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sée dans son principe; qui dit gouveraernent r^ ppésentatif dit un gouvernement où Topinion sln-. oëre du pays est avant tout représentée ( — 0i i saos doute! mais si le pays n'a pas d'opinion? Voîtiiaa incident que la constitution n'a pas prévu; et^ croyee-moi^ c'est le cas de beaucoup d'électears, l'enquête l'a suifisamment prouvé. Ne vousétonnes donc pas que nombre de gens soient séduits par ce calcul naïf : < Voici un candidat qui fera le bonheur du pays ; en voici un autre qui fera le bonheur da pays ^ le mien ; je serais un sot d'hésiter. >
Eu vain direz-vous avec la commission d'm' quête que ce sont là des exceptions , que les nombreux scandales révélés dans trois élections , sur quatre cent dnquantMieuf^ sont les premiers symptômes d'un mal qu'un bon exemple saffira ponr étouffer à son apparition. Non I le pays se fait une toute autre idée du résultat de l'enquête, faiterrogea^le^ et il vous répondra que ce petit échantillon miaà mi sur le ballot étectwal indique nécessaire ment la qualité de la marchandise, que c'est Tëtiquette du sac. En voulant donc rendre au pouvoir électif son honneur et son autorité, la commissioo, par un généreux malentendu , n'aura contribsé qu'à le déconsidérer.
C'est que le mal est plus étendu et plus profond qu'on n'a bien voulu le dire. Le limon constitutionnel dont tant d'orages , tant de débordemens, tant de révolutions ont amassé les couches, date de pins loin que lo ministère du 29 octobre, ou mèn^e qn^
rétablissement de Juillet. Voulez-vous en savoir l'origioe? Voici une petite anecdote inédite^ que je possède comme tradition de famille, etqui pourra éclaircir ce point très intéressant de notre histoire parlementaire.
Au temps de ses plus beaux triomphes de tribune^ Mirabeau (vous voyez que je remonte au déluge parlementaire; M. Guizot était à peine né !), Mirabeau, dis-je , avait soutenu de son éloquence un décret favorable à la marine espagnole. Le décret voté, il se fit tout-à coup dans Texistence du prince des orateurs un changement inespéré pour ses créanciers , il paya ses dettes : billets souscrits pendant sa cap« tivité, vieilles lettres de change possédées par des usuriers de Hollande , tout était soldé , à la grande surprise d'un jeune avocat provençal , dont il accueillait les avis et même parfois les sermons, f Eh ! mon Dieul lui dit un jour celui*ci^ à la vue d'une masse de papiers acquittés , le bruit qui circule est donc vrai ? — Quel bruit?*— On assure que les envoyés de TEspagne vous ont payé le décret un million. — Un million ! s'écrie Mirabeau indi*^ gné ; les misérables, ils me l'avaient bien promis! si j'en ai pu tirer deux cent mille livres^ c'est tout au plus 1 ]» Que dites-vous de cet abandon^ de cette franchise? Monsieur.
Ceci prouve, ce me semble^ que la corruption politique ne date pas d'hier et qu'elle n'est pas venue de l'exemple de quelques trafiquans d'un pays voisin. Non^ Monsieur^ elle est venue de pi U9 haut
et èe plus loio. Cest an momeiit oà le sysAène re* présentatif se fondait eo France^ c'est do eerteta même de son foodalevp que le géaUi periemefitaiR sortit tout armé de ses vioes comoae de ses fcrtoB. Mirabeau secoua sa puissante crinière^ et vktset veftus descendirent jusque dadis les j^oe basses ré* glons de la ptèbe ékeetorale ; de même qo'oaâède auparavant les grâces et ks viees d^uae aube pission avairatcipculé du paiaisdu Régent JMqie dans les manoirs des plus petits hoberea«x.
Mirabeau, do moins, amit tineescwe. Tont^ eii lui^ était grand; ses luttes de Saflûlle, ses pas* siens, ses malheurs, ses fautes. A travers les égaremens de sa vie romanesque , an milien des eapédiens de sa carrière politique , un patriotissEie inaltëpaMe, us instinct sobltase des dsoits de l'iHiaii* ni lé ne cessaient jamais de lui servir de bevssole. n rendait à soo pays des services inappréeiabies ! Il feisait des choses sublimes ! Combien de g^oe ont pratiqué depnis la cerraption à meilleur marehé!
