‹ Lettres politiquesChapitre 9 sur 80 · llf · texte numérisé non relu

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rAllemagne cântrale étaieot défiaitivenient entrés dans l'exeroice des droits politiqaes ; le Portugal et l'Espagne avaient des constitutions; en Italie^ Tinflœnce autrichienne avait désormais un contrepoids. Il ne reslait réellement^ en 4856^ qu'une question extérieure qui eût été provoquée par la révolution de juillet, la question de la dynastie espagnole. Mais en même temps, des questicms d'uneautre nature s'élevaient et réclamaient Fatten^ tkm exclusive des gouvernemens.C'était la question des tarifs , si intimepient liée à Tindemnité américaine 'y celle des traités de commerce et d'union de douanes; la question d'Orient^ TabolitiMi de la traite des noirs, le droit de visite; toutes questions qui avaient le caractère d'affaires internationales , qui mettaient en présence les intérêts ^ les travaux, la gloire, le génie |des peuples et non leurs WMtilvtifms.

Remarquons , en passant, que le programme constitutionnel de la royauté nouvelle devenait de pins en plus inapplicable aux affaires intérieures et aox affaires extérieures* Lb Jcste Micieii tntre les obn$ du pouvoir royal et les exeès du pownnr po/mlaire n'offrait pas plus le moyen de résoudre la question d'Orient que la jcon version des rentes, l'indemnité asoériçaine que la question des chemins de fer.

Sïl était po^ble de pénétrer les motifs secrète qai déterminent 1^ résolutions des hommes d'État, a leur \miJ^ souvent, on découvrirait^ je crois. Monsieur, qu'en passant du cabinet dans l'opposi-

•tien 9 et M ch«reliant ftillenn qnè dans la ligne raivie par le gouvernement le déyeloppement des gloires nationales $ vous avex obéi k un instinct de votre première jeunesse, instinct légitime^ généreux^ mais étranger aux nécessités qui vous environnaient. L'influence morale de la France an d^ors avait cessé avec les événemens; rien n'indiquait qu'elle dût trouver, dans les nouvelles questions qui s'élevaient, une gloire égale à celle qu'elle avait recueillie dans les débats constitutionnels que

i sa révolution et l'établissement du i^gime non-

Teau avaient provoqués au sein des nations voisines. À cet égard elle ne prenait aucune initiative honorable, grande, digne d'elle. Elle attendait,

1 suivant une expression célèbre , que les affaires dis-

sent inàntûMes pour s'en occuper, et elle s'en occupait UnUmeiU ; vous le savez , Monsieur, c'est à des indécisions , à des délais involontaires, inévitables

1 dent^^re, qu'il faut attribuer le funeste traité du

^ 45 juillet 4840.

Dans cette situation on doit déplorer qu'un

h homme d'État, dont l'esprit actif et ingénieux sem*

ble si éminemment propre aux affaires, ait pu^ «ous l'influence de l'étude particulière qu'il faisait de l'Empire, tourner dernièrement ses regards et ses vœux vers le retour d'une gloire dont la génération qui s'éteint a heureusement épuisé la source, ei qui n'est pas comparable à celle que les travaux pacifiques , le nouveau sentiment d'honneur na^ tional et de moralité humaine font briller devant

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nous. Une oireonstance remarquable que vous avez développée avec beaucoup de clarté dans la dernière session , explique toutefois cet entratuement; c'est l'attitude des cabinets du Nord qui n'avaient accoté le principe du nouveau régime que parce qu'il offrait une solution aqx difficultés du mo^ ment^ et qui^ ose difficultés évanouies, retombafent dans leurs anciennes terreurs, que justifiait suffît samment^ du reste , l'état d'irritation et d'antfcbie des esprits en France.

a La France^ avei^vous dit^ est maintenue à l'état de suspicion. On ne veut pas lui feire la guerre; on veut ciMnbattre son influence sur toutes les questions^ l'annuler; car toutes les fois qu'elle éfax>ave un échec sur une question ^ c'est un moyeu de déconsid^tion au milieu des peuples, dont le principe libéral de ses révolutions lui avait con* quis les sympathies. »

Cette appréciation générale de l'état de l'Europe, je la crois juste ; et au fond^ elle a été faiblement contestée. Mais au lieu d'adopter la conclusion que vos amis ea ont tirée, au lieu de proclamer^ comme M.Duvergierde Hauranne^ que la politique franche nest fos celle qui attire au gouvernement les éloges de l'Europe, mais celle qui provoque son mécan^ tentement et son animadversion , il aurait mieux vain se demander si les méfiances de l'Europe n'étaient pas excitées par l'interminable prolongement de nos discussions politiques^ alors que le travail important de la constitution étant achevé^ elles ne

pouvaient plus avoir pour effet que d'exalter au* dedans et au-dehors des illusiona dangereuses. U aurait mieux valu se demander si la France ^ en dévouant enfin toute son énergie aux affaires nationales et internationales qui surgissaiout de toutes parts, n'avait pas un moyen sûr de détruire peu à peu ces méfiances en mdme temps qu'elle assurerait sa prospérité ; si ses affaires intérieures et extérieures enfin n'étaient pas ^de nature à lui ouvrir une nouvelle carrière de gloire^ plus brillante et plus honorable encore que celle des armes I

Si vous vous étiez adressé ces questions^ et sur* tout si vous aviez cru devoir les résoudre ccmrageusèment par l'affirmative^ alors ce sentiment d'honneur national, ce noble instinct qui est la source de votre gloire aussi bien que de vos défaites, eût réellement mérité les témoignages dont une partie de la presse vous environne^ et vous eussiez ouvert au pays une carrière nouvelle dans laquelle vous contribueriez à le diriger au mmaent où j'écris.

