‹ Lettres politiquesChapitre 56 sur 80 · ate-f · texte numérisé non relu

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qai forme, ou plutôt qui est censée former ses bibliothécaires.

Le ministère des travaux publies a Técole dtt ponts-etHihausséeSy lecole des mines, qui forment ses ingénieurs.

Le ministère de la nuarine a Técole de FOrion et Técole de construction maritime, qui forment ses ofOciers et ses constructeurs, les écoles de pilotage qui forment les pilotes, les écoles de chirurgie qui forment ses chirurgiens de tous grades.

Le miniêtère de la guerre a Técole Polytechnique, Técole d'état-major, les écoles de Saint-Cyr, deSaomur, du génie, d'artillerie, etc. Il n'emprunterait à l'Ecole centrale que le personnel de ses bureaux comme tous les ministères, et, de même que le ministère 4e la marine, ses employés de l'intendance.

Je ne prétends pas que toutes ces écoles soient également appropriées au service qu'elles ont pour but d'alimenter. Il en est sans doute dont l'existence est plus nominale que réelle; quelques unes souffrent de leur état d'isolement et devraient être un jour réunies à l'Ecole centrale des ionctions civiles ou du moins tirer leurs élèves de c^e école au lieu de les demander soit aux collèges royaux, soit à l'école Polytechnique. Mais ce sont là des détails dont il est prudent de ne pas s'oot cuper en ce moment.

Aucune institution ne peut être parfaite ni complète à son débu t.L'écolecélèbre^ chaînée d'instruire

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dans les sciences exactes les employés de l'État dont les travausc reposent à tout instant sur leur application^ ne comprenait pas à son début le service de l'artillerie. C'est un an après sa créa* tion seulement, quand elle perdit son premier nom d'école des travaux publics^ que le service de r^irtillerie fut ajouté à ceux pour lesquels elle formait déjà des élevés.

Commençons donc par instituer un centre de haut enseignement, pour les emplois publics qui n'en sont pas pourvus ; plus tard l'expérience montrera les avantages que certains services administratifs^ déjà alimentés par des enseignemens spéciaux^ pourront retirer de la fusion de leurs écoles dans cttte écolecentrale; et l'administration pourra opérer alors, sans tiraillement^ cette fusion qui blesserait aujourd'hui beaucoup d^amours-propres et soulèverait de vives réclamations.

Voici donc un premier point établi.

La nouvelle école qu'il s'agit de fonder devrait fournir des sujets aux ministères des affaires étran* gères, de rintérieur , des finances, de la justice et du commerce. C'est dire que les examens et les concours à sa sortie devraient former la condition indispensable de l'admission aux fonctions :

4 ^ De commis-rédacteurs de toutes les adminis* trations centrales , y compris les bureaux de Toc* troi, des domaines , de la préfecture de la Seine et d« la préfecture de police^ etc.

2"" D'élèves-consals , attachés d'ambassade^ secrétaires de chancellerie et drogmans;

50 Dé conseillers de préfecture et de sous-préfets;

Â^ De juges suppléans^ substituts des procureurs du roi et auditeurs de deuxième classe an Conseil d'État.

5^ De receveurs, percepteurs et payeurs ; de commis aux intendances de l'armée de terre et de mer^ etc.

Toutefois il semble juste et raisonnable qu'une sorte de noviciat serve d'intermédiaire entre lasortie de l'école et l'entrée définitive dans la fonction. Les corps du génie, des ponts-et*chaussées ^ des mines, des constructions maritimes et d'état-major ont des écoles spéciales d'application, dans lesquelles l'élève^ sorti vainqueur des examens de l'école Polytechnique et de Saint-Gyr, vient s'instruire dans la pratique de l'art qu'il doit exercer. En fait de pratique ac^ministrative il n'y a pas de meilleur enseignement que l'expérience. Il serait donc nécessaire que les élèves, selon la carrière qu'ils auraient choisie, fussent disséminés dans les ministères^ dans les consulats et les chancelleries^ dans les préfectures et au Conseil d'État, dans les intendances^ dans les bureaux de recette et de perception, à la Cour des comptes^ dans les tribunaux et parquets^ à titre seulement d'attachés, et qu'il leur filit imposé l'obligation d'accomplir certains travaux spéciaux.

