I/ŒIT ET SES ENVELOPPES DANS L'UTÉRUS
blable à un bouclier dans l'aire germinative. On ne distingue au commencement la couche intérieure de cellules que sur l'aire germinative même, mais celte couche s'étend bientôt de tous côtés sous la couche extérieure de la membrane blastodermique, et couvre peu à peu l'œuf tout entier pour se fermer au pôle opposé à Taire germinative, en furmant ainsi une vésicule saccoïde. Les cellules de cette couche interne sont plus foncées et plus granuleuses que celles de la couche externe. On peut facilement, par conséquent, en déterminer les limites. On a observé des œufs dans lesquels cette couche interne de cellules ne recouvrait qu'un tiers ou la moitié de la sphère, tandis qu'elle l'entoure complètement dans d'autres œufs. Aussitôt que le cercle est fermé, la membrane blastodermique se trouve formée de deux sacs emboîtés l'un dans l'autre. L'œuf est composé par conséquent, aussitôt que la formation de ces deux feuillets est terminée, d'unliquidevitellaire intérieur clairet tenace, entouré de trois sacs concentriques sphériques. Le sac le plus extérieur est fermé par une membrane fine et sans structure. C'est la zone pellucide excessivement distendue, qui se couvre déjà alors de villosités. Les deux sacs intérieurs sont formés chacun d'une couche cellulaire qui s'épaissit à l'endroit de l'aire germinative. Ce sont ces deux couches qui prennent part à la formation de l'embryon.
L'embryogénie n'a été appréciée à sa juste valeur que depuis le commencement de notre siècle ; comme on ne savait au commencement vaincre complètement les difficultés qui s'opposent aux recherches sur l'œuf des mammifères, on choisit, pour les observations, l'œuf de l'oiseau et surtout celui de la poule parce que l'on pouvait toujours se procurer, par une incubation soit naturelle, soit artificielle, des œufs à un certain état de développement. On reconnut ici aussi la membrane blastodermique et sa division en plusieurs couches ou feuillets, et comme on avait remarqué que de chacun de ces feuillets se développait un groupe particulier d'organes servant à former le corps de l'embryon, on fit pour chacun des feuillets des schémas généraux, et on examina
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la genèse de l'embryon d'après ces divisions schématiques fondamentales. Les anciens observateurs, dont les recherches furent reconnues exactes depuis par tous les savants exempts de préjugés avaient constaté que le germe était composé dès l'abord de deux couches cellulaires ou feuillets, l'un supérieur l'autre inférieur ; on a retrouvé ces deux feuillets chez tous les animaux, même chez les plus inférieurs, comme par exemple notre polype hydraire d'eau douce. On a donné à ces couches les deux noms généraux d'ectoderme pour l'extérieure et à'entoderme pour l'intérieure. Les organismes les plus inférieurs, comme les éponges, les polypes etc., sont même pendant toute leur vie uniquement formés de ces deux couches primitives, tandis que dans les animaux supérieurs ces deux couches se fondent de beaucoup de manières, s'enchevêtrent et se replient l'une dans l'autre, ce qui fait disparaître plus ou moins l'ébauche primitive. On a trouvé par exemple chez le jeune poulet, qui sous ce rapport ressemble complètement à l'homme, qu'il se forme, bientôt après le commencement de l'incubation, par un épaississement et un fractionnement du feuillet inférieur, un feuillet supérieur ou extérieur, un feuillet médian et un feuillet inférieur ou interne. Ces trois feuillets se confondent au bord de l'aire germinative. Après beaucoup d'hésitation sur le rôle de ces feuillets, on a hiii par appclei' le feuillet supérieur feuillet sensoriel, le médian, feuillet (jerminomoteur, et l'inférieur, feuillet trophique ou glandaire. Du feuillet supérieur se développent la peau extérieure, les organes des sens et le système nerveux central ; du feuillet moyen, le squelette, les muscles et les organes génitaux, et du feuillet inférieur le canal intestinal avec ses dépendances.
l'our nous représenter les rapports de ces trois feuillets avec la position des organes, supposons un instant que le corps de l'homme soit ouvert par une section verticale faite dans la ligne médiane depuis la bouche jusqu'au bassin, et que les cavités pectorale et abdominale soient ouvertes de cette façon. Admettons que l'on ait agi h l'égard d'un cadavre humain de la même manière (ju'à l'égard d'un animal tué par le boucher, qui ouvre le