PRÉFACE. IX
« doit avoir ce caractère, «savoir, que d'un certain nom- « bre d'observations doit <q dégager une conclusion nette « et précise. »
Pouvons-nous dire que la physiologie soit arrivée à ce point? Est-elle assez avancée pour que nous puissions connaître les lois de la vie? Graves questions sans doute, mais qui seront résolues par raftirmative ou par la négative suivant les convictions personnelles de celui qui est appelé à les juger.
La tâche de la physiologie est peut-être la plus compliquée de celles de toutes les autres sciences. La vie de l'organisme, et surtout de l'organisme le plus élevé, n'est possible qu6 par le concours des forces les plus diverses. Pour les analvser, il faut s'adresser à une foule de sciences auxiliaires, mettre à contribution toutes les données de la mécanique, de la physique, de la chimie et pousser les recherches sur la structure du corps et de ses organes aussi loin que le permettent nos appareils les plus pénétrants. Il est vrai qu'une certaine école, qui subsiste encore çà et là dans quelques recoins perdus du monde scientifique, avait rendu la tâche bien plus facile, quant aux recherches sur les phénomènes que présente la vie. La force vitale, agent mystérieux, entièrement inconnu et inconnaissable, tirait d'embarras l'observateur qui se trouvait arrêté devant un fait inexpliqué ou un problème en apparence insoluble. La force vitale digérait, nourrissait, absorbait, sécrétait, recevait la sensation, provoquait la pensée et la volonté. Pourquoi se rompre la tête et suivre à la piste tous ces phéno-