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II

lois, les mœurs, et dont la religion diffère essentiellement de la nôtre. N'imitons ni les Russes , ni les Anglais, ni les Turcs surtout^ qui doivent profiter de nos exemples et non nous en offrir ! Nous qui, dans Tespace de trois siècles, avons tour à tour délivré la Prusse et les petits États germaniques de h domination du Saint-Empire , la Hollande et l'Italie de la domination de l'Espagne , les États-Unis américains de la domination Britannique, la Belgique de la domination de la Hollande, n'allons pas, comme Milosch^ faire now-mémes ce que nous avons empêché de faire j et n'obligeons pas quelque nation alliée à venir un jour, comme la princesse Lioubitza, nous réconcilier avec Dieu.

L'Angleterre, la Russie, la Turquie ontconmiis chacune, dans le gouvernement des peuples soumis à leur domination, une faute grave. Sachons l'éviter !

La faute du Cabinet anglais, c'est l'éloignement des propriétaires du sol de la verte Erin , de cette perle des mers , comme l'appelle le plus généreux, le plus noble de ses enfans, O'Connell! La faute de l'Angleterre , c'est la constitution de la propriété privée qui écrase la population irlandaise sous ce double fardeau du fermage et des dîmes. N'imitons pas l'Angleterre, Prince, ne distribuons pas les terres de notre Irlande africaine aux nonveaux Saxons de la métropole ; ne leur laissons pas exploiter de loin la sueur de nos colons !

La faute du gouvernement russe, c'est la perse-

cutioo religieuse^ ce sont les efforts pour convertir au rite grec les populations catholiques de la Pologne. N'imitons pas la Russie ! Sachons protéger^ honorer la foi mahométane ; respectons son culte , et qu'il jouisse^ sous nos lois généreuses, comme sous le drapeau du vainqueur des pyramides^ de la plus entière liberté !

La faute du Divan peut s'exprimer par un seul mot : il n'a pas administré le peuple chrétien qu'il avait conquis. Ils'estbornéà le dominer par la force ^ et À perpétuer sa domination par des tributs. N'imitons pas la Turquie^ Monseigneur I ne bornons pas l'exercice de l'autorité aux expéditions militaires et au recouvrement de l'impôt ! Administrons! Que ces populations divisées^ à qui nous avons fait sentir si rudement notre supériorité militaire ^ reçoivent de nous les bienfaits de l'état civil^ d'une police régulière, d'une comptabilité honnête et surtout de l'union I O^ons enfin au Divan de Cons< tantinople un exemple qu'il soit intéressé à imiter^ et qui^ lui donnant le moyen de se rattacher lareconnaissance des populations grecques et slaves^ lui fasse un jour bénir notre occupation de l'Algérie, et chercher dans l'influence de nos agens un appui vraiment désintéressé contre les ambitions qui préludent par la perfidie à son expulsion définitive du territoire européen !

Aucun peuple aujourd'hui ne peutse poser^ hors de ses frontières, comme libérateur des populations opprimées^ parce que chaque nation a pour politi-

que désormais, non le caprice du prince^ non les passions des hommes d'État, mais ses intérêts gêné* raux. Le plus beau rôle d'un Cabinet en Europe; l'influence la plus honorable qu'il puisse y exercer, ce n'est pas de briser les liens qui attachent les faibles aux puissans, c'est d'obliger les puissans qui gouvernent les faibles de les associer à leur prospérité- An point de vue de nos relations internatioDa* les, la meilleure conduite à tenir envers lès tribus musulmanes de l'Algérie est donc celle que les Turcs IMITERONT daus leurs rapports avec les chrétiens de la Bulgarie, de la Macédoine, de l'Asie Mineure et du Liban ; celle qui fera espérer les catiioliques de l'Irlande et de la Pologne ; celle qui fera RÉFLÉCHIR le souverain grec qui règne à Saiot- Pétersbourg, le souverain anglican qui siège surles bancs de Westminster. C'est ainsi qu'au dehors nous nous ferons aimer des peuples et respecter des Cabinets, c'est ainsi que nous serons puissans et honorés !

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