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çaise pouvait opposer jusqne^à et avec succès fes deux cours de rAllemagoe. En se maintenant dans les termes de Tacte collectif du 27 juillet signifié à la Porte , Taccord des cabinets de Londres et de St.-Pétersbourg n'était pas à craindre tant que le concours de la Prusse et de rAutricbe était assuré à la politique de la France. Mais il eût fallu pour cela que cette politique restât ce qu'elle était, impartiale, modérée, respectable , qu'elle se préoc* cnpàt autant des droits sacrés du sultan que des exigences inquiètes et impérieuses du pacha d'Egypte. Il ne fallait pas changer le caractère des négociations, et d'une question qui n^avait rapport qu'à raffermissement de l'Empire ottoman et à la conservation de l'équilibre et de la paix européenne, faire une autre question toute constitutionnelle où la légitimité et la révolution fussent en présence , et qui, réveillant à la fois les passions de la France et les craintes de l'Europe, donnât aux réclamations^ aux lenteurs et à insistance du Cabinet français un caractère exclusif qui rappelait aux esprits la diplomatie de la propagande.
Ce danger était celui de la nouvelle ère dans laquelle on allait entrer.
Nous avons vu jusqu'à présent , Monsieur , le Cabinet français actif et respecté à Constantinople; il protège les cultes chrétiens^ fait liquider des créances désespérées, facilite la libération de la Turquie envers Saint-Pétersbourg afin de restituer à ^Empire ottoman ses frontières du nord , et
picifie enfin ses diff<toends avec le pscba» Le gouvernement communique avec les pniEsaoces par ses agens r^nliers , et ne prend «onseU qae de loimême.
Uais ici la scène change ; nous allons voir les Cabinets sabir en France de plus en plus rinfluence et presque la direction des journalistes. Alors commeoce une série d'actes que l'on pourrait appeler : les expériences diplomatiques de la presse de l'opposition, expériences désastreuses > signalées par d'impuissantes bravades, et par les plus amères déceptions 1 C'est le second point que je me suis proppsé de développer.
Pour se faire une idée exacte de l'attitude toute nouvelle qu'allait donner à la France, au mi* lieu de l'Europe, l'irruptitHi de la presse dans les négociations du gouvernement, il est nécessaire de préciser la différence radicale qui existait, quant à la question d'Orient, entre les principes diplomatiques maintenus jusque-là par les Cabinets européens Y compris le Cabinet français et les principes diplomatiques des journaux de l'opposition.
Aux yeux des diplomates, Uahmoud était un sonverain égal et allié des souverains européens; Méhémet un vassal puissant , dont il fallait régler les droits et contenir les envabissemeus. Aux yeux des joiirnalistes, Mahmoud représentait un pouvoir absolu et tyranniqne ; Méhémet^ le principe révo^ lutionnaîre triomphant.
Aux yenXi des Cabinets , le dfoii de cofltraiiièie Méhémet d'aooepter rarrangement par leqHel ao^ raieot élé réglés ses différends avec la Porte, n'était pas douteux. Aux yeux de la presse , les victoires du Pacha imposaient à FEurope l'obligation de le traiter avec égard et de ne rien régler qu'avec son cooseçtement.
La diplomatie enfin , instruite par Texpérience de la fragilité de toute convention directe que la coopération de l'Europe n'aurait pas consacrée , insistait pour que l'arrangement à intervenir eojlr'eux fût désormais le résultat d'un concert entre tous les Cabinets européens. La presse^ au contraire, confiante dans la supériorité de forces du Pacha^ et certaiae que si l'Europe n'intervenait pas il. l'emporterait toujours dans les négodatioiis ^^ssi l)ieQ que dans la lutte , s'efforçait de faire prévaloir l'arrangement direct.
Il faut avoir sans cesse sous les yeux cette diffévefxoe capitale dans la manière d'envisager les afifair^ d'Or^nt pour comprendre l'origine et levéïritable caractère de tous les: embarras qui signalèrent les négociations du cabinet du 4 2 mai. Il est néceç^re encore, pour apprécier à sa juste valeur lacUai^^ement qu'introduisit dans les rapports des cabinçts et de leurs inteptions la première irruptioii Uf^ la pressa dans la diplomatie^ de se rappeler que^ prévoyant la reprise d'bofttiUtés^ d^ troupes turques dans, l'Asie Mineure, lord Palmerston écrivait e^ €ore le 25 mars 4859 à lord PoBsosnby : de fair«
HtitiTaiiSBlUin, dans IwtmaesInpbntUii V ri It GrUiJ««reta^e«t«ttdétamil*ét:il!tasiMer dans aa résistance i du» a(;rani<ni vaBait'daHé- Umet-Ali, la fttstùm chattgmiiHtf(M ém h ta oi fe SMm proHhmt fitàUnUM'At «M/Wi- « qm snrlapreimèreiionTelled'oiieleVéêdsBOiOaO'liommes en Turquie, la Prusse et l'Aiitnclle,jui«ettient effrayées, se loumeraieirt vers h Fiaflee, toojetora cooTaincoes que le Cabinet français «'unirait 4 elles pour faire face au nouveau danger edrégler la paii deI"OrJentd'aprè8lespriBcipesa*iptëseacoainran.
