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TOQ8 nypémp MomÎMr^ la ésnàkiré ]Mrele à» Masartn à Louis XIV : t Je vouf d&is Umt, Sîm, mais je croU lo'acf uittar eaven V« H. ea l«i dM* nant CoiWtl »
Colbert, quîsestait booilloDBer en Im TaaibHkiii àen grands boom» et à qui U tardait de tt mettia à l'œuvre» ayait-îl ealeulé, en venant an seMvrsde aon bien£iiteiir , qu'il s'attachait plus intimeneirf le vieillard? A cette seule pensée il me eemUe voir l'indignation de M. Barrot éclater. Dans une aitna* tion pareille^ l'idée seule qu'un soupçon povvait ternir un jour sa renommée lui aurait fait briser les liens de la reconnaissance et resonoer à to«t avenir politique, a Acheter le pouvoir au prix d'une restitution légitime, se serait^il écrié^ fairs payer à l'État 347 millions mon entrée au mini»tère ! Jamais 1 Plutôt rester obscur et sans iniuenee toute ma vie I »
Ehbienl Monsieur y eu agissant autrement que Colbert^ et en supposait qu'il fût un Colbert^ von allez voir que M. Barrot, au peint de vue de l'éo^ nomie, aurait fait un très mauvais caleul pouv lu France.
Mazarin meurt , laissant les finanoes et Tudmânistration du pays dan» Tétat le plus dépkmble^ Les profusions de la eour^ la malversation dceageaB publics^ les exactions des financiers réduisaient un revenu de quatre-vingtrquatre millions à trentedeux; et ces faibles ressources jointes aux taxée locales très inéoalemeni rénartiee devaient lu»
face à nue dépense annuelle d'environ cent soixante millions; ajootez que les revenus étaient consommés à l'avance pour plusieurs années t La dette perpétuelle s'élevait déjà à cinq cents millions de capital et devait servir vingt-sept millions^ cinq cent mille livres d'intérêts. Les domaines étaient engagés; les forêts de l'État ne rapportaient aucun produit; la marine royale, la narigation marchande, les sciences, les arts^ n'existaient plus. Voilà l'état humiliant et désespéré d'où Colbert^ tour à tour commis aux parties casuelles, secrétaire, intendant, puis successeur de Mazarin, pouvait tir^ la France, état dans lequel M. Odilon Barrot l'eût laissée , parce que la rigueur de ses principes ne lui aurait pas permis de compromettre sa dignité dans cette écurie d'Âogtas que le bras d'un Hercule, il est vrai, et non la parole d'un orateur devait assainir et nettoyer.
Colbert jusque-là avait vécu au milieu de la corruption. La corruption avait-elle gangrené son ame?Non, Monsieur; en voyant fonctionner un système de gouvernement qui érigeait en doctrine le sacrifice constant du mérite à la richesse, de la loyauté à l'intrigue, du patriotisme aux plus égoïstes intérêts , Colbert s^était attaché chaque jour davantage à ses plans de réforme. Il ne posséda pas plutèt le pouvoir, Monsieur, que lui, le distributeur de quarante-cinq mille emplois et offices livrés à la faveur ou vendus au plus offrant, commença par supprimer une foule de places inn-
tîles^ notammeot celles des directeuniles finances, dont les attributions indépendantes et eontradio toires jetaient la confusion dans le service; lui, qui avait si longtemps exécuté les ordms d'un ministre dont la volonté ne souffrait aueiin contrôle, il ne fut pas plutôt ministre à son tour qu'il voulut donner un frein à sa propre autorité dans rétablissement d'un conseil de finances. Luiqaîsavait par expérience l'empire qu'exercent sur le fonctionnaire le mieux in tentionnéla cabale^ l'intrigue, l'obsession opiniâtre des intérêts de famille ; luiqui avait signé de sa main tant de coDcessions ruineuses, il ne fut pas plutôt son maître qu'ilcréa une chambre de justice pour l'examen des malversations des traitans et des comptables et la liquidation du passif du Trésor. Et cet ami^ cet élève de Mazarin qui lui avait conservé^ par ses avis, cent millioas acquis d'une manière au moins équivoque , cet homme, devenu ministre^ parvenait à découvrir trois cent*qualre- vingt- quatre millions de fausses ordonnances et de bons du comptant simulée dont il faisait impitoyablement justice»
Pour donner une idée de toutes les œuvres que Colbert eut le oouri^e d'entreprendre et le talent^ la vertu^ de mener h bonne fin^ il faudrait écrire un volume. Pendant vingt-deux ans ce grand homme consacra seize heures par jour à combiDef et exécuter dans tous les services publics des réformes dont chacune pouvait passer pour une révolution. C'est lui qui mit en adjudîcatîoa pu-
blique la concession du bdil des fermes; c'est lui qui abolit la vénalité des charges de consul ; qui rendit aux villes la moitié de leurs octrois; qui réorganisa par un code spécial la législation forestière et conserva à la 'France son riche combus* tible^ aliment de tant d'industries.