Quoi qu*il en soit^ li chacun ses œuvres ! le «al, aujourd'hui , date d'un demi*riècle ; ne nous laissons donc pas aveugler par nos haines , ne» répa« gnances* Eh \ Monsieur , je ne prétende pas vcot convertirait Cabinet actuel. Je nB dis pas, bon M. Guizot point de salut ! mais je voudraja auni que vous n'enfermiei pas tons les élans de votre intelligence et de votre patriotisne dans oelteeiMi' ception politique très contestable : Que M. fiotiot se retire et la corruption disporalt!
Puisque vous voulez bien étudier comne moyen sérieux de combattre les .soUicifatious du corps éleetorai et de rétablir Findépeodanee et la dignité de» foQctions publiques le projet d'écotes adaûui&tratives^ diplomatiques et fiuaaeières doot je vous ai eutreteou^ éeoles qui seraieut foudées sur uu système d'exameos et de coiicours semblables à ceux de Técole polytechnique, des écoles des mi* ses^ des ponts-et-ebaussées , etc. , j'attends beaucoup dos réflexions que vois féres sur nn si grave sujet. Pour le recommander plus partieulièreiftent à votre attention, j'ajouterai que ce projet préoccupe depuis fort longtemps un bomme dont vous appréciez certainraaent la politique, les inclinations populaires et Texquis bon sens^ notre poète Bérau* ger. M. de Barante^ qu'une longue expérience ad* minisfarative et diplomatique a convaincu de l'utilité de cette institution^ semble espérer que son éta« bliisement ne rencontrerait point de séneuses dif^ ficoltés^ et j'ai tout lieo de croire que datns son esprit il en a déjà ébauché les bases. Vous savez que M. Cuvier est mort au moment ou il allait proposer no conseil le plan de la fondation d'une école administrative. Enfin Bf . Rossi, pair de France^ assisté de M. Maearel et de M. Boulatignier^ a tenté de réaliser un commencement d'exécution.
C'était, je crets^ vers la fin de 4858. Il existait alors cent cinquante attachés au ministère de l'Intérieur^ c'est-à-dire cent cinquante fils de fa« mille quiy âtkns l'espoir d'obtenir une place ^ ve-
naient tous les jours, dans les bureaux^ lire les journaux, crayonner des caricatures ou rimer descou* plets. MM. Macarel et Bouiatignier proposèrent an
ministre de leur faire un cours de droit adminis-
tratif, à la suite duquel auraient lieu des examens et une sorte de concours. Cette institution aurait offert plus tard un moyen naturel de classement d'après le mérite réel des surnuméraires; elle anrait rendu inutile Temploi de toutes ces promesses perfides , de ces passedroits^ de ces faveurs^ sorte de ciment administratif que Ton croit indispen* sable aujourd'hui à l'édification fragile des majorités. Le secrétaire-général de l'Intérieur, à la première nouvelle qui lui en parvint, crut la monarchie perdue. Remplace l'arbitraire par an ordre juste et régulier, c'était à ses yeux abdiquer, c'était briser le gouvernail de l'État; et sur ses vives représentationsleprojetfuthonteusementrepoussé. M. Edmond Blanc était alom, plus encore qu'aujourd'hui, dans une position très forte auprès des ministres.
Dussiez-vous m'accusereneoreyMonsieur^de courber le front devant la nécessité^ je dirai que ces tentatives généreuses étaient alors prématurées et qu'elles ne pouvaient raisonnablement espérer aa^ cun résultat.
Il manquait à ce projet ou à tout autre qui anra pour but d'enlever à la faveur la nomination aux emplois administratifs une sanction qui lui p^mit de lutter contre les répugnances et les obstacles
de toute natare qu'il doit nécessairement rencontrer. Cette sanction , l'acclamation publique peut seule la lui donner. Tant que des projets semblables n'ont pas été longuement élaborés dans la presse , tant qu'ils n'ont pas été poursuivis par elle avec cette vivacité, cette insistance de chaque jour qui exercent un si grand empire quand elles s'appliquent aux réformes ou aux créations sérieuses, de pareils projets sont sans force aux yeux de l'autorité.