Venons mainteiiant à l'état de choses Métt dllWrent qui a snivi la coalition.
Jusqu'au ta mai la France et rAngletért* s'étaient promis de vider entr'eHes le différend qui les séparait sur la question d'Orient ; et H est bon d'observer que la Russie penchait alors vers la solution présentée par la France et que M. de Heltemich s'était prononcé très cafégoriquemelit en sa faveur. Mais cette double disposition étffttabtérieure an changement considérable ((ui venâît de s'opérer dans fadministMion en France; cl '4 la destruction des dernières forces ottorairtes danSla bataille de Neitb. C'est entre ces dcœt Ihtts'et après avoir inutilement pressé la TVancé de s'entendre avec elle; afin de se-prcsehter ùijieâ dTinténtion devant les autre» Cabinets éuro()ééiis', que l'Angleterre t'adressa à la Russie par i« catiilde son ambassadeur 4 Vienne. Ce reftis dé «odpérér à l'initiative que prenait l'Angleterre ponr dttiinCr
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iu^ )me nouveUe et plus solide à la paix de TOrient est un premier 8i|;ae de rinflueDce que la prssyft, frasQaiBe commençait à exercer sur les négociations* lia prftsse, en effet > désirait prolonger le ^11 ^ qui;, en affaiblissant de plus en plus le Sultan I prpiçettait pour le Pacha des conditions meilleures. 11. est vrai que, le 4 7 juillet, M. le marédial Soult provoquait la déclaration commune de toutes les cours de concourir à préserver Tintégrité de l'Empire ottoman. Mais le ministre des affaires étraotfères de France dirigeait cette déclaration contre les empiètemens futurs de la Russie^ et l'Allemagne^ dont la. défiance était déjà excitée^ demandait que cette protection promise au Sultan le défendit surtout contre les eovahissemens intérieurs des pachas rebelles^ exigeant eu termes exprès la déclamation que tout pacha rebelle à son souverain fût considéré comme coupable d'hostilité envers le? puissances européennes elles-mêmes. Selon toute app^ence , cette réponse de l'Autriche qui arrivait à Paris pendant que notre ambassadeur signait à Constantinople la fameuse note commune du 27 juillet, où l'on déclarait à la Porte que l'accord des puissances était certain^ a été cause du rappel de M. l'amiral Roussin. Lç Cabinet du 42 mai, en donnant l'ordre de signer cette note^ entendait garantir la Turquie contre la Russie; l'Autriche, en la signant^ entendait garantir le Sultan contre Méhémet; il est clair qu'aux moment où les puissances déclaraient
qne Tacconl éi&H certain, il y avait méi)ti96<«t qm l'oo ne s'entendait pas.
La démarche de l'Autriche, contratretDent k ses habitudes, avait presque le caractère ^e la malice et de la perfidie ; mais c'était nn moyen habile de tenter le nouveau Cabinet et de s'assnrertln degré d'influence qu'exerçaient sur ses détermifaatioiit les principes diplomatiques de l'opftofntion qui lui avait donné naissance.
Le retour de H. l'amiral ftou9sin à Faris, f At ua aveu malheureusement trop éloquent. L'accord des puissances, pour régler les affaires oriMitales, était bl&mé par la presse qui rêvait toujours un arrangement direct ; le Cabinet cédait à la presse et rappelait son ambassadeur.
Je n'ai aucune intention d'accuser les membres du Cabinet du -12 mai; à mon avis ils ont subi une influence contre laquelle, après la cbûte dn Comte Mqlé, il n'existait plus de barrière efficace. Ils l'ost subie non sans résistance, non sans effort pour s'en affranchir, mais ces efforts échouaient; un pouvoir nouveau avait débordé les povvoirs réguliers de l'État, et devait envahir de plus en plus ooo seulement l'administration intérieure^ màia'les négociations les ]i1us dt^licates de la diplomatie- Ce poiivoir ne cessa de grandir jusqu'au moment QÙ il conduisit la !■ ranceenface de périls assergrauJs pour provoquer dans l'opinion publique une réaction salutaire.