Colbert ne borna pas son ambition à restaurer les finances^ à simplifier, à organiser et moraliser l'administration de l'État ; il créa la marine^ fonda des écoles de pilotage (4 ) et d'artillerie dans les ports^ organisa les arsenaux et les chantiers de Rochefort, de Brest^ de Toulon^ institua la caisse des Invalides de la marine, aujourd'hui encore un modèle digne d'envie pour la classe ouvrière. Colbert, par son code de douane, fut réellement le père de notre industrie manufacturière , et l'on se rappelle les nobles paroles qu'il adressa à son fils quand il devint son collègue à la marine: « Il faut que mon fils » sente aussi vivement les pertes que feront les
(1) En 1661 , sepi ans avant d'être investi delà direction du commerce maritime , des colonies et de Formée navale , Colbert apprend qu'il existe à DieK>e on prêtre nommé Denys, enseignant gratuitement , et dans un seni bnt de charité apostolique, la science du pilotage. Aussitôt Colbert écrit à Pabbé Denys que FÉtat adopte sa chaire , qu^à titre de titnliire Jttouoheni l.SOS livras d^appolntemens, le prient en même temps de lui désigner ses élèves les plus capables de fonder un enseignement pareil dans tous les ports de France. C'est là Torigine des écoles de pilotage. On comprend quels services elles ont dû rendre à cette époque , quand on 8on0e qu'at^oord'hoi même , malgré lea progrès de la science et les im jaenses travaux du corps des mgénieurs géographes , le nombre des victimes, sur la masse des marins naviguant dans la Manche, es^ enfcorede trpis poofr cent
» marchands et les* désordres qvi MTÎymro&t dus » le commerce , comme s'ils loi étaieiit pcsrso»* » nels. •
Colbert enfin , ce grand homme ^i ne sftvut ^ le latin , fut le restaaratettr des aei^iaea el des arts; ces pensions que M aaarin n'accordait qu'à d'obsems délateurs, il les distribiia anx Corneille , ani Racine, aux Molière^ aux Boilean, aux Fléekier» au Perrault; il fonda TÂcadémie des Sciences^ telle des Inscriptions et Bdles-Lettres , celle des Beau- Arts et l'École de Borne , d'oi sortîrent les aratre» de Poussin, de Lesueur, de Puget ; il fonda FCAaer* yatorre , qu'illustrèrent bienrtâA BiiyglMae el Caisini; et tandb qu'aidé du génie de Vavbwiy il ar* niait les frontières d'une ceinture de fMtoMases, il éclairait Paris, pavait ses rues^ constmisaît ses petts et ses quais, plantait ses bouleTards et eosittt l'erabellissemeot de ses palais et de ses îw^os à Mansarde à Lenétre et au cavalier Bernia.
Telle fut l'œuvre de Colbert , Monsieur , d'on homme d'État à qui, certes, vous ne refuserez pas le sentiment de l'honneur et dia la grandeur de sea pays^ qui a possédé la vertu politique au j^s iMat degré, mais en administrateur.
