I.A XT'TRITION
réactions sont si incertaines qu'on ne peut les reconnaître exactement à cause des petites quantités sur lesquelles il faut agir. Ce serait aller trop loin, que de vouloir s'appesantir sur les métamorphoses chimiques connues jusqu'à ce jour. D'ailleurs, ces connaissances sont trop peu certaines sur beaucoup de points par les raisons mentionnées plus haut.
L'étude physique et mécanique des transformations dans les éléments constituants du corps offre beaucoup de difficultés. Les changements d'aspect observés dans ces éléments, qui constituent les tissus, tels que cellules, fibres, etc., sont très-difficiles à déterminer, car on ne sait ordinairement si ces aspects différents représentent une substance en voie de formation ou en voie de destruction. Les changements qui se passent dans les tissus sont souvent si faibles qu'on ne sait s'ils sont produits par l'activité vitale elle-même ou par la manière dont on a traité ces substances.
On a cru autrefois avoir trouvé dans les ori^anes solides du corps, les os et les dents, un moyen poursuivre la nutrition et les métamorphoses des tissus pas à pas. On avait remarqué qu'en nourrissant les animaux, surtout des animaux encore jeunes avec de la garance, les os se coloraient d'une manière plus ou moins intense en rouge. Si l'on nourrissait tour à tour l'animal avec de la garance et avec d'autres substances privées de cet agent de coloration, on trouvait en sectionnant les os des couches alternativement blanches et rouges et indiquant les différentes périodes de nutrition. On avait pensé que ces couches se dirigeaient insensiblement de l'extérieur vers l'intérieur où se trouve la moelle des os. Cette marche supposée des couches était, suivant quelques observateurs, la meilleure preuve des transformations continuelles opérées dans les tissus. On pensait que le périoste déposait toujours de nouvelles couches tandis qu'à partir du canal médullaire se faisait une résorption constante. Si on plaçait entre le périoste et l'os lui-même des (ils de platine ou de petites plaques, le résultat était analogue. Ces corps avancèrent peu à peu de l'extérieur de l'os vers l'intérieur et arrivèrent
enfin dans le canal médullaire, sans que l'os ait subi la moindre variation dans sa grosseur. Si les rapports étaient aussi simples que les premières expériences semblaient le montrer, on aurait pu, en effet, déterminer par leur moyen le temps nécessaire pour l'échange des tissus dans les parties solides du corps. Mais on a pu se convaincre bientôt que la couleur rouge des os provenait de ce que la matière colorante, circulant avec le sang, produisait avec le phosphate de chaux des os un précipité très-peu soluble. Ce précipité est peu h peu enlevé par le sang quand on ne nourrit plus l'animal avec la garance et le tissu même des os ne subit pas de transformation visible, pendant que tous ces phénomènes s'accomplissent. L'action du sang qui enlève cette couleur atteint naturellement son maximum là où il y a le plus de sang en circulation, et de même c'est aussi dans les parties des os qui reçoivent le plus de sang que le dépôt de matière colorante est le plus considérable. La masse sanguine est grande surtout autour du périoste, les couches blanches et rouges viennent donc tout simplement de ce que la matière colorante est 'alternativement déposée et emmenée. Les tissus osseux sont trèspeu variables quant à leurs éléments, et on a pu voir par les essais de nutrition mentionnés plus haut où l'on a employé des substances qui ne contiennent pas de cendres que l'échange des tissus n'est que très-faible dans les os et nécessite un temps assez long.
Ces essais ont donc montré qu'il fallait s'adresser surtout aux parties molles du corps ; mais il n'est pas facile de déterminer pour elles une mesure certaine. Il faut bien se dire que le sang qui est la condition indispensable de tout échange transforme aussi dans sa propre masse la plus grande quantité de substances ; il est donc probable que les globules du sang ne sont pas des corps invariables et sont soumis à des transformations continuelles. On a vu les globules de la lymphe rougir de plus en plus en s'avançant dans le canal thoracique et en arrivant près du courant sanguin. Ils finis.sent par ressembler aux globules du sang. On a aperçu en outre dans les globules sanguins des trans-