrine, qui se coagule à la surface du sang, ne renferme plus que les corpuscules de la lymphe qui sont blancs et de moindre densité. Dans ces circonstances, la fibrine perd sa couleur rouge, elle devient jaunâtre, presque incolore, et forme comme une membrane étendue sur le cruor qu'on appelle la couenne. On sait que cette couenne s8 trouve toujours sm^ le sang qui contient beaucoup de fibrine, dans les maladies inflammatoires, chez les femmes enceintes, etc. Son apparition ne dépend pas d'un ralentissement dans la formation du caillot, mais de la chute précipitée des globules qui, réunis en colonnettes, descendent plus rapidement.

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