Opposons mainteawt à la carrière si pteiae de ce vertueux administrateur la carrièra d^wt orateur non moins vertueux, de M« Odilon Barrot. IViais, dès les premiers pas^ nmm nom trooiWBa arrêtés. Qui dit orateur théoricien, dTf un homme dont la vie renferme plus de paroks 911e d'ac-
tioDs> paroles brillantes, je le reconnais; élo< quence généreuse qui s'est efforcée de répandre dans la jeunesse de nobles sentimens d'indépendaiic* et de probité poUtiqae ! Mais les paroles sont des paroles, c'esi-à^^ire quelque chose de fugitif et d'i»sais'rssable dont on s'effoRenit vainement d'écrire l'histoire.
Jkprès sa démission des fonctions de préfet de la Seine^ M. Odilon Barrot est rentré dans Toppositioo pour n'en plus sortir. Athlète opiniâtre, il ne s'est pas lassé d'attaquer tovs les minist^es^ sauf deux seulement auquel» il a prêté le secours de MO eilefiee. Malgré son activité et sa constaoce, le seul résultat pratique que M. Odilon Barrot soit parvenu à réaliser se borne à deux actes : le eouapte-rendu et l'enquête électorale^
Le cosipie^reMlii est déjà oublié ; je ne parlerai donc que de l'enquête, qui ne peut tarder à l'être, purée qne^ oMikgré la conviction que vous paraissez encore éprouver, eUe na produit aucun des effets 4)ue roppesition en attendait.
J'ai déjà indiqué^ d'une manière générale , i quelles généreuses illusions la commission d'enquête s'est abandonnée. J'insisterai plus particulièrement sur deux points qui sont de nature à ne lamer aucun doute k ee sujet. Le premier concerne les rapports de la Chambre avec le Cabinet.
L'intentioB avouée de l'enquête était de constituer, comme ou dit^ la souveraineté parlementaire, en matière éleetorale.
Là tentative de la commission^ sous ce rapport, a-t-elie été couronnée de succès? Est-elle parvenne à imposer au Cabinet son principe favori? Assurément non 1 La commission n'a pu réussir : Vk9e subdiviser eo sous-commission et à opérer sur les lieux ; 2° à citer directement les fonctionnaires de l'ordre administratif^ et à les entendre sans l'intervention ni le concours de lenrs supérieurs.
M. Duchâtel, dont l'attitude dans toute la diicussion a été modérée, digne et parfaitement constitutionnelle^ a opposé à cette double prétention, deux raisonnemens sans réplique. La Chambre, dit-il, ne peut exercer ses pouvoirs que dans le lien même où elle a été convoquée; comment une commission, qui ne possède d'autres pouvoirs que ceux délégués par la Chambre, pourrait-elle instrumenter là où la Chambre elle-même serait sans autorité?... Secondement, la re^onsabilité ministérielle repose sur la hiérarchie ; si vous intervenez entre le chef et l'inférieur, vous suspendez la responsabilité^ et vous ne pouvez le faire sans une accusation ; ou accusez les ministres im acceptez-les pour intermédiaires obligés entre la Chamlm et les fonctionnaires de tous les degrés.
Je sais bien qu'à la suite de la lutte chaque pa^ tie a chanté victoire. Mais évidemment il y avait un vaincu que le résultat trahissait suffisamment. La commission ne se divisait pas ; elle n'instramentait pas sur les lieux; elle renonçait à l'audition du préfet do Yaucluse, et de M. Gabriac, se-
cré(aire de la préfectarej que le ministre n'autorisait pas, par la raison qu'i^jnorant lea fait$ matériels de Félectiou deCarpentras dont ils n'avaient pas été témoins^ ils n'auraient pu être interrogés que sur leurs instrwÀiom ; elle consentait à ce que le ministre amenât lui-même les sous-préfets de Langres et de Carpantras, et assistât à leur interrogatoire afn de s assurer qu'ils ne seraient iuterro'^ g es que sur des faits étrangers aux instructions.
