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c|uit«a dans h difitribution des hauts emplois^ na sauraient être admises raisonnablement dans la distribution des emplois intermédiaires et infé« rieurs. Ainsi, par exemple^ je conçois que les luttes du parlement puissent révéler aux ministres des talens élevés d'administration ; mais je ne conçoit pas que les luttes électorales , à quelque degré que ce soit^ suffisent pour indiquer i Tantorité minis^ térielle le cboix des surnuméraires ou des commis rédacteurs du dernier degrét le plioix dessubstituts et des juges suppléans^ des auditeurs au CoQseil d'Ëtat , des conseillers de préfecture et des sousf* préfets de y classe, des commis de recettes , des percepteurs » des élèves consuls et attachés d'am^ batssada, etcv etc. Mettons donc de c6té les préfets» les conseillers d'Etat , les ambassadeurs*, les direo* teurs des divers ministères; et disons qu'à part ces fonctions supérieures, il n'en est pas pour lesquelles un enseignement spécial ^ suivi d'un système d'admission, après examen et concours, ne fûit une garantie plus réelle de capacité que le genre de patronage et de sollicitation concentré, par l'effet des influences constitutionnelles» dans unecertain« portion de la bourgeoisie.
Il existe en France S26 conseillers de préfecture; 275 sous-préfets , sans compter les deux sous-préfectures de la Seine; il existe à Paris dans les divers ministères 2,580 employés; ajoutez les employés diplomatiques d'un rang secondaire^ chanceliers, secrétaires d ambassade^ attachés, cou»
suis, vice-consuls, élèves-consuls; les nombreux employés de Tintendauce militaire ; les employés des finances qui forment une sorte d'armée^ dans laquelle il existe bien un mode d'avancement que la faveur rend illusoire et où les candidats au surnumérariat seulement sont soumis à un examen privé sur les matières quils désignent euit-mènes. Ajoutez encore les fonctionnaires de Tordre judidaire qui se compose de 5^600 magistrats^ sans compter les 25^000 officiers -pvhMcs dispensés jusqu'à ce jour de l'étude du droit. Et^ en additionnant ces chifires^ vous trouverez^ Monsieur le Baron, une masse d'employés qui ; pour la plupart^ devraient sortir de l'Ecole centrale des fonctions civiles et dont le nombre seul ^ au moment où elle sera établie, obligera de lui donner de vastes proportion s.
Le général Lacuée, qui fut pendant dix ans gouverneur de l'école Polytechnique, avait calculé que , pour satisfaire au roulement annuel des services spéciaux, elle devrait contenir un dix-huitième du nombre total de leurs fonctionnaires (1).
J'évalue que les fonctionnaires de toutes sortes, compris dans les services qui se recruteraient dans TEcole centrale, ne montent pas à moins de 4 0,000.
(i) Voici les termes géoéraia de ce calcul : Les écoles d'appUca* tion doivent fournir annuellement aux diCTérens services un nombre de sujets égal au 20"* du nombre total de leurs fonctionnaires. Pour que ces écoles rendent le 20** aux services publics , il faut qu'elles rcçoi* vent de Técole Polytechnique un nombre égal au 19** de la force de ces services; et pour que cette école puisse fourair un 19**. il Ëwt qu'elle reçoive au moins un IS**.
Mais abaissez ce chiffre; rédaisez-leà la moitié, à 5^000 seulement ; d'après le calcal du général Lacnée, le nombre d'élèves que cette École devrait recevoir annuellement serait de 275 environ. Et en supposant que les cours d'étude^ fussent de deux années, le nombre total des élèves serait de 550, c'est-à-dire, près du double du nombre des élevés de l'école Polytechnique.
Je ne pense pas que des considérations et ces chiffres puissent laisser le moindre doute dans un esprit impartial. L^objection tirée du petit nombre de fonction» à distribuer aux élèves n'est donc pas sérieuse. Leur nombre est au contraire considérable; et, loin de manquer de sujets, une Ecole centrale de» fonctions civiles en regorgerait au contraire, et ce ne serait pas un mal; loin de là !
La seconde objection que je me proposais de combattre^ Monsieur le Baron, se trouve déjà à moitié réfutée par ce qui précède. Voici en quoi elle consiste : Un mode régulier d'admission , après une éducation spéciale^ couronnée par des examens et tin concours public , suppose nécessairement, dft-on, un mode d'avancement par droit d'ancienneté. Or, comprend-on que l'on se repose sur le temps seulement pour former la hiérarchie des fonctions si délicates du gouvernement, soit intérieur, soit extérieur? Gouverner, c'est agir sur les hommes; et cette science, le temps seul ne rapprend pas. Cette difficoUé serait grave si l'on prétendait que
l'élève^ une fois introduit dans radministratioa par voie de concours et d'examen , dût être soumis pendant toute sa carrière à la r^le inexorable de Tancienneté; Tidée d'une Ecole centrale des iono tions civiles n'emporte pas de pareilles conséquencesi pas plus que l'école Polytechnique ne les a imposées au corps des mines, des ponts^t-chaussées, de Tartillerie, du génie maritime; pas plus que les éooles de Saumur et de Saint-Cyr ne les ont imposées à Tarmée. Dans toutes les hiérarchies, où Ton entra à la sortie d'une école spéciale par voie d'examen et de concours, il existe un ordre d'avancement qui n'est pas calqué uniquement sur les droits de l'ancienneté. On a prévu que dans l'intérêt même du service et pour maintenir l'émulation entre les employés, il fallait réserver un certain nombre de nominations au choix, afin de récompenser le mérite. Je ne prétends pas dire. Monsieur le Baron, que la proportion existante entre les nominations au choix et les nominations par droit d'ancienneté, dans les corps spéciaux et dans l'armée, ou celle introduite dernièrement dans certains emplois des finances, devrait être adoptée pour l'avancement dans tous les services administratifs judiciaires, financiers et diplomatiques. Il semble même qu'au lieu d'un chiffre uniforme pour tous les degrés de la hiérarchie, il serait plus sage d'établir une proportion différente pour chaque degré en prenant pour guide cette observation incontestable que, dans les degrés inférieurst rinstruction
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spéciale de remployé est presque le seul élément nécessaire pour ses bons rapports avec les administrés, et que dans les emplois supérieurs c'est tout le contraire; car c'est là que l'on peut le plus^ à la rigueur, se passer d'instruction spéciale, parce qu'on est environné d'agens qui la possèdent ; c'est là que l'on a le plus besoin de cet instinct, de cette habileté^ de ce génie du gouvernement des bommes que l'ancienneté seule ne peut pas donner.
La seconde objection ne semble donc pas mieux fondée que la première; et la nécessité, l'utilité d'une Ecole centrale des fonctions civiles étant suffisamment justifiées^ je passe aux détails de son organisation.
Une pareille école^ Monsieur le Baron, devrait principalement fournir des employés^ ce me semble, à cinq départemens : le département des Affaires étrangères, le département de l'Intérieur, le département des Finances, le département de la Justice, et enfin celui du Commerce, pour le petit nombre d'employés qu'exigent les services centralisés dans l'hôtel du ministère, et plus tard pour ceux qu'il devra nécessairement instituer, ainsi que je Tai établi dans une lettre précédente, adressée à M. le Ministre du Commerce lui-même.
Les quatre autres ministères ont des écoles spéciales.
Le ministère de l'instruction puôtique a l'école normale qui forme ses professeurs : l'école des. Chartes