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L'ŒUF ET SES ENVELOPPES DANS L'L'TÉRUS

qu'une couche tenace et membraneuse dans laquelle les cellules s'aplatissent par la pression qu'elles exercent les unes sur les autres, elles prennent des formes hexagonales; une couche de cellules de ce genre, vue par sa surface, présente alors à peu près l'aspect d'une fenêtre antique, dans laquelle des carreaux hexagonaux sont reliés les uns aux autres par des filets de plomb. La marche des cellules vers la périphérie atteint son maximun dans la formation de la couche membraneuse dont nous venons déparier; cette couche, fortement adhérente à la paroi interne de la zone,- est formée des plus belles cellules tabulaires hexagonales que l'on puisse voir. Chacune de ces cellules présente un noyau central clair : c'est la vésicule primitive et Iransparente de la sphère de fractionnement. Le contenu granuleux est d'abord distribué dune manière uniforme dans la cellule, maison voit bientôt commencer l'absorption graduelle de ces granules plus foncés par les parois cellulaires, et comme la cellule même est aplatie, les granules qui persistent le plus longtemps se présentent sous forme d'un anneau de substance granuleuse groupée autour du noyau transparent.

Pendant que ces transformations se font dans les cellules elles-mêmes, l'œuf s'agrandit de plus en plus par l'absorption de liquide à l'intérieur, et la zone elle-même s'étend considérablement. La zone, primitivement semblable, sous le microscope, à un anneau brillant et proportionnellement assez épais, placé autour de la sphère vitellaire, présente, au moment où l'œuf arrive dans l'utérus, l'apparence d'une membrane fine et si mince, qu'on ne peut plus découvrir en elle de double contour. Cette extension graduelle de la zone qui s'est dévtdoppée pendant le fractionnement, la transformation des sphères de fractionnement en cellules, et le dépôt de ces sphères en une couche continue périphérique, constituant un sac membraneux rempli d'un liquide clair, toutes ces actions réunies ont donné à l'œuf, une fois arrivé dans l'utérus, une apparence toute différente. Il est presque transparent, du volume d'une grosse tête d'épingle, et composé de deux membranes minces emboîtées l'une dans

l'autre; l'une, extérieure et sans structure, représente la zone très-amincie que l'on appelle alors le chorion, tandis que l'autre, intérieure, est formée des cellules agglutinées les unes aux autres. Nous appelons cette membrane intérieure, formée de cellules, la vésicule ou membrane blaslodermique ; c'est dans cette expansion cellulaire que se développent les premières formations cinbrvonnnires.

l'iy. 80. — Œul' de chien, de grandeur liaUirolIe cl gr.):b':, [jr.s d iiis l'ulériis. l/œu!' est formé de deux vésicules membraneuses emboîtées Tune dans l'autre; la membrane extérieure, constituée par la zone démesurément distendue, est couverte île villosités et porte dorénavant le nom de cborion; la membrane interne, la véhicule germinative, est séparée du clioriou par un intervalle. On voit dans l'intérieur de l'œuf l'accumulation opaque, l'aire germinative, sur laquelle se développera l'embryon. — a, zone à villosités (chorion); b, vésicule germinative; c, aire germinative.

Fig. 81. — Œuf de lapin pris dans l'utérus. — a, zone pellucidc; b, vésicule germinative formée de cellules hexagonales en pavé; c, accumulation de cellules internes.

L'œuf du cochon d'Inde, qui diffère par beaucoup de particuarités curieuses des œufs d'autres mammifères, se distingue surtout aussi par le fait que son enveloppe extérieure, la zone, se perd complètement dans l'utérus ; l'œuf ne représente alors <{u'un corps cellulaire simple qui se confond avec la muqueuse de Futérus en s'y attachant; il ne se forme pas autour de l'œuf de membrane extérieure.