Elle admettait donc qu'elle n'avait rien à voir dans les instructions ministérielles , et l'on conçoit parfaitement qu'entraîné à son corps défendant dans cette impasse obscure^ la commission ait éiéfareésy suivant l'expression de son rapporteur, de recon* naître que l'administration supérieure n'était mise en cause sur aucun point. Forcée^ en effet, est le mot propre; car bien évidemment en donnant un verdict d*innocence au Cabinet, elle terminait ses longs travaux par une conclusion toute contraire à celle qu'elle avait espérée.
En vain réservait-elle les principes, le fait était conforme à la doctrine du ministère; et M.Lanyer, le rapporteur, observait lui-même que l'on m crée pas toujours des faits avec des droits, mais que les droits qui naissent des faits ont une base solide. Et quand M. Lanyer, déposant sur le bureau de la chambre son volumineux dossier, s'écriait : « Le droit d'enquôte n'était réglementé nulle part , et nous vous l'apportons appliqué et réalisé dans toute sa portée, » ce n'était encore qu'une illusion. La l)onne nouvelle que M. Lanyer croyait pouvoir ap-
porter à la Ciiambra^ M. DudiAtel n'etoiiril p«s Inea ipim en droit de s'en prévaloir au sein du Coosâl? N'était-ce pas à lui surtout de s'écrier , les procès- Terbaux de Tenquéte à la a«Q: Le droit de h Co«* rouue n'était réglementé nulle part^ et je vous l'apporte appliqué et réalisé dans toute sa portée.
Ce droite en ^et, s'appuie aujourd'hoi sur àa antécédeos nombreux . Ea 4 828, après la dissolutios du iniaistère de Viltèle, enqoéte à l'effet d'appréeier s'il y arait lieu ou non à raccMation des anciens ministres ; des fonctionnaires sont assigmis, ils refusent de comparaHre; la commission demande à 4a Chambre des pouvoirs pour les y obliger ; la Chambre ne les donne pas, elle n'oblige pas même tes nouveaux ministres de livrw les pièces nécessaires à l'information et cette première tentative s'étei»! silencieusement sans résultat*
Il ne faut pas compter Tenquéte relative au déficit Kessner ef celle des tabucsr reposant toutes deux sur des faits étrangers an gouvernement et au système politique suivi par lui. Dans ces denxdrconstances les ministres n'apportent aucun obstade i l'interrogatoire des fonctionnaires. En 4 842enqoéte électorale où la commission, ne demandant pas de pouvoirs à la Chambre et transigeant directement avec le Cabinet, admet en fait qu'elle ne peut exercer ses pouvoirs qu'au lieu même où la Chambre exerce les siens, et qu'elle ne peut interroger des fonctionnaires sans le consentement de leurs supérieurs responsables.
La puissance de faits pareils, comme l'a dit M. La*
nyer dans ane tout antre inteation , il est vrai, est extrême. Ob peat dire que désormais l'intervention de la Chambre dans les élections a sa procédure nette et jurécise. Voulez-vous interroger les agens officiels du pouvoir sans son aveo et malgré lui? Aeeuaez les ministres^ suspendez leur resfponsabi^ lité. Redootez-vois on parti! débat, renoncez-vous à cette extrémité constitotionneHe qui n'a de jttstifieatioa jvsqn'à ce jour qu'une révolution? Respectez alors ces ministres que vous n'accnsez pas; gardez-voot de traiter l'administration en prévenoe et demandes à ses chef^ les renseignemens dont vous avez besoin.
Voilà le drcHt constttationnel tel qu'il ressort de l'enquête. N'avais-je pas raison de dire que sons ce premier rapport ta commission s'était abandonnée au charme trompeur de Tillnsion et que le seul résultat qn'elle ait obtenu est un cmel désappointement?
Mais les méprises de^ la commission ont porté snr tra airtre objet capital, et qu'il importe d'au^ tant plus de signaler, qu'il a passé jusqu'à ce jour pfesqo'inaperçn ; c'est le cercle borné où elle parait avoir enfermé, en principe, la corruption. Suivez ces longues conférences avec tes ministres , ces interrogatoires, ces admonitions du président de la commission ! Ne semble-t41 pas que tons les abus, ton» tes vices , tontes les hontes du régime parlejnenttire sont concentrés dans les faits qui précèdent tes élections on les réélcftiofis des députés î