‹ Lettres politiquesChapitre 52 sur 80 · ita · texte numérisé non relu

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Personne n'ignore cependant qae les iatrigoes, les passedroits^ les manœuvres des qwf^&t /o«r* nées qui précedeot ce douloureux enfantement, ne sont rien en comparaison de ce qui se passe dam les quatre années qui le suivent Ces quatre années de plein «ercice des privilèges parlementaires , voilà ]e vrai champ de la corruption, où elle a le temps de germer^ de grandir > de fleurir et de pousser tous ses fruits. Sur ce terrain on plutôt sur ce terreau fécond , que la limite da bien et du mal est difficile à marquer! qu'il est difficile de distinguer les lierbages nourricien des plantes vénéneuses!

Je suis loin de prétendre que tout ce qai se iait par la députation soit condamnable, que les bienfaits même qui, par ce canal , circulent du centre à tous les points de la circonférence, setent des faveurs, Je crois que dans ces pOAts, oas routes, ces canaux , ces bourses , ces bureaux de poste oa de tabac, ces secours et tous les détails des londs communs, le plus grand nombre des avantages obtenus est légitime; mais le mode assiurément le Test pas ; le motif pour lequel les déjpulés sollicitent, députés de toutes nuaaces> remarquez-le biea, est souvent tout aussi condamnable que le motif pour lequel le c^mdidat fait ses promesses. Toas deux ont dessein de payer le vote de Téledeor; l'un avant ^ l'autre après ^ voilà toute la dilCéreiice. Est-il juste de déclarer que le crime consiste son h payer^ mais à payer d'aivame ? Telle me ptfatt

être la conclosico de Tenqnéte, méprise coupable si elle est volontaire^ ou qui n'est comparable , pour Taveuglement et la naïveté, qu'à une certaine aventure de M. de Martignac^ aventure assez peu connue et dont il est bon de garder le souvenir pour l'édification des hommes d'État et l'enseignement des commissions futures.

M. de Martignac venait de quitter Tbôtel du mi« nistère aussi pauvre qu'il y était entré. Retiré chez un ami^ car il n'avait pas même un logement dans Paris, et brisé par les mille émotions qui accompagnent la déconfiture d'un Cabinet, il s'était mis au lit; et, assis sur son séant, passant sur sa camisole de nuit le grand cordon des ordres que Charles X lai avait envoyé^ tenant d'une main un petit miroir^ de l'autre la liste déb personnages qui^ sur la nouvelle de sa démission, étaient venus lui donner un souvenir d'estime et d'amitié, ses yeux allaient alternativement de la liste de monseigneur sortant au petit miroir sur lequel se reflétaient le grand eordim des ordres et un bonnet de coton d'une entière blancheur artistement serré par un ruban bleu. « Eh bien! disait41 à un jeune ami, mon départ a fait sensation I La liste est assez fournie : le duc de Maillé, M. de Damas, les plus grands noms àe la monarchie! Qu'on dise encore que celle vieille noblesse a perdu ses instincts généreux, qu'elle n'adore que le soleil levant, qu'elle ne sait pins honorer le malheur !.. . » Cette réflexion consolante pour rhonneur de l'espôce humaine et pour

la yamié du miaistre B'était pas Mbevée, qutim enteod d^s cris dais l'antichambre. « Âh 1 Mmisei- » gneur ! Âh! quelle cataatn^be I t C'était le eoocierge du mioistère qui entra tout pâle et ioat agité, un papier à la main. Le malheureux s'était trompé de liste; il avait fait passer à JfeMet^fMr sortant la liste de M(mH%gweur ektr&nL Et il aceoii* rait pour réparer son erreur.

Le désappointement 6it cruel; à la place de cette foule de noms respectés, M. de Marttgnac ne trouva sur sa liste que les noms de quelques am du centre gauche.

Eh bien! Monsieur^ telle a été, au fend^ Thts* toire de l'enquête électorale.