Vous comprenez maintenant. Monsieur, combien il doit me tarder de voir cette belle cause dans vos mains.
Mais pour vous en emparer, il faudrait porter à l'administration un intérêt véritable; il faudrait rompre avec de certaines préventions qui vous abusent sur son caractère et sur ses ressources. Au fond , vous n'avez pas de confiance dans l'avenir de l'administration ; vous n'attendez d'elle aucun secours, parcequ'elle procède du principe de l'autorité et non de l'élection. C'est dans la tribune et dans la presse que reposent à vos yeux les destinées de la France ; c'est là seulement que les hommes d Etat se forment, que la lutte a lieu, que les questions se décident; et là par conséquent que la corruption politique doit tôt ou tard être vaincue. Détrompez-vons , Monsieur I Il y a deux manières de combattre la corruption, par les discours ou par les muvres, en orateur ou en administrateur. De ces deux méthodes quelle
«t h préfiânble? De Colbârt m 4ê M. Oàîkm fiâiTOt, fDel est celai qui à droètèfkis 4e reeoi- BâissaBoe et qui aura UtflBé daBS i'Mstoire le souvenir le pic» éclatant et le plw cespectéP Veilà une question que voua ne vûms élM, aans deat€, îanais adresBée et q^'il est ittdispMsable de dâiat- Ire «OQB ves yeux, ^ur «pie vous, éeriTaki^ orateur, yoiis pronieB aux adiMntstratmin et à l'étabHsseneol des éeoks adniMÎfi^atives tMt l'iiilét^tt qsi
leur est dû.
kvwûii tout, Meosîeiir, soyes «sMvé qu'ai «ppo- ^simt À GoUiert le cbef de wtM parti , je n'oliéis à aucune arrière*pensée , à aucune intention malveillante. J'kxmone siiicwenMit le caractère «do M. Oditonfiarrot. Je crois que dans le parti «iMetfaiMr ^n ne \m\ a pas rend^ la jinstioe qui kû était d«e. Sans partager les idées de Tiiofliiiie, j'^idiiiîrt, je dirm plas j'ainie en lui qml<pM ^^koso qui laat mievx que le talent, la probité ! C'est four noi an regret profond q^iie la vivacité des passiona potiti* ques n'erH pas pefrais de Télever à la préaidraee de ia chambre , seul poste du f^vernement qae la noejorité devrait toujours abaadonaer à vtn mfmbre loyal de l'opposilion , pai^e qae cette marqae deconiance, toute morale, atnorticait beaacoup d'attaques, et que, personnifiée <^»s iw àolMéle hoinme^ elle ne ferait courir à TÉtat aucun daager.
De même que j'honore en M. Odilon fiarrot l'orateur populaire^ je pense, Monsieur, que voas avez queique estime pour Colb»t^ pour ce nûnUe
émimett ^t n» «avuH ftà le Ikën^ fetiif dMt^ et A fdîwi bé(piîem€nt4îiigiw>îettX'eMkii(eniit,éeTi66 jearsy l'eipproehe de là tôbutte et par otMéqimnt î'^ooneer-de ycwvmr devenir te^oettègoe ^ M^ Vaélenaift ; mis <i^ , melgré ces ti^perfeeéMms^ n'^eo fut fM» «Mille le bienf&îteuT 4e eeii prfs^ le f^re «te^eett industrie et de sesigtoifesies flm cfaèms, le restaurtéemàe riiomi*uret4e ladî^&ité'deB ftMotioiie publiées'! Otti> AiMMÎeur, vom hùmotmcB^jpàiïà IiImmbb ^ii «kufe imeentelieppe tiérîsBée'de chiCfiroe, oaofaaît i •énetigie d'«n èoléiA et l'ienthoomsoie 4'<ua poètej dottt les yeiMC ee rosiflissàie&t de larnes à la vue •d'wie b^e 'CMnpagae et ^«i réipeiidait à ses amis ia^oiels 4e H sottdftiae rèmlîe : « le wùrnètêès fMiveir rendre oe ^ptys benimu^ et -^Woîi^é du ipriaoe^ sans^ippuî^ stos crédit^ Tfaerbe crût josqae daAsaes^ee^ifs! »
Oad fat le 4éb«U die k cariiire poliliqiie de Golbert? kn sortir d'iHie étude de procurear et d'noe flMîsoii de Goonneroe, ses relatioas avec les ba«^uîers de Mszarin lai fineat obtenir un emploi dans les parties oasuelles^ où queraDteciaq mille .ehai^^ et offices étaient îaaroellement la proie de toutes les mauvaises passions que peut engendrer r intérêt personnel. C'était bien assurément dès le premier pas mettre le pied dans un bourbier et dans le pire de tous, car même au temps du Directoire il n'en exista jamais de pareils.