Ce que vous n'avez pas fait, Monsieur, permetteas* moi de le tenter 1 Et pardonne^^moi surtout d'attacher votre nom à cette discussion sur les affaires de la France. Ma seule excuse, c'est que vous êtes à mes yeux l'un des hommes les plus capables d'en partager la gestion, bien que dans la disposition d'esprit où vous êtes, vous soyez peut-être le plus âoigné d'en sentir l'importance.

Si l'on adressait aux publicistes qui cherdient à ranimer en France l'esprit guerrier cette question :

La gloire des armes est-elle la seule qui nous appartienue légitimement? Le génie de la France n'a*t-il brillé que sur les champs de bataille, et quand on a compté nos victoires , nos conquêtes, ne reste-t-il rien dans notre histoire qui soit digne d'attirer le respect du monde et de satisfaire Tor* gueil d'un grand peuple?

Us se récrieraient; ils répondraient avec une juste indignation que la paix n'a pas moins grandi le nom français que la guerre ; que nos conquêtes morales ne sont pas moins éclatantes et qu'elles ont été plus fécondes que celles du canon ; ils cite* raient avec orgueil nos arts^ nos monumens, nos découvertes , notre langue et notre philosophie universelles , la précision et Téquité de nos lois , la libéralité de nos institutions politiques et surtout ces mœurs douces, humaines que tant de peuples nous envient et qu'ils imitent avec orgueil^ comme le plus bel attribut de la civilisation.

La France possède donc en temps de paix des élémens de force ^ d'influence et d'action.

Quel usage en faitrelle ? Quel but poursuit-elle sur le globe, quand elle n'est pas en guerre? Quelle est, en un mot^ dansle travail commun des sociétés humaines^ la part légitime qui lui appartient f la destinée qui lui est propre ?

Je crois que ces questions ne sont pas suffisamment éclaircies, et que c'est principalement parce que la nation n'entrevoit pas dans l'avenir pacifique des peuples une carricjre digne de celle qu'ont

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naguère parcourue ses armées, qu'elle est si prompte , au moindre grief, à réveiller ses souve* nirs militaires , à porter la main , comme le dit M. Mauguin, à la garde de son épée.

Éclaircir les questions, faire comprendre à la France sa destinée, la lui foire aimer, multiplier et perfectionner les moyens qu^elle a de Taccomplif , c'est, dans nos relations extérieures, la première^ la plus importante de toutes les affaires que les hommes d'État aient désormais ù traiter.

La France ne saurait vivre sans influence, sans action au dehors, pas plus que FEurope sans stabilité. Les événemens ont prouvé que le repos et la prospérité du continent sont compromis dès que la nation française se croit exclue de la juste part qu'elle a droit d'exercer dans le gouvernement du monde. Et si les dispositions des cabinets étrangers à l'égard de nos institutions sont telles que vous les avez dépeintes , ils reconnaîtront nécessairement un jour que leur politique de malveillance et de provocation roule dans un cercle vicieux, puisque ITiostililé du peuple français, dès qu'elle est excitée , les entraîne dans des dépenses considérables, et que la réaction dont elle est bientôt snivie leur ôte Toccasion et le droit de les utiliser. L'Europe, ne fût-ce que par un esprit bien entendu d'économie, estdoncla première intéressée à ce que la destinée pacifique de la France soit grande, glorieuse , et qu' elle se sente la force et les moyens

matériels de Tatteindre.

Maïs quelle est cette destinée ? Quelle est aujour^ d'hui, dans le gouvernement des affaires de ce monde, la part légitime qui revient à la France? C'est ce que je vais examiner après avoir jeté un coup d'œil sur la destinée des autres peuples*

En dehors de la France, cinq nations ont, dans ce moment, un but d'activité bien distinct, dont elles ont conscience ; et il est visible que ce but unique vers lequel sont dirigées toutes les forces dont chacune d'elles dispose, est le plus favoîable à l'agrandissement de sa puissance.

Ces cinq nations sont: la Prusse, FAutriche^ l'Angleterre, la Russie et les États-Unis.

La Prusse tend à soumettre l'Allemagne du centre et du nord à l'unité de sa nouvelle monarchie.; Un de ses hommes d'État a dit avec quelque raison : « Sans avoir le génie du grand Frédéric, nous avons plus fait de conquêtes avec la plume qui signa Funion des douanes, qu'il n'en fit jamais avec son épée. j)

L'Autriche opère, dans le sud de FAlIemagne, au nord de la Grèce et de Fltalie, un travail analogue d'union et de centralisation, avec d'autant plus d'avantage qu'elle agit sur des peuples déjà politiquement incorporés dans son empire, et qu'elle possède dans le Danube une grande artère de communication qui enserre et domine le bassin méditerranéen.

Mais laissons de côté la Prusse et l'Autriche, dont le développement futur, quelque grand qu'il

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