PRÉFACE. XI
méthode rigoureuse d'investigation. Si encore aujourd'hui quelques parties sont restées assez obscures, c'est, en réalité, parce quenous n'avons pas encore trouvé les voies et moyens qui nous permettraient d'étudier ces fonctions en suivant les mêmes méthodes. Quelques essais faits dans ces derniers temps donnent l'espoir que nous arriverons peut-être un jour à analyser les fonctions du cerveau comme nous analysons les fonctions du poumon ou de l'estomac; il nous sera permis, peut-être, de comprendre à l'avenir la pensée, la sensation et la volonté aussi bien que nous comprenons aujourd'hui, non-seulement la circulation et la respiration, mais aussi la vue et l'audition, auxquelles on applique non pas une philosophie psychologique et spéculative comme jadis, mais les lois de l'optique et de l'acoustique. En attendant, nous pouvons bien l'avouer, nos connaissances en physiologie, et nécessairement aussi en physiologie appliquée, c'est-à-dire en médecine, présentent toujours des lacunes dans toutes les questions où les méthodes exactes des sciences physiques n'ont pas encore trouvé leur application. Convient-il de négliger, vis-à-vis des résultats immenses, dus à l'application des sciences physiques, l'étude de la structure des organes et des organismes, de leurs rapports de forme et de leur combinaison en vue de l'exercice d'une fonction déterminée? Je suis d'autant moins porté à vouloir reléguer ces études au second plan, qu'elles se trouvent en connexion intime avec les recherches physiques et chimiques, et que les unes complètent les autres. Pour ne citer qu'un exemple, nous ne serions jamais parvenus à