‹ Lettres politiquesChapitre 12 sur 80 · IW · texte numérisé non relu

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pas *mème dans les masses , de ces instincts tout puissaQS qui tracent U voie et montrent le but aijx regards exercés des hommes d'Etat?

Que Ton s'entende donc d'abord sur le véritable intérêt national, sur la destinée pacifique, industrielle de la France I Que Ton arbore, s'il le faut;, en industrie, l'étendard de la protection, de la conservation; mais que l'on accepte les conséquences d'un tcil programme ! que l'on déclare, en face de cette production illimitée de l'Angleterre, que la France se préoccupe d'un autre problème ; qu'elle fait moins consister sa gloire et son honneur dans l'abondance, que. dans la distribution équitable des richesses; que le nouveau marché qu'elle veut s'ouvrir, ce n'est ni l'Inde, ni la Chine^ mais la population pauvre de ses villes et de ses campagnes , ses ouvriers et ses paysans ! Appuyée de cette tendance populaire, non seulement en France, mais en Europe, la rivalité contre l'An- ^eterre aurait l'avantage de mettre, en face de Fintéréf'du négoce britannique, un intérêt comniun à tout le continent. Il aurait l'avantage de s'enraciner dans les traditions di) système auquel se rattache la gloire de Napoléon, système dont la forme et le caractère ont seulement disparu , mais dont le principe est suffisamment justifié par le progrès des manufactures européennes.

La voie que j'indique. Monsieur le Duc, et dans laquelle l'opinion nationale pourra seulement trouver l'énergie qui lui manque , cette voie n'est

pas nouvelle ; elle a été tracée depuis longtemps par le gouvernement de 4850; on lui doit l'abolition de la loterie , l'établissement des caisses d'épargne, les écoles primaires , Tiostitution des prud^hommes dans les villes importantes, une foule d'établissemens^ de lois qu'il s'agit aujourd'hui d'étendre et de compléter.

Concluons!

La nouvelle convention relative à l'exécution du droit de visite trahit, dans notre situation extérieure, un changement grave. Notre politique n'est plus celle de l'isolement.

A l'alliance des deux peuplesa succédé l'alliance de leurs hommes d'État. De chaque côté du détroit, les cabinets entre lesquels avait été brisée l'alliance anglo*française, ont succombé. Des ministères nouveaux ont été formés, qui ont entrepris^ il faut bien le reconnaître, l'œuvre la plus hardie que l'on ait tentée depuis longtemps dans la diplomatie.

Leurs chefs qui s'étaient vus^ qui s'étaient connus et appréciés avant que les deux souverains les appelassent au pouvoir, se sont sentis assez sûrs d'eux* mêmes, assez sûrs de leurs intentions réciproques pour lutter contre l'esprit hostile des deux nations.

Ils se sont dit : un grave conflit a éclaté, mais il ne saurait créer un ressentiment éternel ; le temps et des réparations honorables, avouables^ doivent peu à peu rétablir la confiance et la bonne amitié. Nous, désintéressés dans la faute, servirons-nous des passions que nous ne partageons pas, ou favori-

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