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I.ŒUF ET SES ENVELOPPES DANS L UTÉRUS

celte lettre ce mode uniforme de fermeture. L'exception n'est par conséquent qu'apparente, elle n'existe pas en réalité, et cette première observation, répétée de nos jours, a fait reconnaître que le premier observateur était arrivé par des explications erronées à des résultats complètement faux.

Revenons aux feuillets de la membrane blastodermique. Ces couches distinctes de cellules organiques, ces feuillets germinatifs existent sans doute et ont une importance prépondérante dans la formation des organes ; mais on ne peut pas nier, dun autre côté, que cette importance a été exagérée théoriquement. Ces exagérations ont souvent même nui à l'adoption des faits sur lesquels se basaient des théories très-étendues. Au lieu d'admettre que ces feuillets croissent dans différentes directions, augmentant çà et là par des accumulations nouvelles de cellules et par des dépots de couches formés par le-vitellus, on les comparait à des draps ou des tapis, on les faisait se plier, s'étendre de différentes façons, pour former ici une glande, là un tube, à un autre endroit encore une enveloppe membraneuse. De nos jours encore, on a probablement attribué une influence beaucoup trop importante à cet élément mécanique de la croissance, en voulant même le soumettre à des calculs basés sur les plissements d'une membrane élastique. 11 est cependant indubitable que par la croissance inégale de certaines parties, d'autres sont gênées dans leur développement, poussées de côté, plissées et modifiées de maintefaçon. On reconnaît enfin, dans les trois feuillets, des amas de cellules étendus en couches et formant des expansions et accumulations qui représentent, au commencement, des groupes tout entiers d'organes. Les organes se forment en certains endroits dans ces ébauches par la croissance et l'accumulation de cellules dont l'activité est différente; de ces cellules naissent graduellement des parties élémentaires, telles que les exigent la structure et la forme des organes spéciaux qui s'y rapportent. Tout en laissant son importance à cette activité des cellules dans l'aire germinative et la membrane blastodermique, nous n'irons pas jusqu'à nier la séparation de la membrane blastodermique en

feuillets, ni le plissement de ces feuillets par l'influence mécanique des parties avoisinantes. L'un n'exclut pas l'autre, et la division de la membrane blastodermique est maintenant si évidente et prouvée d'une manière si irréfutable qu'il serait vraiment absurde de la nier pour des raisons toutes théoriques.

L'œuf des mammifères se trouve déjà dans l'utérus, lorsque les changements décrits plus haut se réalisent en lui. C'est alors que l'œuf commence à s'allier plus étroitement à l'utérus luimême, et cela de la façon suivante : il se forme à la surface extérieure de la zone excessivement amincie des villosités particulières (fiij. 80, p. 562), qui s'engrènent avec les villosités et les renfoncements que l'on observe à l'état normal dans la muqueuse de l'utérus. On peut se représenter cette union, en comparant les villosités de la zone et celles de l'utérus aux dents d'une scie, ou aux doigts de deux mains croisées. Ces villosités sont reliées les unes aux autres par une substance agglutinante. Dans l'origine, la surface de la zone tout entière est couverte de ces prolongements, mais ils se séparent les uns des autres et disparaissent graduellement à des places différentes, suivant l'espèce d'animaux à laquelle on a affaire, lorsque l'œuf se développe de plus en plus. Elles s'accumulent en même temps à d'autres endroits, augmentent en développement et entrent en rapport plus intime avec l'utérus. Les villosités deviennent plus tard, par les vaisseaux qui se développent en elles, de vrais organes nutritifs du fœtus. Chez l'homme, elles s'arrêtent dans l'œuf à un endroit déterminé, et plus ou moins elliptique; elles forment en cet endroit, en s' unissant aux villosités qui partent de Lutérus, une sorte de gâteau solide, le placenta. De ce placenta sortent d'un côté les vaisseaux sanguins, amenant des substances nutritives à l'embryon, et de Tautre côté y entrent des ramifications des vaisseaux utérins, desquels le fœtus tire sa nourriture. Nous examinerons par la suite plus particulièrement cet organe important, mais nous ferons remarquer qu'il naît des villosités dont les premiers commencements sont distribués par tout sur la zone.