On reconnaît dès l'abord, aussitôt que la .membrane blastodermique s'est formée dans toute la périphérie de l'œuf, que toutes

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les cellules n'ont pas été employées dans ce but, mais qu'à un certain endroit il y a encore une accumulation de matériel ??ous l'orme de cellules foncées, constituant un amas arrondi et incomplètement délimité à la paroi interne de la membrane blastodermique. Tandis que dans les cellules aplaties de cette membrane , les granules foncés ont disparu en ne laissant qu'une coucbe annulaire autour du noyau , on trouve dans l'amas dont nous venons de parler des cellules qui ont encore conservé leur forme primitive de vésicules arrondies et remplies conq)létenient d une masse granuleuse; il en résulte qu'elles ressemblent, sous tous les rapports, beaucoup plus aux sphères de fractionnement primitives , que les cellules aplaties et devenues transparentes de la membrane blastodermique. Cet amas de cellules, que nous appellerons dorénavant Vaire genninalive, constitue l'endroit où se formera plus tard rembryon : l'aire germinalive est le point central dont part la formation du nouvel être, et les cellules qui y sont accumulées constituent le matériel de construction des premiers éléments de l'embrvon. Toutes les formations nouvelles dont nous parlerons dans la suite, et dont la succession continue sert à former l'embryon, commencent d'abord dans Taire germinative, et quelques-unes même ne le dépassent jamais. Le reste du liquide contenu dans le vitellus qui s'est déposé à l'intérieur de la membrane blastoderinique, et présente l'aspect d'une gélatine un peu épaisse, ne s'y trouve, cà ce qu'il paraît, que dans le seul but d'aider à h construction du matériel des cellules. Ce liquide est absorbé graduellement, à l'exception d'un reste de peu d'importance, et pendant ce temps il se dépose des couches toujours nouvelles de cellules servant à former les organes dans l'aire germinative.

Ce dépôt successif, cette prolification des masses cellulaires qui doivent former le corps de l'embryon, nous prouve Texistence évidente d'un développement qui va de l'extérieur à Tintérieur. Les cellules périphériques sont toujours plus avancées dans leur ensemble que celles qui sont placées à l'intérieur vers le centre de Fœuf, et Ton peut affirmer en général que dans

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tout le développement embryonnaire, un organe et une couche cellulaires sont d'autant plus développés qu'ils se trouvent plus près de la périphérie. Si Ton étudie cetle tendance dans ses rapports avec Tœuf dans son ensemble, Tactivité formatrice irait de l'extérieur à l'intérieur, de la périphérie vers le centre ; mais il faut bien se rappeler aussi que le centre des formations embryonnaires n'est, en général, pas placé à l'intérieur* de l'œuf, mais à l'endroit où était située la vésicule germinative dans l'œuf non fécondé; par suite de la formation antérieure de l'œuf, le vitellus était placé excentriquement autour de l'endroit où se formait Tembryon. Cet endroit est pour les formations embryonnaires le centre depuis lequel elles se développent dans toutes les directions, aussi bien vers le centre de l'œuf qu'à la surface de la membrane blastodermique dans tous les sens. On distingue par conséquent dans l'œuf une double tendance dans les constructions qui s'accomplissent. D'un côté, il se constitue un matériel qui, travaillé de l'extérieur à l'intérieur, se dépose continuellement par de nouvelles couches sur la face ventrale de l'embryon. Ce matériel sert en même temps à former des organes qui se développent en rayonnant de l'axe de l'embryon à la périphérie. On peut donc avec raison comparer l'embryon à une formation parasitique dont le germe a été placé quelque part dans l'œuf, et qui s'étend depuis cet endroit dans tous les sens par-dessus l'œuf, l'entoure et l'envahit par l'action de son développement très-actif pour l'absorber à la fin complètement.

La première formation reconnaissable dans l'amas foncé des cellules de l'aire germinative est la division de cette aire en deux couches concentriques cellulaires, et placées l'une sur l'autre. L'aire germinative est formée alors d'une double couche de cellules dont chacune est plus épaisse au centre de l'aire germinative même que vers la périphérie. La couche intérieure, plus épaisse, pas.^e immédiatement sur ses bords dans les cellules polyédriques et aplaties de la membrane blastodermique; cette dernière, formée d'une couche cellulaire simple sur toute la périphérie de l'œuf, paraît pour cette raison épaissie et sem-

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