Après avoir établi le but général et le camctère

de rinstitation, j'entre dans le détail de son régiement intérieur.

Ici se présentent deux points très délicats à résoudre.

La nouvelle Ecole sera-t-elle casernée?

Le nombre de ses élèves sera-t-il limité ?

En d'autres termes, l'institution doit-elle être calquée sur le plan actuel de l'école Polytechnique^ ou sur son organisation primitive qui reposait sur les principes suivans : nombre limité des élèves , discipline sévère^ communauté d'études^ de travaux et de récréations dans Tintérieur de Fécole ^ mais point de casernement ?

Mon premier sentiment était que TEcole ceatraie devait être fondée sur le plan actuel de l'école Polytechnique. Je voyais à cette forme plusieurs avantages : moins de distractions^ des études plus régulières et plus soutenues , la possibilité d'assouplir les élèves à des habitudes d'ordre et de les prémunir contre les séductions de la capitale. Mais vous m'avez fait comprendre, Monsieur le Baron^ que ces avantages ne pouvaient pas balancer les in^ convéniens résultant de l'absence de ce frottement^ de ee contact perpétuel avec le monde, qui est surtout indispensable pour remplir convenablement les emplois administratifs. Le casernement^ tant que la guerre a dominé, devait être préféré, parce qu'il préparait l'élève aux carrières militaires, qui obligent à toutes les gènes de la vie commune; maia les fonctions civiles n'ont pas besoin d'une pré-

paration Mmbhble. Alors que vous iaisies partie de Fécole Polytechnique les élèves n'y étaient point casernes^ et vous avez remarqué et éprouvé par vous-même que cette liberté dans l'emploi du temps^ dans Tordre et dans la proportion des travaux^ favorisait lea études en même temps qu'elle permettait ces relations du monde qui sont aussi une partie essentielle de l'éducation.

L'École centrale des £Dncti<»s civiles ne devrait donc point être casemée; elle devrait être com» posée d'externes et adopter le plftn primitif de Té* cole Polytechnique,

J'y mettrais seulement cette àïifécewje^ cest que le nombre d'élèves ne devrait points ce me semble, être limité par le besoin préiuœé des services publics, auxquels l'Ecole serait destinée à pourvoir. Cette règle me parait être justifiée par de hautes considérations politiques.

Vous observerez, Monsieur le Baron, que presque toutes les branches de l'administration corres*' pondent à une classe particulière de la société; e& ce sens , que l'éducation spéciale de chaque ordre d'employés est celle qu'une certaine classe de la société préfère déjà pour ses enfans, même alors qu'elle ne les destine pas è cette carrière spéciale.

L'enseignement qui embrasse les connaissances spéciales, nécessaires pour les emplois diplomatiques, n'estai pas d^ celui des fomîUes de Tancienne noblesse?

Les études légales, historiques, économiques,

4^ni ^

indispensables pour la pratiqae iotelligenie des emplois de l'admiDistration intérieure ne forment elles pas déjà renseignement préféré par la classe sortie de la noblesse impériale, par l'administration supérieure^ par la haute bourgeoisie agricole?

N'est-ce pas vers les notions économiques, statistiques et de haute comptabilité^ nécessaires pour la pratique des emplois de finances^ que les fa^ milles enrichies dans la banque et le commerce dirigent de préférence leurs enfans?

Je ne prétends pas dire par là que le chef d'une famille aisée destine toujours ses enfans à la profession qu'il a exercée. Il sait qu'avant tout, et pour leur propre bonheur, les jeunes gens doivent sui<vre librement leur vocation ; mais il en est un grand nombre chez lesquels aucune vocation déterminée ne se manifeste, et qu'une fortune considérable éloigne même souvent de prendre une carrière, à l'âge où celui qui n'a que son talent pour vivre doit nécessairement s'en créer une. Pour ceux-là, la carrière exercée par le père de famille, les objets dont il s'est principalement occupé, les sciences dont il a suivi le développement et qu'il possède assez pour juger à son tour du progrès de ses en^ fans, exercentsur la direction qu'il imprime à leurs études une influence naturelle. Il n'y a guère de fils d'avocat, d'avoué, de juge, de notaire, qui ne fasse son droit. Le nombre des enfans d'officiers d'artillerie, du génie, d'ingénieurs, qui se présentent à l'école Polytechnique, est considérable.

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