‹ Lettres physiologiquesChapitre 3 sur 103 · VII, PRÉFACE · texte numérisé non relu

VII, PRÉFACE

ces ébauches de lout genre, on se dira peut-être : A quoi bon tout ce désordre? Peut-il en sortir quelque chose?

Il en est de même dans les sciences exactes : on se perd dans cette infinité de détails, dans cette profusion de matériaux et de faits accumulés de toutes parts. Chaque jour apporte un nouveau contingent d'observations en apparence incohérentes, d'expériences isolées, d'erreurs à corriger; mais, en groupant ces faits, on s'aperçoit que certaines lignes principales se dessinent au milieu de ce chaos; on y remarque des directions jalonnées d'avance, et on se persuade que les travaux plus féconds sont ceux qui ont été entrepris et continués suivant un plan méthodique et en vue d'un but déterminé, quoique souvent éloigné. Un homme que j'aime à citer, parce qu'il a guidé mes premiers pas dans la science, Justus Liebig, dit avec raison : « Les résul- « tats de tout travail scientifique portant le sceau de l'excelc( lence peuvent s'exprimer en quelques mots. Ces quelce ques mots restent des faits impérissables. Mais pour les « trouver, il a fallu peut-être des expériences sans nombre, « des travaux sans fin. Ces travaux mêmes, ces expériences « compliquées, ces appareils montés à grand'peine tombent « dans Toubli, dès que la solution des questions posées est « trouvée; ce sont les puits, les galeries qu'il a fallu creu- « ser, les échelles qu'il a fallu ajouter bout à bout pour « arriver au riche filon qu'il s'agissait d'exploiter ; ce sont c( les canaux et les pompes, qui dégagent les eaux et les gaz c( délétères, dont la présence rendait h mine inaccessible. « Tout travail, même le plus insignifiant en apparence,

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