La comoaission» tournant dasatee da%<8 k des« 8ter qui lui était reaiis> n'a vu dans ka raancev* vres parlementaires qu'une exception et s'est réjouie de l'empire qu'exerçaient encof e sur les bonmes la vertu, la probité politique; mais cetti bonne opinion reposait sur une horrible niépriie. Ce n'est pas la vraie liste que la coramiesiai arsit dans la main. Qu'ei!kt-elle dit, bon Dieu, si, au lîti d'une enquête %vlv Mmmgneur entramt, ^le eAtliit une enquête sur Monseigneur s^rtmt ?

Ainsi y l'objet sur lequel instrumentait Tenqaéte n'était lui-même qu'une illusion. Relises ses vols* mineux procès-verbaux et vous vous convaincrez que ces dialogues, ces monologues intwminables, tout cela n'a été qu'un jeu puéril. Et que saaœ, h\, après avoir étudié ses intentions secrètes, m

métliode y toM arrivez an féraltat pratique réel ? Eh ^uoi t toiile la carrière de M. Barrot alnnittt à une enquête I Et Teffet prodoit par cette enquôteae borne à la destitution de deox sous-préfets ! N'y at«il pas là matière à de sérieuses réflexions? Croyesvons^ Monsieur, que tous les orateurs passés, présens et futurs^ n'auraient pas lien de faire un triste retour sur eux-^mèmes et sur remploi stérile que le plus honnête d'entre eux a fait jusqo'à ce jonr de ses bonnes intentions et de ses pins brillantes fieicultés?

Oui^ le parallèle que j'ai indiqué ne saurait laisser de doote à ce sujet. Entre Torateur et Tad* mioistrateur , entre ces deux hommes d'État qui fontconsister la vertii politiqr^e^ l'un dans le respect de sa propre dignité, l'autre dans l'action^ dans les œuvres; dont Tun^ craignant de se salir, et se tenant à distance du bourbier^ se borne à Taccah bler d'anatbèmes, dont l'autre s'y plonge^ le retourne d'un bras vigoureux et après vingt-^eux ans de labeurs, tnourant, épuisé de fatigue^ laisse à la place du cloaque un palais de marbre et des jardins magn'rfiques; entre M. Barrot et Colbert^ c'est à ce dernier^ Monsieur^ c'est à Golbert, à l'administrateur que la palme est due. M. Barrot lui-même n'en disconviendrait pas.

Je voudrais vous faire partager cette conviction* Votre esprit serait alors dans une disposition favo* rable à Texamen sérieux des moyens de faire disparaître la corruption . Vous seriez juste envers tous ses

adversaires sans exception. Vous ne eonfoodri^ pas certains d'entre eux avec ses partisans. Vous ne m'accuseriez pas d'ériger en doctrine la néces$iU, qui ne peut jamais être une doctrine^ un principe, et que les publicistes et les orateurs comme Bf . forrot ont raison de foudroyer^ mais que les administrateurs comme Colbert n'ont pas tort de subir, dans la mesure qui leur doune un jour roccasion et le pouvoir de la transformer.

Enfin, Monsieur, vous ne placeriez pas tontes vos espérances dans cette petite guerre de chaque jour que font à certains personnages le journalisme et la tribune ; et bien convaincu que le mal réside plus dans les institutions et les mceurs que dans les hommes d'État, vous appliqueriex toute votre énergie, toute votre généreuse opiaiétreté à débattre, à élaborer, à provoquer des réforaies utiles, des garanties sérieuses. Examens et concours pour l'entrée dans les fonctions abandonnées encore à l'arbitraire ministériel, écoles administratives, financières, diplomatiques, on tontes autr^ créations que vous jugerez plus favorables à i'intro* duction delà justice, de la probité, de l'hoonéteté dans la pratique du gouvernement, croyez-moi. Monsieur, voilà des objets vraiment dignes d'occuper vos plus précieux instans» et sur lesquels il ^rde à tous les amis de Thonneur national de recueillir au plus tôt vos judicieux avis.

VUlOTlilMB UrVTBS.

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