A parto de la bataille de Nezib, dont la uoorella
atfèigiiU P^ist U)ildres^ SerUa presqu'en même temps que celle de la défectioi) de la flotte et de la iQort âe Mahmoud, Tiufliiepce de la presse sur le hù^f^e fit ]^s 4cte$ du Cabiaet français offre un spectacle, puripux à^étudier. Il semble que le succès provoqué por l^foUç copduite de laPorte^ donne 9U fAcbd le droit d'e^j^er plus qu'il ne demandait*: 14» France, dans ses dépèches officielles^ redoute surtout que daus l'ivresse de la victoire Méhémet se révolte contredis représentations impérieuses; elle ^'effraie de toni^ les conséquences que pourrait, eptraioer Tirritatlon du Pacha. Ce langage étaitpositivement celui que tenait la presse. Il acheva de détacher de la France ^Autriche et la Prusse.
L'Angleterre, qui s'était habilement ménagé la coopération de la Russie pour le cas très facile à prévoir où la France refuserait la sienne, multiplie ses projets d'inlerventlon violente, menace de faire en Orient avec la Russie ce quelle a fait en Belgique evecja Franœ. La presse ne croit pas à cette menace. Le Cabinet , entraîné par sa propre situatipfi , est «neoqe obligé d'adopter l'opinion de la presse*
. Mais suivons ks'oonséqnences dn refroidissement de rAutriehe et de la Prusse, i
! Pour peu q,n'un ûhongpment se manifestât dans ratttt^tdfi dei'Al^emagne^ deux nationa se tenaient prô(ie9àreKploiteir,.la Ru^ie et l'Angleterre. Mais
il ne faut pas oublier que^ sans le concours de FAI*
lemagne>cesdeux nations auraient contennicomme
par le passée leurs prétentions et leur hostilité.
Le changement deTAutriche éclate à roccasîon du voyage de M. de Brunow à Londres. La France, justement inquiète du rapprochement de la ftussie et de TAngleterre, propose un plan à Sï. de Metternich et cherche à s'assurer son concours. M. de Metternich, en réponse à cette ouverture, demande au cabinet français s'il est prêt à contraindre Uékémet* Ali au cas où il refuserait d'accepter les conditious qui lui seraient proposées. C'était encore une sorte de cnVmwm pour juger si le cabinet français était ou non indépendant delà presse; son silence fut nn nouvel aveu, et dès ce moment le lien fatal , l'espèce de pacte tacite qui existait désormais entre les journaux et les hommes d'État fut admirablement exploité par la Russie et par l'Angleterre.
A peine arrivé à Londres, M. de Brunow posepour base de Tarrangement à intervenir les points suî* vans : l'empereur considère le Sultan comme un souverain qui est son allié et qui a droit k son ap« pui, Méhémet n'est à ses yeux qu'un sujet i'ebeïlë; mais leur querelle peuttroubler la paix européenne; il faut donc faire entre les deux partis un arrange* ment pour éviter ce danger. Ce point de départ qui ménageait à la fois les principes dans la personne deMahmoud,rautorité dès faits accomplis dans la personne de Méhémet, pouvait être immédiatement signé par la Russie,' TAngleterre, l'Autriche et la Prusse. La France n'avait plus le pouvoir de le faire et il est remarquable que le seul point sur le*
quel eUe eût pu entrer en discussion se trouvait habilement passé sous silence, je veux parler des bases niémie de T^rangem^ent à intervenir entre les puissances belligérantes^ des conditions du traité^ du tribut, de la délimitation des frontières.
Dans le fait, on affectait de discuter les moyens d'exécution ayant de préciser le résultat qu'on vou^ lait obtenir*
Le Cabinet français protesta avec une noble énergie contre ces moyens d'exécution qui consistaient alors, dansle premier projetdeM. de Brunow^à abandonner la protection de Gonstantinople aux forces russes pendant que les flottes française et anglaise auraient agi dans la Méditerranée; mais en déclarant que le pavillon français paraîtrait en même temps que le pavillon russe dans le Bosphore^ la dépêche trahissait le rôle actif que la presse française s'était attribué dans les négociations^ par ces paroles très e:i(pressives : «Toute autre combinaison «reOiÇontrçrait dans l'opimon énergique et unanime M de la^ FrOfUçe des, obstacles qui ne permettraient pas au » gqw^erfiement du Roi de s'y associer, lorsjnéme qu'il » w partagerait pas y com/ine il la partage en effets cette » répugnance nationale si vive et si profonde[\) d
AinM cet Acte courageux'trahissait lui-même Tin-
floQuce quotidienne que les organes de l'opinion
exercèrept sur les . démarches de notre diplomatie.
C'était, nqie . réponse Jl .. la question^^ du prince de