M, Odilon Barrot, qui ne consentit à occoper qu'un instant , en 4850^ le pins noUe et le plu
élevé des emploit adminiâtraltfs^ la fftéhétoM èe la Seine^ se serait cm déshonoré s'il af«it aoeepté, sous Mazarin, la place dont Golbert se coatoifa; mais en s'abstenant de pimidre part aux iniquités Houyemementales de ce temps^ il e6t manqué l^oc* casion d'en sonder la profondear et de découvrir plus tard les moyens d'y mettre un terme.
Mais ce n'était rien que d'entr» dwss les parties casuelles. Survient la Fronde I De quel côté ooyea*vous que soit le vertueux Colbert? Du côté de l'qpposition ou du côté du ministre^ du ministre corrupteur, de Mazarin? M. Barrot, sans nul donte, eût été avec l'opposition. Golbert prit parti pour Maiarin , par la raison qu'en qualité d'aifaiNMiroteur des parties casuelles^ il savait^ de siâence cs^ taine, que les Frondeurs étaient aussi corrompu que les Frondés ; mais il voyait, d'un côté, les vie* toires d'Allemagne^ la signature du traité de Westphalie ; de l'autre , il n'apercevait que divisions, prétentions impuissantes. Avec les Frondés^ an moins^ la France était glorieuse au dehors ; avec les Frondeurs on marchait vers un affaiblissement inévitable, vers la décomposition^ la raine de rempire français. Colbert n'hésita donc pas, et sa fidé* lité pour Mazarin survécut même à Texil que le premier ministre dut subir. Bien qu'absent, vous le savez, Mazarin dominait encore la reine et dirigeait le Conseil. Eh bien ! Monsieur, c'est par les mains de Colbert que s'échangeait cette correspondance entre Gologoe et le Louvre ; et^ chose remtr-
«•-lit-»
qudblet jamais les partis^ dans leurs jours de plus grande passion , ne lai en ont adrerâé nn reproche. On savait qu'il n'avait [point pris part à ces édits borsanx par lesquels le surintendant d'Êmery-*Particelli avait confisqué an profit dn trésor la totalité des octrois perçus dans les villes. On respectait la fidélité de Tadministrateur à Thomme qui avait commencé sa fortune ; car alors les liens du cœnr^ les devoirs de l'amitié, la reconnaissance^ la constance dans le malheur étaient encore chose sacrée et qui ne s'effaçait pas devant la sévérité des exigences politiques. Il est vrai que le CAarwarij ett., etc., n'existaient pas.
Mais voici qui est plus grave. Mazarin, qui tolérait et par(ageait les dilapidations des surin tendans d'Emery et Fouquet^ avait amassé une fortune qui^ sur la fin de sa vie^ ne montait pas à moins de cent millions de livres, somme énorme qui représenterait en monnaie de nos jours une valeur de deux centquarante-sept millions defrancs. Le rusé Italien, sentant sa fin prochaine, redoutait les mesures que pourrait ordonner après lui un jeune roi tout puissant; il consulta Colbert, qui lui conseilla d'en faire généreusement donation à Louis XIY ^ pressentant déjà les magnifiques qualités de l'ame du roi-gentUhomme, et presque asssuré qu'il suffisait de cet abandon pour enchaîner toule arrière-pensée de raprise ou de confiscation. Ce moyen fut employé par Mazarin^ et eut un plein succès.
Id^j'en conviens, un doute est permis. Vom