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â duré plus qu'eux? une seule chose peut l'expliquer : c'est la destinée que ce peuple accomplit dans l'Europe Orientale, dans le centre et au nord de TAsie ; c'est la part que Dieu lui réservait dans la culture et dans la civilisation du globe.
La force principale des Russes est dans leur caractère national, dans cette résignation qui n'exclut pas l'activité, dans cette double soumission à Dieu et à l'Empereur qui n'est ni la fatalité antique^ ni le fatalisme oriental. Cette qualité, cette vertu est dans le sang; c'est un instinct de racequela religion et le pouvoir ont seulement développé.
La nation Russe est de toutes les nations de l'Europe la plus disciplinable, celle qui adopte le plus facilement la pratique, sinon la théorie de Tordre: c'est le peuple instrument par excellence. Dieu a voulu que cet instrument tombât presque toujours dans des mains puissantes. Mais jusqu'à Pierre I^, aucun des grands hommes qui marchèrent à la tête de ce peuple n'avait eu conscience de sa destinée.
Bien différens des premiers citoyens romains , en effet , c'est en se défendant contre les envahissemens de leurs voisins, que les Russes les ont peu à peu dominés, sans sedouterque ladéfenseles conduirait à l'attaque, et l'attaque à la conquête. Quand pour la première fois Dmilri-Donskoï battait Mamaï et ses Tar tares, il était loin d'imaginer que son peuple marchait en sa personne à la conquête de l'Asie centrale I Quand le bourgeois Min in délivrait Moscou , la ville sainte, il ne se doutait guère en chas^
saut lé* PtrfoMM lom du KrtinHB^ que, pAr loi^ U Ruaie faisait on premittr pas ^ers la dominatîcHi da la Pologne !
Pierre* le-Onfid fut la premier qui eût conscieBee de la destinée de la nation Russe. Depuis , le sentie meut de cette destinée n'a plus quitté le pouvoir. Aussi , la Russie , comparée aux autres États européens^ renferme-t-elle aujourd'hui le peuple le plus jeune et l'un des gouvernemens les plus vieux ; le seuly excepté celui de TAngleterra peut-être^ en qui se soit conservée une tradition qui n'a pas varié ; le seul^ sans Texoepter^ qui n'ait pas encore conmiis de faute^ ni subi un échec.
Sachons donc rendre justice a la Russie ; mais ne nous faisons pas illusion sur les avantages d'une alliance qui^ fondée nécessairement sur la guerre européenne^ ne pourrait nous offrir, hors des limites de l'Empire, aucun secours considérable ni soutenu •
Et pourquoi la guerre ? Pour reculer nos fron < tières jusqu'au Rhin! pour amener la Russie à Constantinople ! ... Je n'examinerai pas si la France a véritablement intérêt à détacher de TAllemagne les provinces Rhénanes , à détruire si t6t la jeune royauté belge quelle- même a fondée. Cette face de la question embrasse une foule de développemens étrangers àla Russie et demande une discussion spéciale. Mais tout le mon de conviendra que l'autre résultat, Tabandonde Constantinople^ n'est pas d'une bonne politique française. Je dirai même plus : il
est impossible ! car en éveillant par ses agrandissemens de territoire la méfiance et Tenvie de tous ses voisins^ la Russie s'est interdit la possibilité den faire de nouveaux^ malgré eux; car, pour elle, le temps des conquêtes militaires est passé; et elle entre, à son insu peut être encore^ dans une ère nouvelle où son principal travail sera de se replier sur elle-même , et de fonder les bases de sa prospérité.
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