L'ŒUF ET SES ENVELOPPE*» DANS LTTÉPaS.

Dans l'espèce humaine, l'utérus se préparc encore à la réception de l'œuf d'une manière particulière, que l'on ne retrouve identiquement la même que chez les singes; dans la plupart des autres mammifères, la formation résultant de cette réception éprouve des modifications différentes. Il se forme en effet,

Fig. 8-2. — Œuf humain fl'envintn deux mois, expulsé par une Ouïsse couche. La membrane caduque ou déciduo, épaissie et g' rgée de sang dunes façon anormale, forme un double sac. Dans ce sac et réuni à lui, en haut, se trouve le chorion villeiix, séparé de l'amnios par une substance gélalineuse et réliculée. La vésicule omliilicale se trouve dans cet espace entre l'amnios et le chorion, et envoie sa lige vers l'omliilic de lenibryon, qui lui-même est enfermé dans le sac de l'amnios, incisé dans le but de faire voir l'embryon. — a, sac interne; b, sac externe de ladécidue; c, espace rempli de gélatine réliculée cnlre l'amnios et le chorion; d, surface interne lisse du chorion; e, surface externe villeuse; f. vésicn'e ombilicale; g, ombryon enveloppé par l'amnios, assez serré.

dans la cavité interne de l'utérus, une membrane particulière d'un aspect floconneux, que l'on appelle la membrane caduque, ou la (lécidue. On a discuté beaucoup sur la structure et l'arrangement de cette membrane caduque, mais il semble qu'on soit tombé d'accord de nos jours sur ce point, qu'elle représente la

couche muqueuse interne de l'utérus, dont les glandes particulières se sont plus développées, ce qui donne à la membrane caduque son aspect tendre et réticulé. La décïdue est toujours lisse à la surface externe, qui est tournée vers les parois de l'utérus, tandis que sa surface interne est veloutée et couverte de villosités. On découvre, par un examen plus attentif, à l'intérieur de cette membrane, de nombreux vaisseaux sanguins très-fins, ainsi que des tubes allongés et en général cylindriques, qui s'ouvrent à sa surface interne. Ces tubes ne sont évidemment pas autre chose que des canaux très-développés des glandes de la membrane interne de l'utérus; celles-ci sont si petites et si peu développées dans l'utérus en dehors de l'époque de la grossesse, qu'on ne peut même démontrer clairement leur existence dans la plupart des animaux.

La formation de la décidue commence et se termine dans l'utérus, même dans les cas anormaux où l'œuf n'arrive pas jusque dans la cavité de la matrice. On connaît des cas dans lesquels l'œuf n'a pas été reçu dans l'oviducte, mais est tombé tout fécondé dans la cavité intestinale, où il s'est développé. C'est ce qu'on appelle la grossesse extra-utérine. Dans d'autres cas, l'œuf reste dans l'oviducte et se développe dans son intérieur sans arriver jusqu'à l'utérus. On a trouvé, malgré cela, dans tous ces cas une membrane caduque dans la matrice. La membrane est le résultat de l'état d'irritation produit dans l'utérus par la fécondation. C'est une formation dépendant uniquement de l'utérus, et l'œuf arrivant dans la cavité de la matrice rencontre devant l'ouverturei de l'oviducte la membrane caduque, qui s'y est formée. Il vient alors se placer au milieu d'elle, comme une graine dans un champ labouré. L'œuf est encore excessivement petit en arrivant dans l'utérus, car il a dans ce moment, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, à peine la grandeur d'une grosse tête d'épingle. L'tt'uf, arrivant dans l'utérus, ne peut donc guère exercer une impression mécanique appréciable sur la membrane caduque. Il s'introduit dans un des plis ou un dcs'enfoncements de la muqueuse lendre et floconneuse, peut-être aussi dans un canal

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