X PRÉFACE
mènes? Quelques phrases bien tournées, quelques aperçus nuageux, quelques pensées soi-disant profondes, mais en réalité incompréhensibles, rendaient inutiles ces longues investigations, ces analyses chimiques hérissées de difficultés, ces vivisections pénibles, même pour celui qui les exécute ! Cette vaine hypothèse arrêtait ainsi tout progrès dans la connaissance des fonctions normales du corps, comme dans Texplicatioii de ces fonctions anormales, désignées sous le nom de maladies. La force vitale agissait à sa guise dans le corps sain, se défendait à sa manière contre l'invasion de la maladie dans le corps affaibli, et finalement Succombait ou triomphait suivant le destin ou la volonté de la Providence.
Heureusement on a quitté cette voie funeste; on a reconnu que Ton ne peut étudier et connaître les phénomènes vitaux qu'en les comparant continuellement avec les phénomènes du monde inorganique, que les mêmes forces agissent sur la matière dans les deux règnes de la nature, et doivent être analysées de la même manière, et qu'enfin, on ne peut arriver à des résultats positifs, qu'en soumettant tous ces phénomènes, dits vitaux, à la mensuration et au calcul. Plus la machine de l'organisme est compliquée, plus il faut multiplier les observations et les expériences, en s'entourant de toutes les précautions imaginables, afin d'éviter les erreurs et d'exclure des agents étrangers qui pourraient, par leur intervention, compromettre le succès de l'expérience. La physiologie n'a fait des progrès réels et incontestables qu'à partir du moment où elle a suivi cetle