L'ŒUF ET SES ENVELOPPES DANS L' ITERES
corps tout entier pour enlever les viscères. Pour compléter cet exemple, supposons que le cadavre ainsi préparé, avec la surface abdominale et l'estomac, qui représenterait l'intestin tout entier et ses dépendances (le poumon, le foie, etc.) ouverts, soit étendu sur une sphère ; celle-ci se trouverait ainsi entourée par les parois ouvertes de tous les organes dont nous venons de parler. Dans quelle position se présenteront les différentes parties du corps humain après cette opération?
On reconnaîtra comme parties extérieures la peau avec les organes des sens s'ouvrant à sa surface, la colonne vertébrale avec la tète, les membres, les masses musculaires et les os qui forment le tronc. Le cerveau et la moelle épinière seront ainsi les organes les plus extérieurs, n'étant couverts que de la peau des muscles et des os qui leur servent d'enveloppe. Immédiatement sous la moelle épinière et du côté de la sphère, la colonne vertébrale se courbe autour de cette dernière, et les membres, les bras et les jambes se présentent comme des expansions latérales de cet axe courbé. Tous ces organes correspondent aux deux feuillets extérieurs de la membrane blastodermique Ils en naissent et présentent par conséquent aussi une position externe, aussitôt que l'on place le corps de l'adulte dans une position correspondante à celle que l'embryon occupe par rapport au vitellus. Entre les organes dont nous venons de parler et la sphère sur laquelle nous avons étendu le corps se trouvent les viscères, qui remplissent les cavités de la poitrine et de l'abdomen, 11 v a en avant le cœur, en contact immédiat avec la sphère, audessus de lui les poumons, la trachée-artère et l'œsophage, et plus en arrière, l'intestin avec ses glandes. Tous ces viscères sont étendus entre les organes animaux et la sphère, et entourent immédiatement cette dernière. Ils forment une couche qui est par rapport aux organes de la vie animale une couche interne, ils correspondent par conséquent au feuillet glandaire de la membrane blastodermique.
La préparation et la position du corps, telles que nous venons de les décrire, doivent être bien comprises ; il faut qu'elles soient
gravées dans la mémoire, car elles donnent une image de la position embryonnaire et aident continuellement à faire comprendre les différents rapports que l'on voit naître dans le développement successif des organes. La sphère sur laquelle nous avons supposé que le corps était étendu sert à représenter le vitellus. Les embryons de tous les vertébrés sans exception sont courbés avec la face ventrale autour du vitellus, et suivant la différence des proportions, la sphère vitelline est tantôt complètement enfermée par les parois abdominales, tantôt seulement en partie ; dans ce dernier cas le reste est séparé de l'organisme sous forme d'une vésicule et demeure placé comme sac vitellaire en dehors de la paroi du corps. Cette position de l'embryon par rapport au vitellus n'est pas la même chez tous les animaux. L'embryon des insectes, par exemple, se recourbe avec la face dorsale autour du vitellus et la face ventrale est placée d'une manière périphérique par rapport à ce dernier. Chez les céphalopodes, le vitellus est placé dans l'axe du corps, et opposé à la tète, tandis que chez la plupart des autres mollusques on ne peut constater la présence de cette opposition.
On a voulu découvrir dans le cochon d'Inde une exception à cette position, caractéristique pour tout le règne animal, des formations embryonnaires par rapport au vitellus. L'embryon de ce rongeur est en effet placé, le dos tourné, contre une vésicule adhérente à l'utérus. Celle-ci a été prise à tort, par les observateurs, pour la vésicule vitellaire, car elle provient de l'union du feuillet muqueux primitif avec la paroi de l'utérus. L'exception que paraît présenter le cochon d'Inde vient seulement du fait que la vésicule ombilicale, dont nous parlerons plus tard, ne devient pas une vésicule, mais s'unit aux formations qui partent de l'utérus; en se soudant à ces produits utérins de manière à former une membrane inclinée de tout côté, elle simule la cavité de l'œuf. Les parois abdominales se ferment d'ailleurs chez le co'^hon d'Inde exactement de la même façon, du côté du cordon omi»i.ica. et des vaisseaux vitelhiires, que les parois abdominales des mammifères et de l'homme. Nous décrirons dans le cours de